La Gazette de la grande ile

Ilakaka : Le far-west du sud !

Publié le 06 septembre 2017

Maintes et maintes fois, il a été dit et répété que Madagascar disposait de richesses naturelles exceptionnelles. Les régions sont d’ailleurs nombreuses où les espèces endémiques continuent d’attirer les touristes venus des quatre coins du globe. Malheureusement, dans un pays comme le nôtre la notion de richesse ne s’accorde pas systématiquement avec celle de sécurité. C’est notamment le cas à Ilakaka, dont les habitudes quotidiennes sont dignes des plus grands scénarios de western.

C’est à partir de 1998 qu’Ilakaka est devenue l’une des villes les plus populaires du pays. La raison est simple : le gisement de saphir. De nombreux experts du domaine tombent d’ailleurs d’accord sur le fait que c’est l’un des plus grands dans le monde. Mais derrière l’existence de cette richesse naturelle abondante, se cache une vie qui pourraient effrayer, voire même faire fuir ceux qui s’y attardent. La preuve la plus flagrante est sans doute la mesure prise par le gouvernement, décrétant un couvre-feu à 21 heures. Décision prise pour réduire l’insécurité dans la ville. L’insécurité dont il est question ici, n’est certainement pas comparable à celle qui existe dans la capitale, car dans cette ville de la région Ihorombe, les comptes se règlent à directement à l’aide d’arme à feu. Un ancien enseignant, voulant garder son anonymat a d’ailleurs indiqué que c’est l’une des raisons qui l’a poussé à demander une affectation. Selon ses dires, éduquer les jeunes n’est pas envisageable dans de telles conditions.

L’élément déclencheur de sa décision a été le fait que durant l’un de ses cours, alors qu’il a rappelé les élèves à respecter l’ordre et la discipline, l’un des élèves, s’est levé de sa chaise avec un air menaçant. Pire encore, ce dernier a sorti un pistolet automatique, en menaçant ouvertement l’instituteur, tout en lui indiquant qu’il n’avait d’ordre à recevoir de personne. La jeunesse malgache est certes très indiscipliné et manque cruellement de civisme, reconnaît-il mais ce cas dépasse toutes ses craintes. L’histoire de cet instituteur n’est hélas pas un cas isolé car à Ilakaka, la population sort ses armes pour tout et n’importe quoi. Si cette ville était censée être le nouvel El Dorado pour de nombreux citoyens malgaches, c’est plutôt un enfer qu’ils vivent dans le quotidien. C’est par exemple le cas de ceux qui travaillent dans les carrières dans des conditions qui ignorent toute forme de droits humains. Ilakaka est une ville où la population est livrée à elle-même face à l’impuissance des autorités, de la corruption, de la misère et de l’exploitation des citoyens malgaches par les étrangers.

Ilakaka est bel et bien une ville qui appartient au territoire malgache. Mais à en croire le style de vie, on est amené à se demander, que fait l’administration centrale pour remédier à ce problème ? On voit mal comment ces habitants peuvent être une priorité pour le pouvoir central qui est occupé à faire le beau devant les bailleurs de fonds. Une belle preuve d’incompétence à tous les niveaux.

Johan R.

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