La Gazette de la grande ile

EDITORIAL : Euphorie passagère de l’après Baccalauréat

Publié le 06 septembre 2017

À peine les résultats du baccalauréat publiés que les casse têtes des bacheliers ainsi que de leurs parents reprennent de plus belle. La belle au bois dormant de l’enseignement supérieur a récemment donné les chiffres et fait comprendre que la capacité d’accueil des universités publiques est limitée…la même ministre qui, juste avant les épreuves du baccalauréat, avait déjà déclaré qu’il y a beaucoup d’instituts et d’universités privées d’enseignement supérieur mais qu’il faut bien vérifier s’ils sont habilités par le ministère! L’euphorie n’aura été que de courte durée. Ceux qui auraient la possibilité de poursuivre leurs études à l’extérieur perdent une année car la rentrée dans l’hexagone commence maintenant et la réforme du calendrier du ministère de l’éducation nationale ne va pas arranger les choses. Ceux qui ont les moyens et le véritable niveau requis se présentent aux concours d’entrée dans les instituts privés ou universités privées. Le reste va se présenter aux examens d’entrée dans les universités publiques, le reste qui est majoritaire et avec ces chiffres sortis par le ministère on peut tranquillement supposer qu’il doit y avoir des passes droits et peut être même de la corruption pour pouvoir intégrer les universités publiques. La règle pourtant est l’accès de tous, à condition d’être titulaire du baccalauréat, à l’enseignement supérieur. Mais les infrastructures datent de Mathusalem et la capacité d’accueil est limitée, les enseignants restent encore à un nombre insuffisant, le ministère de l’enseignement supérieur laisse s’ouvrir d’innombrables instituts et universités privés qui fonctionnent soit grâce aux enseignants des universités publiques, soit avec des professionnels qui ont l’expérience mais qui n’ont pas le grade exigé dans le fonctionnement du système LMD. Les universités publiques deviennent de plus en plus des universités privées ou du moins fonctionnent comme telles. Des formations deviennent des boîtes à fric avec des frais de scolarité au minimum de 1.000.000 ariary exigés aux étudiants sans que par la suite il y ait des investissements dans la construction d’infrastructures. Des frais divers sont demandés aux étudiants car l’Etat donne au minimum et au compte goutte les subventions étatiques, mais grand seigneur continue de donner la bourse démocratique sans considération de critères sociaux ! Et l’inamovible ministre, probablement parce que vice président du HVM, continue de laisser faire… juste inquiète quand il y a des remous de grèves mais laisse chacun trier par lui même le bon grain de l’ivraie pour ce qui est de l’enseignement supérieur ! C’est un peu sa part d’ombre, c’est aussi la part d’ombre de l’euphorie de l’après baccalauréat !

La Rédaction

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