La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: Marche arrière en plein virage

Publié le 29 novembre 2017

Le tollé est  général et la grogne gagne presque tous les  secteurs de la vie nationale. Après les  braillards de la caste des  acteurs politiques de toutes les tendances, les enseignants des universités, voilà que les transporteurs rejoignent la cohorte des exploitants des  taxis-ville pour  manifester leur indignation à l’endroit d’un régime et des administrations qui font « la sourde  oreille » sur les préoccupations légitimes des contribuables. Imaginez un peu l’effervescence qui risque de troubler l’ordre public si la populace  facilement manipulable, mais  suffisamment aigri par les problèmes existentiels quotidiens rejoint les mouvements  de  protestations (encore en  salle pour le moment). Sur tout le territoire national, nous avons  tous été témoins admiratifs de l’étendue de la ferveur de cette foi au Christ-Roi qu’avait tenu à montrer les catholiques en procession dimanche dernier. Il suffirait d’un mot  de  trop ou d’une attitude déplacé de la part du pouvoir temporel pour que l’autorité spirituelle des églises se transforme en  une réaction plus que  légitime et chrétienne pour s’opposer à des responsables  étatiques parce qu’à cause de l’indifférence et  de la rapacité cupide de ces  derniers,  selon Mgr Odon Marie Razanakolona « La Société malgache est malade et l’argent est érigé en Dieu par un grand nombre du sommet de la pyramide à la base ».

Le parti  au pouvoir  s’évertue sans désemparer à nier le bien fondé d’une opposition (même disparate et surtout versatile à un ordre  établi), à quelque mois de la fin du mandat d’un président de la République au palmarès peu convainquant. Pendant  qu’en haut-lieu, on s’obstine à  faire  fi des craintes et des justes suspicions de tous,  quant à la mise  en place des  réformes prévues pour les prochaines élections, dans les  esprits  des  gens, les opérations enveloppantes des mesures  envisagées par le système ne peuvent plus  tromper personne. L’opinion appréhende surtout que les processus électoraux tombent sous les  fourches  caudines des « détournements des choix du peuple par abus  de pouvoir » avec le recours à des lois scélérates. Surtout qu’avec les piètres réalisations structurelles et décevantes interventions sociales et administratives au sein des  collectivités  de  base, l’équipe en place n’a plus  aucune chance de redresser la situation. Les  stratèges  et les  gourous des palais  d’Etat peuvent  toujours enclencher en marche  arrière en plein virage institutionnel après le largage spectaculaire d’Honoré Rakotomanana de la présidence  du  Sénat pour y  installer un homme du sérail  au passé qui sent  le souffre, force est  de reconnaître qu’il  est  trop  tard pour le parti présidentiel HVM pour  redresser la  barre.  Cette formation peut vadrouiller par monts par vaux en espérant  ratisser large afin dans l’espoir de  recueillir encore le maximum  de  sympathie quand les électeurs seront  dans les isoloirs. Les  mauvais souvenirs des  années perdues dans la recherche  effrénée égoïste de l’argent  sale restent  et  demeurent  vivace  dans le cœur de tous les  habitants.

Le constat  est  valable pour  les  dirigeants  successifs qui n’ont  pas respecté interdits évoqués par le Parlement européen quant à «l’application effective des lois contre l’exploitation illégale des forêts et le trafic d’espèces de bois; (…) sachant très  bien  que « le trafic illégal de bois et d’espèces animales constitue une menace grave pour l’environnement et la biodiversité de Madagascar ainsi que pour les droits de sa population en matière d’environnement; que l’incidence de l’industrie extractive sur l’environnement et l’absence de transparence dans sa gestion nuisent souvent aux collectivités locales et au développement durable… » Et lorsque l’Europe  se manifeste  de la sorte tout en prônant une  démarche inclusive à propos  des  élections, il y a lieu cependant de  reconnaître que la population risque fort de  basculer sur un choix capable de soutenir une  préférence  type « ni Ravalomanana, ni Andry, ni Hery… » A la question de  savoir pourquoi ? Pour y  répondre,  prenons le cas de  l’Eglise Catholique  qui n’a pas cessé de critiquer ouvertement la gestion de l’Etat par le régime Rajaonarimampianina à propos des détournements,  des  trafics  des  biens nationaux par les  courtisans, la mainmise des  hommes  du pouvoir  sur les  terres  domaniales. On brade les  richesses  nationales pour le  profit  de la classe politique. Il n’y a pas  que les  catholiques  qui réagissent  de la sorte. La  société civile même timidement et  avec  beaucoup de  tact ne ménage pas les décideurs trop zélés qui cherchent également à se servir des parlementaires et des prérogatives  étatiques pour manipuler les lois électorales. Malgré les  assurances avancées  par le pouvoir, elle sert  d’interprète aux citoyens qui craignent « qu’il ne s’agisse d’une manœuvre pour reporter les élections et rester au pouvoir au-delà de son mandat constitutionnel; que cette situation risque d’accroître les tensions dans un contexte politique déjà fragile;… » Comme il  s’agit là de  pratiques  héritées d’un régime à l’autre depuis l’ère Marc Ravalomanana suivie par la continuité de l’Etat pervertie sous la Transition et encore valable avec la  présidence de  celui qui  a  été le ministre des  Finances  et  du  Budget d’un  D.J  parvenu à la tête de l’Etat par le  sang  versé  sur l’autel des  ambitions politiciennes, pour  toutes raisons, « ni  Ravalomanana,  ni Andry, ni Hery… » ne pourraient logiquement  bénéficier  du soutien populaire même si le régime actuel s’aventure à aborder un  virage tactique  en marche arrière. Il y  a toujours cet énorme  fossé qui  sépare les Malgaches et les  dirigeants enrichis par l’argent sale…

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