La Gazette de la grande ile

Malnutrition chronique

Publié le 24 octobre 2017

Un facteur d’appauvrissement

Le cycle infernal de la pauvreté persiste sur la moitié des générations actuelles et futures. La Grande Ile est classée 4ème sur le taux de malnutrition chronique à l’échelle mondiale. Elle se classe parmi les six pays dans le monde avec le taux de malnutrition chronique le plus élevé. 47,3% des enfants de moins de cinq ans à Madagascar souffrent d’un retard de croissance, dû à la malnutrition. Cette dernière figure pourtant parmi les premières causes de la mortalité des enfants. L’absence d’allaitement ou l’arrêt prématuré de l’allaitement maternel figure parmi les causes de cette malnutrition chronique. Cela provoque des retards de croissance qui peuvent être graves et irréversibles. Respectivement, les régions de Haute-Matsiatra, d’Itasy et de Vakinankaratra enregistrent un taux de 66% contre 42% pour l’Androy malgré l’abondance de produits nutritifs dans ces régions. Selon l’UNICEF, la malnutrition est la conséquence d’une alimentation insuffisante en qualité comme en quantité. La solution réside ainsi dans une éducation nutritionnelle en ce qui concerne les bonnes habitudes alimentaires à adopter. En effet, 50% des enfants malgaches ne peuvent pas développer pleinement leurs capacités cognitives et intellectuelles, à cause de la malnutrition chronique. Autrement dit, la moitié de la population n’affichera pas une bonne productivité à même de booster la croissance économique. Une fois à l’âge adulte, ces derniers n’auront pas assez d’énergie et d’intelligence pour produire comme il faut. Cette situation compromet gravement leur avenir et celui de notre pays. Le comble est que la malnutrition chronique perdure. Alors Madagascar pourrait être condamné à ne pas sortir de l’extrême pauvreté pour les prochaines décennies. Et ce danger est réel dans la mesure où l’exécutif se contente d’élaborer des politiques sectorielles agricoles (PSAEP) comme celle alignée à la politique africaine sur les secteurs concernés. Mais comme d’habitude, le gouvernement attend des aides extérieures pour les financer. Nonobstant, ces projets ne répondent pas toujours aux besoins réels de la population, puisqu’ils sont pour la majorité conçus avec les idées imposées par les bailleurs de fonds. Pourtant, ces derniers se soucient plus du taux de décaissement et des résultats par rapport à la durée de vie des projets. C’est la raison pour laquelle l’agriculture, l’un des secteurs les plus financés par les PTF ne se développe pas comme il le devrait. Bref, jusqu’à preuve du contraire, ces cadres d’action ne fonctionnent pas et la malnutrition chronique peine à être éradiquée.

 

Malalanirina

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