La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE : Droit d’ingérence légitime et mauvaise gouvernance

Publié le 21 novembre 2017

Toujours  égal à lui-même, l’inimitable Franck Raharison, une fois  de plus a trempé sa plume  dans  du vitriol pour poser la question de savoir « Mais pourquoi vit-on dans la précarité ? La hausse du prix du riz est passé, du jour au lendemain, sans  crier gare,  de 6.500 à 13.000 fmg le kilo. Et personne ne conteste. C’était au début du mois d’août. La viande et la Jirama ont  suivi le mouvement. Et là  encore personne ne  bouge. Les  consommateurs sont,  en effet fatigués, résignés. L’Etat  en profite. D’ailleurs,  Iavoloha et Ambohitsorohitra estime à juste  titre, qu’aucun « rotaka » ne  se  produira jusqu’à la présidentielle de 2018.  Hery Rajaonarimampianina sera  alors  réélu avec 78% des voix(…). Madagascar  a certes  l’habitude de voguer  au gré du vent,  de naviguer au creux  de la vague, mais cette fois-ci, la conjoncture  économique ne milite pas en sa faveur. Tous les  voyants sont  au rouge. Il  n’y  a que les  daltoniens qui n’aperçoivent pas le danger. Mais  quand on a un  chef d’Etat qui rechigne à communiquer, le pire est à  encore venir. » Dans les  cercles de braillards des acteurs politiques de la capitale on se complait  toujours et encore dans  d’intenses masturbations intellectuelles de plus en plus  dégoûtantes bornées.

Ailleurs pourtant  sous  d’autres cieux, à l’image de la statuette le Manneken Pis  mondialement  célèbre de ce petit garçon qui pisse en public, les partenaires  techniques  financiers  se préoccupent  à juste titre des problèmes existentiels des habitants de Madagascar. Dans une PROPOSITION DE RESOLUTION COMMUNE datée  du 15 novembre 2017, le Parlement européen  s’est mis au devoir de crever sans  complaisance les abcès qui gangrènent les  fonctionnements étatiques de notre pays. Le dit document aligne l’un après l’autre les résultats des  rapports et les  observations d’experts crédibles. Il déplore qu’ « après cinq années de troubles politiques au cours desquelles les bailleurs de fonds avaient interrompu les programmes d’aide au développement, Madagascar a organisé des élections législatives crédibles et démocratiques en octobre 2013 et des élections présidentielles en décembre 2013, lesquelles ont débouché sur l’élection du président Hery Rajaonarimampianina; que la situation politique est restée explosive malgré la levée de toutes les restrictions à la coopération avec les nouvelles autorités grâce à la reprise des relations avec les pays donateurs;… » Les observateurs  confirment  ainsi des  faits  réels  et avérés quant aux  risques de la  criminalisation des infractions de presse en précisant clairement  que « la situation s’est calmée, mais ne semble pas évoluer dans le bon sens;… » A propos  des prochaines élections, le Parlement  européen constate qu’« en principe, des élections présidentielles devraient avoir lieu l’an prochain même si aucune date précise n’a encore été fixée; que le président malgache s’est dit favorable à une réforme constitutionnelle qui lui permettrait de rester au pouvoir pendant la période électorale et déterminé à altérer les amendements à la loi électorale qui ont été proposés par la commission électorale nationale indépendante, des experts, la société civile et l’opposition; que ces propos ont été dénoncés par ses opposants politiques et une partie de la société civile, inquiets qu’il ne s’agisse d’une manœuvre pour reporter les élections et rester au pouvoir au-delà de son mandat constitutionnel; que cette situation risque d’accroître les tensions dans un contexte politique déjà fragile;… »

Ce  faisant Bruxelles, en se  basant  sur une déclaration  en  date du 10 juillet 2017 du directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique australe, n’a pas oublié de déplorer « que le bilan de Madagascar en matière de droits de l’Homme s’aggravait rapidement en raison du mépris flagrant de l’Etat de droit; que plus de 50 % des détenus se trouvent en détention préventive sans qu’un procès n’ait lieu et qu’on assiste à des violations telles que des exécutions extrajudiciaires par la police ou l’emprisonnement de défenseurs des droits de l’Homme en raison de l’absence d’accès libre et équitable à la justice;(…) La même source  citée  dans le document rapporte également des  exactions accomplis par des forces  de l’ordre qui ont cherché à se venger sur la population de plusieurs  villages de la commune d’Antsakabary. Passant  en revue les multiples  abus accomplis par les  dirigeants, le Parlement  européen tient compte « d’actes d’intimidation et de harcèlement de la part des autorités afin de les faire taire et d’entraver leurs investigations ou leur action en faveur des droits de l’Homme; que depuis les élections de 2013, de nombreux médias ont été fermés et censurés au nom du «respect de l’Etat de droit» et de l’impératif d’«assainissement du paysage audiovisuel»(…)  Puis à propos de la Justice et de la protection des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction conformément aux engagements avec (CITES) les partenaires  européens soulignent que, le secrétariat et le comité permanent de la CITES ont affirmé à de nombreuses reprises que Madagascar n’avait pas respecté le plan d’action; que, d’après le secrétariat de la CITES, l’exploitation illégale des forêts et les infractions à la législation environnementale bénéficient d’une impunité généralisée; que, par ailleurs, des personnes qui s’opposent à l’exploitation illégale des forêts ont été condamnées par les tribunaux, qui courent un risque grave de corruption;(…). Considérant que Madagascar est l’un des endroits les plus exceptionnels de la planète en termes d’environnement, mais aussi le pays parmi les plus pauvres du monde, avec 92 % de la population vivant avec moins de 2 USD par jour, et qu’il figure à la 154e place sur 188 pour l’indice de développement humain; »    et que « le trafic illégal de bois et d’espèces animales constitue une menace grave pour l’environnement et la biodiversité de Madagascar ainsi que pour les droits de sa population en matière d’environnement; que l’incidence de l’industrie extractive sur l’environnement et l’absence de transparence dans sa gestion nuisent souvent aux collectivités locales et au développement durable de celles-ci; que les réseaux de trafiquants ont des liens supposés avec les milieux du crime organisé, ce qui menace la gouvernance démocratique du pays; que d’après le rapporteur spécial sur les droits de l’Homme et l’environnement, il existe un lien étroit entre l’exploitation illégale et le trafic de bois précieux, ainsi que les concessions minières, et la violence à l’égard de la population locale;(…) Ils  condamnent implicitement les sorts et les  représailles  réservés aux militants écologistes   à partir  « de fausses accusations de rébellion, de destruction de dossiers et de biens publics et d’incendie volontaire malgré l’absence manifeste de preuves  et pour «usage de faux titre» lors de la remise en cause des opérations d’une société d’extraction aurifère après leur interdiction pour dégradation de l’environnement; »  Tout  en saluant  l’amorce  d’un  renouveau qui risque de  ne pas  durer longtemps, le Parlement  européen suggère avec insistance  et  invite les  autorités malgaches à apporter des  rectifications convaincantes  dans le  système  judiciaire  en rappelant des  récents  dossiers scandaleux  sur la corruption et les  compromissions  de la classe dirigeante. Pour finalement s’en tenir à ce que « les préparatifs des élections présidentielles prochaines n’excluent personne, soient transparents et soient acceptés par tous, notamment par des mesures de soutien de deux ans au cycle électoral; … » Afin que plus jamais, on ne  retombe pas  sur les  réalités  décevantes de ce premier quinquennat d’un « grand  corps malade » de la 4ème République.

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