La Gazette de la grande ile

Festivités HVM à Mahajanga: Dans l’indifférence du public…

Publié le 27 novembre 2017

Gros battage médiatique sur les festivités organisées par le parti HVM à Mahajanga : conseil des ministres décentralisé, inauguration de réalisations, congrès régional du parti… Hery Rajaonarimampinina a fait le déplacement et a parrainé toutes les cérémonies. Mais le matraquage intense n’a pas tiré le public de Mahajanga de son indifférence. La population, en effet, n’a manifesté aucun intérêt pour tout ce remue-ménage, et n’a pas pris part à l’allégresse du parti de gouvernement. Le HVM a évolué comme dans une bulle et n’a pratiquement pas eu de contact avec les résidents. Cela fut particulièrement flagrant lors du carnaval qui a sillonné les rues de Mahajanga. Il y eut beaucoup d’agitation, de chants, de danses, de banderoles, de pancartes, d’uniformes et de tenues traditionnelles (les sections HVM des 22 régions de l’île ont envoyé des représentants).

Beaucoup de monde donc sur la chaussée, mais pratiquement personne sur les trottoirs pour assister au défilé. L’avant-garde de la  procession était composée des dirigeants du parti, notamment des ministres du gouvernement.  A la vue de ces gros bonnets dont la cravate bleue n’arrivait pas à cacher le ventre rebondi, les gens ont prestement tourné les talons pour filer dans les ruelles adjacentes. Visiblement, en fait, avec une telle corpulence, les ténors du parti se soucient plus de leurs personnes que des masses laborieuses. L’expression « esprit HVM» est d’ailleurs tombée dans le vocabulaire quotidien et est devenue proverbiale…

Pas de succès populaire donc pour ce rassemblement à Mahajanga pour diverses raisons. En premier lieu, jugé surtout sur le terrain des prix, le régime HVM a failli à sa mission avec une vie chère qui étrangle la population. Connue pendant des décennies comme étant une ville bon marché, et même une ville d’abondance, Mahajanga est consternée par la tournure actuelle des événements. Alors que les vastes périmètres rizicoles de Marovoay se trouvent à ses portes, le riz y est aujourd’hui rare et son prix atteint des sommets. Le cheptel bovin était aussi une fierté de la province, mais le bœuf y est en voie de disparition pour cause de vols de bovidés et son prix s’est envolé. Dans l’esprit de beaucoup, le régime HVM est synonyme d’inflation, de chômage et de pénurie.

En second lieu, les représentants de la province au sein du régime n’émanent pas… de la province. Il s’agit surtout d’ « usurpateurs » qui proviennent d’ailleurs mais qui se réclament de Mahajanga dans un but intéressé. Au premier rang de ceux-ci, Rivo Rakotovao qui dans ses discours ne peut aller plus loin que deux ou trois phrases apprises par cœur en dialecte sakalava, avant de reprendre le malgache officiel. Certains authentiques natifs de la région sont pourchassés par le régime, et ont disparu de la circulation, comme le sénateur Lilyson René. Le devant de la scène est donc occupé par des imposteurs, c’est-à-dire des pseudo-sakalava en qui la population de Mahajanga ne se reconnaît pas.

En troisième et dernier lieu, la province peut invoquer de nombreux griefs qui font qu’elle n’est guère attachée à l’actuel régime. Comme le soutien officiel aux sociétés minières chinoises qui dévastent les campagnes, comme la féroce répression infligée à la population d’Antsakabary dont la ville fut incendiée, comme l’état d’abandon dans lequel la province fut longtemps tenue, avant le regain d’intérêt hypocrite manifesté actuellement par le régime à l’approche du scrutin présidentiel de 2018 … Notons d’ailleurs que Mahajanga qui a plébiscité un maire MAPAR fut écartée des faveurs officielles, jusqu’à récemment, quand cet élu a basculé du côté du HVM, en raison des vives pressions exercées à son endroit. Pour fêter d’ailleurs ce « triomphe », le conseil des ministres, présidé par Hery Rajaonarimampianina fut organisé à l’hôtel de ville de Mahajanga. Un fait qui a surpris : la réunion fut tenue dans la salle de mariage, alors qu’entre le régime et la population locale, c’est le… divorce.

       Adelson RAZAFY

 

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