La Gazette de la grande ile

Banque Centrale de Madagascar: Cacher la planche à billets ?

Publié le 04 novembre 2017

Surprise lors de la conférence de presse programmée hier par la Banque Centrale de Madagascar (BCM) à l’hôtel Le Louvre à Antaninarenina. A l’entrée en effet, le responsable de la BCM, une liste à la main,  triait les journalistes. Les titres « amis » étaient admis dans la salle, tandis que les mal pensants étaient refoulés. Il était mal venu de se rebeller car le responsable en question était flanqué de gardes armés à la mine peu amène. Force fut donc aux «brebis galeuses » de se plier au protocole et de se retirer du site.

C’est bien la première fois en tout cas que la BCM manifeste une attitude aussi sectaire, l’établissement ayant toujours été dirigé par des gouverneurs aux mœurs courtois et raffinés. Proche compagnon de Hery Rajaonarimampianina, l’actuel titulaire du poste, Alain Rasolofondraibe, déroge donc à une règle solidement établie. Ce comportement ségrégationniste a en tout cas mis la puce à l’oreille. La BCM avait apparemment quelque chose à cacher, au point d’éconduire les journalistes qui pouvaient poser des questions gênantes. Dans l’actuel contexte marqué par une vive hausse des prix et par la chute de la parité de l’ariary, des points méritaient d’être éclaircis par la BCM dont la mission première est de stabiliser les prix.

On aurait en effet souhaité obtenir la version de la BCM sur l’inflation galopante actuelle qui provoque moult récriminations chez la population. D’autant qu’avec la dépréciation de l’ariary et l’augmentation du tarif du carburant, le phénomène est appelé à s’amplifier. Quid aussi des rumeurs insistantes sur l’utilisation de la planche à billets qui générerait cette hausse des prix ? Car l’Etat étant presque en situation de cessation de paiement, dit-on, il userait de ce subterfuge pour financer ses besoins. Le flux intarissable de billets gonflerait donc indûment la masse monétaire et provoquerait cette inflation. Quid également de la sortie des nouveaux billets, notamment celui de 20 000 ariary, qui serait à l’origine du phénomène. Notons que l’opération ne s’imposait pas, mais Hery Rajaonarimampianina et Alain Rasolofondraibe aux egos surdimensionnés voulaient dit-on marquer durablement de leurs empreintes et de leurs signatures la vie nationale. En tout cas, alors que l’Europe a retiré de la circulation le gros billet de 500 euros et les Etats-Unis ceux supérieurs à 100 dollars, notre BCM prend la tendance à contre-pied et imprime une grosse coupure qui perturbe les échanges au quotidien. Le billet en effet est refusé par les commerçants, les hôtels et les restaurants et provoque des altercations dans les minibus. Quid enfin de la planche à billets qui ne dit pas son nom que constitue la mise en circulation simultanée de deux types de billets, les anciens et les nouveaux. L’usage veut  que la mise en service des nouveaux conduit à un retrait progressif des anciens. Rien de tel chez nous car on imprime à tout va les nouveaux, alors que cela n’est assorti d’aucune annonce sur l’abandon des anciens et sur une date limite de fin de validité.  Par ailleurs, l’esprit Hvm étant ce qu’il est, les gros bonnets de la BCM et du Trésor Public pourraient ne pas détruire les billets usagés, contrairement aux directives. Ils empochent ces déchets et les remettent en circulation… Tout ceci concourt au gonflement de la masse monétaire et à l’explosion actuelle des prix.

Attirons l’attention sur ces réseaux qui verrouillent les hautes sphères et qui n’apportent rien de bon à l’économie nationale. D’abord les camarades de promotion de Hery Rajaonarimampianina à la Faculté d’Economie d’Ankatso que sont Rivo Rakotovao (président du Sénat), Lanto Rasoloelison (ministre de l’Energie) et Alain Rasolofondraibe (gouverneur BCM). Ensuite ceux qui dirigent Silac, l’entreprise qui importe du riz, comme Rivo Rakotovao et Alain Rasolofondraibe. Il y a probablement là des camaraderies  coupables pointées du doigt lors de la vente de la Villa Elisabeth. Il y a là surtout une main mise sur les importations nationales de riz (et de Ppn en général) qui remonte à la transition et à l’opération Vary Mora… Certain ex-ministre de l’Agriculture manifeste peu d’empressement dans la promotion de la riziculture, peut-être pour favoriser et gonfler les importations de riz de Silac. L’esprit Hvm souffle aussi dans les rizières…

Adelson RAZAFY

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