La Gazette de la grande ile

Chronique

Publié le 27 octobre 2017

Qui a voulu humilier le Pr Albert Zafy ?

 

Les affaires de manipulations et fraudes en matière de propriété foncière ont toujours fait le bonheur et la richesse illicite de certains décideurs étatiques (conseillers à la présidence, ministres parlementaires et autres hautes personnalités). Les greffes des tribunaux craquent sous les poids des dossiers en instance, jamais résolus ou laissés purement en souffrance sous les coudes de quelques magistrats intéressés au propre comme sur le plan pécuniaire de soutien à l’usage systématique de faux pour étayer des preuves montés de toutes pièces. Juste après cet honorable et digne enterrement de l’homme d’Etat en qui les grands de ce monde avaient témoigné une juste admiration et pour qui tout un peuple reconnaissant avait exprimé un hommage à la hauteur de sa valeur patriotique, des rumeurs persistantes faisaient état de démarche procédurière pas très convenable à l’endroit du Professeur. On raconte un peu partout que la visite d’un auxiliaire de la justice concernant la propriété Villa Elisabeth serait une des raisons qui avait précipité la rapidité de l’aggravation de l’état de santé de ce cardiologue à qui on avait attribué la dite domaine à cause des services rendus à la nation. Qu’un huissier vienne prendre contact avec un justiciable quel que soit son rang est tout ce qu’il a de plus normal s’il agit conformément avec la loi.

 

Voici maintenant presque une semaine que le pays tout entier a tenu à réserver l’honneur dû à l’ancien chef d’Etat qui a beaucoup fait pour Madagascar et les réelles aspirations du peuple avec un sens peu commun de patriotisme. Hélas ces jours sombres du deuil, que les fastes des derniers hommages des habitants étaient sur le point de ne plus être que des mauvais souvenirs pour tous, sont aujourd’hui ternies par des révélations sur des initiatives malveillantes de quelques magouilleurs qui n’ont pas hésité à chercher à s’emparer par une combine affairiste de la propriété affectée officiellement par la République au couple Albert Zafy en vertu de son statut d’ancien Chef d’Etat. Jusqu’à ce jour, aucune confirmation sur ces faits scandaleux n’a été donnée par la famille du prestigieux disparu, mais un détour dans les parages du lieu permet de subodorer qu’il a anguille sous la roche. Dans toutes les langues du monde une situation aussi suspecte n’aurait pas eu une autre signification moins suspecte. Un Néerlandais aurait carrément dit pour le cas concerné : « il y a une vipère sous l’herbe » et un Anglais va « sentir un rat » là où l’Italien verra que « la chatte couve quelque chose ». Bref, les observateurs trouvent qu’il y a une embrouille dans les transactions sur cet immense terrain que n’importe quel investisseur magouilleur aurait bien aimé mettre ses sales pattes de corrupteurs.

 

A propos de cette machination sur un dossier de vente d’une propriété de l’Etat à des particuliers qui daterait initialement du temps où un certain Reboza ministre chargé aurait commencé le tour de passe-passe administratif (le conditionnel est de rigueur même si…). A l’heure actuelle l’acte de vente serait devenu effectif au point de permettre à l’exploit d’un huissier de troubler la tranquillité d’un vieux monsieur dont les « œuvres, son sens du patriotisme, vont rester à jamais gravés dans le cœur de chaque Malgache», selon un admirateur de la haute société. Le mal est fait. De l’avis d’un profane, sûrement miné par les frustrations qui avaient eu pour origine cette intrusion inconcevable dans sa vie privée, l’état de santé de l’Homme au chapeau de paille a pris une dégradation qui a fini par l’achever. Tout le reste relève des diagnostics de spécialistes et des mesures prises dans le cadre d’une manipulation médiatique des dernières heures d’un patriote célèbre qu’on avait plongé dans un coma artificiel à un stade où un choix pareil ne devrait pas être envisagé. Revenons à nos moutons galeux qui auraient tout fabriqué pièce par pièce pour que ce terrain portant une royale et souveraine appellation très contemporaine de Villa Elisabeth. A noter que le périmètre était très envié depuis longtemps par tous les facilitateurs affairistes de tous les régimes depuis l’ère Ravalomanana jusqu’à ce jour. Il a fallu que ce pays sous les fourches caudines d’un pouvoir dans les coulisses duquel sont en embuscade des profiteurs hauts placés qui ne cherchent que des occasions en argent et en or ou encore des valeureux biens immobilières pour encaisser des centaines de millions d’Ariary au minimum et des dizaines de milliards sur chaque opération finalisée sur place ou en territoire étranger mais à tous les coups versés dans des comptes discrets de quelques banques off-shore ou dans des paradis fiscaux. Pour ce qui concerne cette transaction concernant la Villa Elisabeth, des sources sérieuses mais du tout suicidaires refusent de donner des noms et d’autres précisions. Elles se contentent tout simplement d’exprimer leur colère scandalisée à l’endroit d’un duo ou d’un trio qui se trouvent dans le premier cercle du pouvoir. Ces personnalités concernées par les étapes de la vente du terrain et celles qui en sont devenues copropriétaires ou disons voisins et voisines occuperaient des rangs tellement en hauteur qu’on ne peut guère les soupçonner d’une pareille avanie.

 

Qu’ils soient conseiller spécial ou même proche parent du président, personne n’ose encore les dénoncer. Mais, viendra un jour, où derrière un mot de trop un corbeau finira par lâcher le morceau, parce que tôt ou tard les dossiers accablants finiront par atterrir dans les rédactions. Ce jour-là approche à grands pas. Alors les auteurs de cette roublardise indigne de celui qui a toujours lutté contre cette forme de pillage des biens publics assortis d’un favoritisme et d’une prise de possession abusive d’un élément du patrimoine national, non seulement vont regretter amèrement d’avoir fait subir une humiliation pareille au « premier président de la IIIème République », mais surtout d’être nés !

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