La Gazette de la grande ile

Beaucoup de personnes hautement diplômées: Mais elles ignorent totalement l’importance de l’enseignement

Publié le 21 novembre 2017

Entre un président expert comptable qui a des diplômes durement acquis dans des universités à l’étranger et de renommée internationale, une ministre de l’enseignement supérieur titulaire d’un diplôme d’Habilitation à Diriger des Recherches,  issue  des universités publiques malgaches avec le plus haut titre que puisse avoir un enseignant dans le supérieur à savoir être un Professeur titulaire, un ministre de l’éducation nationale diplômé de l’INSCAE et titulaire d’un DEA en Sociologie ; avec de tels personnages,  l’enseignement devrait logiquement être un des points forts de ce régime…Il n’en est strictement rien!

Ces trois personnes hautement diplômées n’ont en fait qu’une piètre opinion de l’enseignement et leurs attitudes ces derniers temps en sont la preuve vivante.

Le sociologue, du haut de son diplôme de DEA en sociologie, s’y connaissant fortement en société, a choisi de réformer l’éducation nationale malgache en prenant bien soin de mettre ses enfants à l’abri dans le système français. En bon sociologue, il a protégé les élèves malgaches lors de l’épidémie de peste pour par la suite décider la reprise on ne sait au juste pourquoi, ni comment. Hautement qualifié en sociologie, il prend sa moto et communique les moindres de ses déplacements tout en se gardant bien de montrer les salles de classe qui ne sont pas des salles de classe, les élèves qui travaillent par terre à même le sol, les enseignants qui ne savent pas faire les soustractions à deux chiffres, les écoles dans les zones oubliées où sa moto aura du mal à passer. Les grandes connaissances qu’il a pu acquérir ne lui ont pas permis de savoir que les gens croiront en la justesse de sa réforme si ses enfants étaient les premiers à l’expérimenter, que les enseignants sont des personnes qualifiées – un peu comme lui- et non des personnes qui le deviennent faute de mieux et dont l’intégration dans le corps des fonctionnaires de l’éducation nationale est célébrée  avec faste au Palais des sports. Aussi diplômé de l’enseignement supérieur qu’il soit, il n’agit pas fondamentalement pour la formation d’une nouvelle génération qui vivrait effectivement l’accès à l’enseignement et la transmission des compétences utiles.

La ministre de l’enseignement supérieur, professeur titulaire de son état, qui a plus que le doctorat, a choisi de poursuivre dans la bourse démocratique et mis du temps à découvrir que l’histoire d’universités de proximité n’est pas réaliste dans le corps enseignant en nombre suffisant. Elle a fermé les universités publiques pour cause de peste, ne sait pas s’il y a ou plus peste et va les ouvrir de nouveau. On ne sait au juste pas qu’est-ce qui a été fait pour être sûr que la peste ne fera pas de victimes dans l’enseignement supérieur. Professeur titulaire de son état, elle est ravie de ses déplacements à l’extérieur sans pouvoir faire briller son département à l’extérieur. Les enseignants qui organisent des colloques et autres rencontres scientifiques internationales comptent beaucoup plus sur les partenaires et autres collaborateurs étrangers que sur le ministère de l’enseignement supérieur malgache. N’empêche, elle ne rate pas l’occasion d’être présente particulièrement lorsque le président de la République est là, ce fut le cas flagrant du colloque international organisé par le centre sur l’identité culturelle de la faculté des lettres de l’université d’Antananarivo, au cours duquel la coordinatrice du colloque a chaleureusement remercié le président de la République et l’ambassadeur de l’Union Européenne ainsi que l’OIF. La même ministre de l’enseignement supérieur, inamovible du reste depuis l’ère Rajaonarimam-

pianina, ne prend pas les mesures quant à l’harmonisation exigée depuis longtemps par le ministère de la fonction publique qui croule sous les demandes d’équivalences que la ministre connaît bien. Que dit-on de l’enseignement supérieur malgache aujourd’hui? Des universités privées et instituts privés qui pullulent grâce à l’autorisation du ministère, des universités publiques fermées pour cause de peste pendant plus d’un mois sans mesure concrète et drastique pour enlever toute suspicion que les universités puissent être foyer de peste, des enseignants chercheurs qui ouvrent leurs propres universités et qui attendent telle la venue du Christ leurs heures complémentaires chaque fois, des étudiants que l’on paie pour faire des études grâce à la bourse démocratique, des infrastructures qui datent soit de la fondation Charles de Gaulle, soit de la deuxième république et à la tête de cela une dame qui, quand elle prend la parole, oublie souvent qu’elle s’adresse à des sommités!

Et enfin un expert comptable hautement diplômé qui veut faire du chiffre, tel que remplir le Coliseum, sans savoir que la réussite du système éducatif exige des enseignants bien formés et compétents, aptes à transmettre les connaissances, des infrastructures dignes de ce nom pour que les élèves aient le sentiment d’être à l’école, dans un environnement propice à l’apprentissage, une éducation fondamentale de base gratuite et obligatoire telle que prévue dans des textes ratifiés par Madagascar…et non pas utiliser les élèves à des fins de pré-propagande électorale, distribuer des kits scolaires après  la rentrée qui permettra aux élèves de tenir au maximum trois mois et avec des enseignants qui ne sont pas toujours à la hauteur. Un président hautement diplômé qui ignore que les enfants ne doivent pas être « utilisés » pour parfaire sa volonté de vouloir faire croire qu’il est   » adulé » en remplissant un Coliseum, un président qui ignore que c’est fouler au pied les droits de l’enfant que de les priver de manger proprement -leurs fourchettes ayant été confisquées à l’entrée du Coliseum, leurs mains n’étant pas forcément propres après avoir touché les gradins du Coliseum ou pris les kits entassés à même le sol. Un président hautement diplômé qui ignore que quand il s’adresse aux parents et aux élèves, ces derniers ne souhaitent pas l’entendre parler de ce que ses adversaires politiques ne font pas, les parents et les élèves souhaitent l’entendre dire ce qu’il fera pour que tous ces élèves qui ont rempli bien malgré eux le Coliseum, puissent aussi espérer devenir un expert comptable et pouvoir faire leurs études supérieures à Ankatso et au Canada.

Ces trois larrons en foire, avec chacun leurs diplômes ronflants, ignorent  l’importance de l’enseignement ou plutôt s’assoient sur l’enseignement.

D.R.

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