La Gazette de la grande ile

Epidémie de peste, démission de l’Etat

Publié le 27 octobre 2017

Lors des premiers décès causés par la peste à Toamasina, le pouvoir étatique a regardé de loin le problème. Il s’est défoulé sur des bloggeurs qui avaient annoncé des chiffres alarmants. Le régime a commencé à s’affoler lorsque l’épidémie s’est propagée à vive allure dans la capitale. Pour éviter la panique, il s’est empressé de clamer que l’épidémie était maîtrisée, sans pour autant prendre des mesures drastiques. Avec la recrudescence des morts, le régime a ordonné la fermeture des écoles et organisé quelques timides campagnes d’information. Depuis, il s’en remet aux bailleurs qui gèrent la situation avec les médecins malgaches débordés.

 

 

Dans les chancelleries étrangères, les diplomates rient ouvertement de l’amateurisme folklorique des autorités malgaches. Trop contents d’être déchargés d’un fardeau qui les met face à leur incompétence, nos dirigeants préfèrent préparer l’opinion publique aux prochaines échéances électorales. Cette attitude, à la fois lâche et irresponsable, relève du déni de réalité et traduit une démission gravissime de l’Etat. A l’évidence, les échéances électorales sont prioritaires par rapport à la lutte contre la peste. Un régime qui baisse les bras devant une épidémie ne mérite pas d’être reconduit pour un mandat supplémentaire et surtout pas de retoucher la Constitution.

 

Le régime, qui n’est pas à la hauteur de ses fonctions régaliennes, n’est pas non plus capable d’appliquer l’article 19 de la Loi Fondamentale qui dispose que « l’Etat reconnaît et organise pour tout individu le droit à la protection de la santé dès sa conception par l’organisation des soins publics gratuits, dont la gratuité résulte de la capacité de la solidarité nationale. » La gestion catastrophique de la lutte contre la peste démontre que le Malgache a surtout le droit de mourir sans soins et d’être enterré sans dignité.

 

 

Folojaona

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