La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE: Quand est-ce que les purges anti-corruption ?

Publié le 07 novembre 2017

Que l’on parle de l’affaire Villa Elizabeth, du triomphe de Rivo Rakotovao,  ou de ces  tueries incessantes perpétrées par de véritables  bandes  armées, tous les débats conduisent vers  le président Hery Rajaonarimampianina.  Ce n’est pas l’insulter que de le mettre au cœur des préoccupations de tout un peuple qui s’imagine être gouverné par lui et son équipe. Les  véritables soucis des habitants  se résument à ces  quelques mots  trop souvent évoqués, mais rarement suivis d’effets : les intérêts supérieurs de la  nation et la lutte  contre la corruption. Il y a de quoi s’indigner  quand on sait  par le  biais des  médias  étrangers que  «C’est une purge, apparemment sans précédent, qui est en train de s’opérer en Arabie saoudite. Onze princes, quatre ministres en exercice et des dizaines d’anciens membres du gouvernement ont été arrêtés samedi 4 novembre 2017 en soirée, selon les médias d’Etat. » Dire  que sous le ciel bleu de notre pays la grande majorité des Malgaches ne mangent pas toujours à leur  faim, alors que le pétrole dans les pompes des  stations  d’essence  coule à flot et les  forages produisent déjà de l’or noir qu’on écoule au…noir, sans que les  citoyens en  tirent réellement profit. C’est un cercle  des  rares  élus du régime qui goûtent en dessous de table, les fruits de ces  exploitations de pétrole, de gaz, d’or et des  tas de ressources  de très  grande valeur. Mais là-bas, « Il semble que le prince héritier, Mohammed ben Salman, nouvel homme fort d’Arabie saoudite, veuille faire le ménage autour de lui.» Seuls  les ripoux du système qui se remplissent les  comptes off-shore ne  rêvent de  voir un tel courage politique qui émanerait de notre Hery national ou après lui son successeur si les  choses  tournent mal lors des  prochaines élections ?

Dans  ce royaume d’Arabie Saoudite, « depuis juin 2017, c’est Mohammed ben Salman qui a été choisi pour succéder, un jour, à son père âgé de 81 ans, le roi Salman. Celui que l’on surnomme « MBS », 32 ans seulement, est à l’origine de nombreux changements dans le royaume. Il veut imposer sa vision des choses, quitte à se débarrasser de toute voix dissidente. Il a pour projet de s’entourer « d’une nouvelle technocratie » et d’une nouvelle génération de princes qui lui sont «complètement dévoués (…) Histoire d’enfoncer le clou, les autorités ont annoncé ce dimanche que les comptes bancaires des personnes arrêtées vont être gelés. »  Imaginez un peu la liesse populaire  que provoqueraient des mesures  drastiques de ce calibre ici chez nous. Il n’est pas  très convenable de  se réjouir des malheurs des  autres. Et puis,  ce  n’est pas un goût inné pour la provocation  que de  souhaiter à nos  dirigeants  d’avoir le courage politique de passer à l’acte pour  débarrasser les coulisses  de l’Etat de la présence de  ces loups entrés  dans la bergerie pour piller et  profiter des  deniers de la République. Parce  que  c’est à cause  d’eux que ce pays n’arrive à décoller pour  s’extirper de cette paupérisation généralisée causée par l’indifférence et la cupidité institutionnalisée de  quelques courtisans du pouvoir. Mais les  rares décideurs  qui ont  encore les mains propres,  que peuvent-ils  faire face à ces puissants multimilliardaires sûr de leur influence perverse pour être suffisamment à l’abri des poursuites  judiciaires ?

Le commun des  mortels comme Nancy Razanatseheno se posent la question de savoir « peut-on parler  de liberté quand le  peuple se vautre malgré lui dans la servitude de la quête quotidienne de survie et quand la presse se bat pour la liberté d’expression… ». C’est justement parce qu’ « aujourd’hui ils ont  conscience de la signification  des  erreurs de  navigation et les  coûts des  fausses manœuvres du  Capitaine pour le pays » auxquelles viennent s’ajouter le poids des conséquences  des  combines  sordides des responsables  étatiques. Peut-on faire  semblant d’ignorer la détresse que  vivent journellement des  citoyens  réduits à se restaurer à ciel ouvert dans les bennes des poubelles et les  décharges publiques où leurs  semblables  jetent les ordures ? Exagération de polémiste engagé ou déformation dirigée des constats quotidiens ? Ni l’un, ni l’autre  puisque on  évoque là  des  faits  réels  ressassés à longueur d’année par des analystes sérieux des  agences de notoriété mondiale. Pendant ce temps, lors des festivités ostentatoires de  prestige, on trouve encore les moyens de  « mettre les  dépenses à la charge de l’Etat pour  étendre les ramifications du  HVM et faire reluire  l’image de Hery Rajaonarimampianina. » Sur le plan purement politique, mathématiquement si on se  base  sur les  chiffres des fiefs supposés (?) du parti présidentiel, les partisans de la formation dirigée par l’actuel président du  Sénat croiront pouvoir dominer la prochaine élection présidentielle, avec les moyens  financiers  et les appuis  tacites  des administrations dont  elle dispose. Les détracteurs de cette équipe malmenée par l’opinion publique  indignée par la mauvaise gouvernance ambiante  trouvent cependant, pour que le président sortant gagne le  pari et la victoire, il faudrait un vrai miracle  de la manipulation informatique des  résultats  des  votes. Les habitants en ont marre de ces « personnes   qui sont incapables d’avoir leur opinion qui n’est pas  celle du président de  la République, incapables d’affirmer leur personnalité en s’insurgeant contre la manipulation de l’exécutif ou  du  HVM sur le Sénat » et que  Nancy T. traite de  « moutons  de Panurge».  Surtout qu’avec la batterie de casseroles amassées, la « preuve de la défaillance de l’Etat à propos de la recrudescence des  vols de bovidés », Adelson Razafy n’a pas  tort de déplorer que  «Face à un chef d’Etat qui se fait  berner un peu trop souvent,  au pays  comme à l’étranger, il y a de  quoi…péter les plombs ». Si ce  n’est  déjà fait… Vivement  que l’exemple de l’Arabie Saoudite inspire le locataire  d’Iavoloha. Ce sera un réel  bonheur de voir un spectacle comme ces forces de sécurité arabes qui  ont apparemment tout verrouillé : « Les avions privés sont restés cloués au sol à Jeddah, pour empêcher toute fuite à l’étranger. » N’est-ce pas mon frère ? Il est permis  de rêver. Non ?

 

 

 

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