La Gazette de la grande ile

SENTINELLE – La désobéissance civile est en cours …

Publié le 24 octobre 2017

Peste, peste, peste…On en a marre car ce sujet est dans toutes les conversations actuelles. Il est vrai que la psychose sur cette maladie endémique s’est définitivement installée dans la tête de tous les Malgaches. Cette dernière issue de la pauvreté et de ses avatars, car effectivement quand on parle de pauvreté dans la Sentinelle, cela englobe les aspects financiers, moraux et spirituels qui constituent un fléau à l’instar des catastrophes naturelles. Pour appeler un chat, un chat, il nous faut qualifier ce nouveau fléau à sa juste valeur de frein à tout développement durable de Madagascar. L’inculture, l’irresponsabilité et le manque de civisme qui accompagnent ce dernier dans la vie sociétale malgache font que nos vies sont en danger imminente dans notre propre pays. Il est avéré que des mesures draconiennes doivent être prises pour éradiquer la peste, mais actuellement, on se heurte à une désobéissance civile par où sied l’obscurantisme la plus sordide qui soit.

Cette affirmation est illustrée par :

  • des cadavres pestiférés volés par leurs familles à la morgue pour être enterrés on ne sait où, échappant ainsi à tout contrôle,
  • des quartiers qui font blocs pour que les responsables sanitaires ne puissent pas faire leur travail d’assainissement dans leurs fiefs,
  • des institutions qui insistent à faire reprendre les études avant que la peste ne soit jugulée,
  • des porteurs de bactéries identifiés ou non qui ont disparu dans la nature…

Les administrés qui s’insurgent contre l’Etat actuellement n’ont plus foi ni aux lois qui les gouvernent, ni aux hommes chargés de les appliquer. Cette bravade n’est que le fruit d’un gouvernement non seulement faible, mais aussi affublée par une réactivité d’une lenteur affligeante. La demi-mesure appliquée par nos gouvernants dans ce combat vital contre la peste a laissé pantois les observateurs étrangers qui se sont intéressés de près ou de loin sur le devenir de Madagascar dans toutes les sphères d’activités. Effectivement, quand on évolue dans la pensée que « Ça n’arrive qu’aux autres » la nonchalance dans la prise de décision est compréhensible, mais elle démontre aussi que bon nombre de responsables étatiques ne sont pas à la bonne place et qu’ils doivent sauter de leur perchoir.

Actuellement, des polémiques surviennent de partout et créent visiblement des scissions tant au niveau de la population qu’au niveau des instances dirigeantes. Des inconscients de certaines institutions religieuses ne sont pas à même de quantifier leur responsabilité en cas de propagation à grande échelle de la peste. Alors, nous suggérons pour une plus grande efficacité des actions, d’instaurer l’ETAT D’URGENCE sur tout le territoire ? Ces implications résoudront toutes tergiversations et seraient d’une efficacité plus que probante en mettant deux fois moins de temps dans la résolution de ce problème sanitaire qui n’a que trop perduré. Au moins la coudée franche qu’on octroiera aux personnels responsables de la santé publique apportera un renouveau d’efficacité à cette lutte qu’on doit gagner pour survivre. La menace d’une désobéissance civile qui arrangera bien les opposants politiques du pouvoir en place, doit quand même être priorisée en ces temps de pauvreté ambiante. Tous les fléaux du monde se sont abattus depuis quelques temps sur les Malgaches. A croire que nous sommes une race maudite. Devrons-nous encore endurer une autre révolution qui ne nous mettra plus à genoux mais qui cette fois nous fera ramper par terre ? Un pays riche subissant une désobéissance civile s’appauvrit nécessairement, mais un pays pauvre qui fait le choix de choisir ce mode opératoire est carrément suicidaire.

Max Randriantefy

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