La Gazette de la grande ile

Aviation Civile de Madagascar

Publié le 27 octobre 2017

Des marchés fictifs par milliards ? James Andrianalisoa n’a pas la mémoire courte. Contrairement aux bleus du HVM qui sont loin d’imaginer les affres d’une chute brutale d’un régime et ses dommages collatéraux. Alors DG d’Air Madagascar, l’actuel DG de l’ACM était délogé par Marc Ravalomanana et son ministre des Transports, Olivier Rakotovazaha. Ce dernier a virtuellement rejoint le clan Rajaonarimampianina depuis que le poulain de Manandafy Rakotonirinanan s’est vu attribuer un siège au Sénat. Mais ce ralliement n’empêche pas M. Andrianalisoa de se souvenir du coup vache de l’ancien ministre des Transports et surtout du naufrage de 2002. Le DG de l’ACM est-il en train de préparer l’après-Rajaonarimampianina ?

 

Depuis 2013, La Gazette n’a eu de cesse de rapporter les actes à la fois coûteux et mensongers de M. Andrianalisoa aussi bien en tant que consultant chez Air Madagascar qu’en tant que DG de l’ACM, aucun démenti sinon une plainte pour diffamation classée sans suite sur des articles rapportant les avis de spécialistes de l’aviation civile sur la levée de la sanction européenne à l’annexe B. Dernièrement, le 13 octobre plus précisément, nous avons exposé dans nos colonnes des questionnements légitimes sur les comptes secrets des « expatriés » Henry Rabary-Njaka et de James Andrianalisoa. Samedi dernier, le 25 octobre, nous avons rapporté les irrégularités dans l’avis général de passation de marché publié par le DG de l’ACM, James Andrianalisoa.

 

Devant le silence radio habituel, ce sont des professionnels du secteur qui réagissent en soupçonnant des « marchés fictifs ». Le plus flagrant dont on nous a fait part est le lot 615410 « entretiens et réparations des équipements aéroportuaires de sûreté et de sécurité » pour un montant de 52 millions Ar. Depuis février 2017, tous les aéroports de Madagascar à l’exception d’Ivato et de Nosy be relève désormais de l’Adema et non plus de l’ACM. Comment cette dernière se permet-elle de lancer un appel d’offres sur un domaine pour lequel elle n’a plus aucune compétence?

 

En tout cas, nos sources font remarquer une autre anomalie dans ce domaine: l’ACM n’a accrédité qu’une seule société pour ces travaux à savoir Teknet dont l’un des mandataires sociaux et fondateur n’est autre qu’un directeur de l’ACM. Lors de sa descente à l’aéroport d’Ivato en septembre, le président Rajaonarimampianina avait donné des directives pour le déplacement du scanner de la douane conformément aux demandes des compagnies aériennes. Seule habilitée à le faire, Teknet aurait voulu faire payer à la douane 80000 euros soit dix fois plus. Résultat: la directive présidentielle n’a pu être réalisée. Mais Teknet pourrait toujours sortir gagnante si elle raflait les deux appels d’offres pour la fourniture des matériels et réseaux informatiques pour un montant total de 426 millions Ar.

 

L’autre lot qui font jaser les professionnels est le compte 635100 « service de transport aérien » pour un montant de 550 millions Ar. Cela fait environ 140 aller/retour Antananarivo-Paris. Sachant que l’avis général de passation de marché est pour l’année 2017, il faut croire que tout le personnel de l’ACM va partir en France d’ici la fin de l’année, histoire de fuir la peste.

 

Epidémie ou pas, James Andrianalisoa et son équipe seront pourtant là le 07 décembre prochain pour consommer 100 petits millions Ar dans le cadre de la célébration de la journée internationale de l’Aviation civile. C’est, en effet, le budget prévu pour cet évenement. En attendant de voir la célébration, on rappelle les précédentes éditions avec une conférence et un petit cocktail agrémenté de « maskita » et de petits fours sponsorisés par Sofitrans. En tout cas, ces 100 millions serait une insulte à nos compatriotes qui meurent de faim.

 

En fait, c’est l’ensemble de l’avis général de passation de marché qui n’est pas cohérent. C’est le cas notamment sur les locaux de l’ACM. D’une part, on propose environ 87 millions Ar pour l’extension des bureaux de l’ACM à Tsimbazaza alors que d’aucuns n’ignorent l’exiguïté du site où plus un mètre carré n’est plus disponible. D’autre part, on projette d’étendre les bureaux et annexes de l’ACM à Ivato pour des montants conséquents de plus d’un milliard Ar alors qu’en même temps on engage 100 millions Ar pour des études techniques et architecturales pour la construction d’un nouveau siége de l’ACM. Pourquoi tous ces travaux d’extension si un nouveau siège est prévu d’être érigé? Et même si un nouveau siège n’est pas prévu, les attributions de l’ACM qui ne s’occupent plus des aéroports lesquels constituaient un gros morceau qu’elle n’arrivait pas à gérer au mieux pour ne parler que de Maroantsetra, nécessitent-elles autant de bureaux?
C’est à la Cour des comptes et/ou de l’Inspection générale de l’Etat de répondre à toutes ces questions si ces institutions daignent mener des investigations contrairement au Bianco et au Samifin où des plaintes en bonne et due forme sont restées vaines. A un an de l’élection présidentielle, James Andrianalisoa se souvient toujours de 2002.

 

Sa

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