La Gazette de la grande ile

Lutte contre l’analphabétisme: L’Etat manque d’ambition

Publié le 24 novembre 2017

L’analphabétisme fait partie de la longue liste des cancers sociaux qui rongent Madagascar. A Madagascar, le taux de personnes ne sachant ni lire ni écrire avoisinerait les 50%. Le conditionnel est de rigueur tant les statistiques sont à prendre avec des pincettes, pour la simple raison que le nombre de la population est très approximatif. Comment pourrait-il en être autrement dans un pays où beaucoup de naissances ne sont pas déclarées ? Le gouvernement a récemment déclaré qu’il souhaitait réduire le taux d’analphabétisme au niveau national à 25% d’ici 2030. Le taux d’analphabétisme actuel de 50% est pathétique et l’objectif de réduction à 25% l’est davantage. Au XXIème siècle, la moitié de la population malgache ne sait ni lire ni écrire. Ne pas lire suppose ne pas être capable de lire une notice de médicaments ou un acte de vente. Ne pas écrire implique ne pas être capable de remplir un formulaire administratif. Ce qui donne des générations d’individus vulnérables qui fuient les bureaux. Pendant ce temps, dans d’autres pays, des hommes utilisent des satellites géostationnaires, se déplacent avec des avions solaires et font travailler des robots industriels. Le progrès enregistré par les autres nations devrait pousser le régime malgache à être plus ambitieux dans sa prétendue volonté de réduire le retard au niveau de l’alphabétisation. Diminuer le taux d’analphabétisme de moitié d’ici 2030 signifie gagner 25 points en 13 ans et donc un peu moins de 2 points par an. Ce n’est pas suffisant lorsqu’on sait que le taux de croissance démographique est proche de 3% par an. Une alphabétisation massive et continue est la seule solution. Dans la pratique, les efforts gouvernementaux se traduisent par des constructions d’écoles et des recrutements d’instituteurs. En théorie, on devrait applaudir à tout rompre mais il faut freiner son enthousiasme pour deux raisons sérieuses. En premier lieu, le Budget de l’Education Nationale est certes élevé mais c’est aussi le plus pillé, comme le prouvent les détournements de fonds de Claudine Razaimamonjy au sein de ce ministère. Des sommes colossales qui auraient pu servir à l’alphabétisation, ont été empochées par Claudine Razaimamonjy pour alimenter les caisses du HVM, pour agrandir l’hôtel A&C à Ivato et pour construire un immense complexe touristique à Ambalavao près de Fianarantsoa. En second lieu, 10.000 instituteurs ont été recrutés lors d’une grand-messe à Mahamasina. Pourtant, on sait déjà que plus de la moitié d’entre eux jetteront l’éponge avant cinq ans, faute de motivation. Non seulement leur maigre rémunération sera payée de manière irrégulière mais ils seront confrontés à un manque chronique de matériel pédagogique. On va se retrouver avec d’innombrables écoles fantômes puisque dépourvues d’instituteurs. Parallèlement à la construction d’écoles et aux recrutements d’instituteurs, le Ministère de l’Education Nationale a initié des partenariats avec des associations spécialisées dans l’alphabétisation. Plus de 6.000 jeunes et adultes vont bénéficier d’une formation de deux ans qui leur permettra d’apprendre à lire et à écrire.  Cette initiative est louable mais elle va se heurter aux limites de l’analphabétisme de retour. En effet, il est prouvé que les individus qui quittent trop tôt le système scolaire perdent vite leurs acquis et retombent rapidement dans l’illettrisme, d’où la notion d’analphabétisme de retour. A ce rythme, en 2030, compte tenu de la poussée démographique, le taux d’analphabétisme sera encore de 40 ou 45%. C’est regrettable mais le mal des uns fait le bonheur des autres lorsqu’on constate que les foules malléables sont un réservoir inépuisable d’électeurs pour les politiciens.

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