La Gazette de la grande ile

LE POING : Les vacances, c’est fini !

Publié le 06 septembre 2017

C’est la fin. La fin des vacances. La fin de tout et de tout. C’est, en effet, la rentrée. Autrement dit, le retour de toutes les emmerdes, de toutes les tracasseries. Bref, c’est la rentrée. Mais quelle rentrée, SVP ? En tout cas, cette année, elle est pourrie. On demande aux sénateurs, aux députés, aux ministres de rester dans leurs circonscriptions respectives, car dans la capitale, c’est la morosité, l’ennuie la plus totale.

Force est de regretter que l’Etat ne fait rien pour donner un peu d’animation dans l’île. D’ailleurs, beaucoup s’interrogent si l’Etat existe encore. A ce sujet, Hery Rajaonarimanina et son « collaborateur », Olivier Mahafaly, sont toujours là. Physiquement, ils bougent toujours, mais politiquement, intellectuellement certainement plus. Rassurez-vous, ils ne sont sûrement pas atteints de surmenage, seulement d’une petite fatigue. Ce qui est grave et inquiétant pour ces gens, censés gérer le présent et préparer l’avenir de ce pays, déjà mal en point.

Dans tous les cas, Madagascar ne fait plus du surplace, il dégringole. La production agricole zéro, la croissance industrielle zéro. Seule la croissance démographique augmente car on ne sait faire que des… enfants. En l’espace que quarante ans, la population de l’île a fait, en effet, un bond de près de 80%, à cause des naissances non déclarées, non désirées à Ambovombe, Betroka, Ambatolampy, Maromandia, Andavamamba, Beraketa, Ihosy, Itaosy, etc.

Madagascar va mal. On se demande même si les Malgaches seront encore là, debout, droit dans leurs bottes, à la fin de ce siècle ? Outre la mauvaise gouvernance, la famine, l’insécurité grandissante et la sécheresse qui menacent gravement le pays, la Banque mondiale, la France, le FMI, Bruxelles… rient sous cape : l’île n’est pas leur priorité, sauf pour passer les vacances. Les Quat’Mis, les sans abris, les pickpockets, ils s’en foutent royalement.

Ces voitures avec plaque verte ne voient-elles pas ces familles démunies qui longent les rues de la capitale ? Evidemment, ce n’est pas l’affaire des diplomates de s’occuper de ces pauvres gens qui pullulent à Antananarivo. Mais ils devraient alerter les organismes onusiens, Paris ou Londres face à une telle pauvreté, à un tel désastre humanitaire. Non, ils pensent d’abord à leurs prochains séjours à Foulpointe, à Ampefy, à Nosy-Be, à Analalava, etc. Ce qui est leur droit le plus absolu. Bonnes vacances !

Franck Raharison

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