La Gazette de la grande ile

Transport en commun

Publié le 27 octobre 2017

Quels gros bonnets protègent les taxibes !

Cela doit faire plusieurs années que les plaintes et les doléances n’ont eu de cesse de se faire entendre en ce qui concerne les transports en commun. Cet article traitera essentiellement du cas des taxibes d’Antananarivo ville et de ses périphéries. Nombreux usagers de la route, et parfois même des passagers n’ont de cesse de pointer du doigt le comportement irrespectueux et l’incivisme des chauffeurs de ces « épaves ambulantes ». Malgré toutes les doléances reçues, aucun régime n’a pourtant réussi à remettre de l’ordre dans ce secteur. Depuis le temps, on regrette bien l’organisation quelque peu efficace du temps des gros bus. L’on vient donc à se demander, quels intérêts sont préservés par la continuité de la circulation de ces véhicules ? En tout cas, certainement pas ceux de la population.

 

Les taxibes sèment l’anarchie, aussi bien au niveau des arrêts que sur tous les itinéraires qu’ils desservent. Au grand-âme des autres usagers de la route qui essaient tant bien que mal d’appliquer le peu qu’on leur a enseigné sur le Code de la Route. Plutôt que de mettre en place des mesures drastiques pour aboutir à une circulation mieux structurée, l’administration semble ignorer complètement la situation. Un fléau qui pour une fois, ne sera pas imputable qu’au seul régime actuel, mais à tous ceux qui se sont succédés jusqu’ici. Certes, si la circulation ressemble actuellement à une jungle, ce sont tous les usagers de la route qui ont leur part de responsabilité. Seulement, ce que l’on constate sur le terrain, c’est que, la plupart des embouteillages voient leurs origines au niveau des arrêts ou des terminus des taxibes. Bien que les agents en charge de la circulation soient tout à fait conscients de ce problème, ils font pourtant preuve d’un laxisme à peine masqué. On pourrait même dire que ces dernières cautionnent cette façon de faire. Mais si le problème des embouteillages semble trouver sa source au niveau des arrêts et des terminus, le fond du problème est pourtant tout à fait ailleurs.

 

Nul n’est sans savoir que l’activité de transport en commun requiert une autorisation préalable des autorités concernées. Malgré la saturation de la ville, de nouveaux véhicules semblent pourtant encore autorisés à circuler, et à exercer l’activité. Est-il nécessaire de rappeler que l’obtention de la licence ne signifie pas l’autorisation de faire comme ils veulent, de s’arrêter où ils veulent, et de transgresser selon leur bon vouloir le Code de la Route. Pourtant, en restructurant, ne serait-ce qu’avec un minimum de volonté, l’organisation du transport urbain, on devrait pouvoir arriver à une meilleure circulation. L’idée serait par exemple, que les taxibes respectent des horaires bien précis, se limitent à des itinéraires bien déterminés et surtout ne marquent d’arrêt qu’aux endroits prévus à cet effet. Quelles pourraient les conséquences si les transports suburbains s’arrêtaient aux portes de la ville ? Nous sommes prêts à parier que les embouteillages seront résorbés d’une manière significative.

 

A force de faire plier l’intérêt général au profit de l’intérêt commun, la ville d’Antananarivo s’asphyxie de plus en plus, pour mourir à petit feu. Certes, l’heure est actuellement à la lutte contre la peste, mais c’est sans doute le moment idéal pour assainir la ville de fond en comble.

 

Et pourquoi pas, le pays tout entier.

 

Johan R.

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