La Gazette de la grande ile

Olivier Mahafaly: A quelle sécurité diable fait-il allusion ? A la sienne uniquement ?

Publié le 29 novembre 2017

Vraiment, çà ne rate pas. A croire qu’il existe, quelque part, un mauvais scénario pré-écrit et que le rôle du journaliste que je suis et celui d’autres professionnels lanceurs d’alerte, consiste essentiellement, et pour le moment, à l’immortaliser noir sur blanc pour les futurs règlements de compte. Car, à chaque fois qu’un des membres de ces actuels dirigeants malgaches au pouvoir débite des déclarations pompeuses, elles sont tout de suite démenties par les réalités sur le terrain.

Ainsi, à Mahajanga, lors de la précampagne électorale qui ne dit pas son nom, (déguisée en conseil des ministres décentralisé agrémenté d’une assise nationale du parti Hvm avec inaugurations le week-end dernier, le samedi 25 novembre surtout), voici les propos tenus par le Premier ministre Olivier Mahafaly, par rapport au parti Hvm (Hery Vaovao ho an’i Madagasikara) et en matière de sécurité: «J’ai une double casquette ici, en tant que membre du Hvm dont je suis fier. Et, en tant que Premier ministre, je peux assurer que la sécurité et la sérénité règnent à Madagascar grâce aux maires qui sont présents à cette assise ». Bien. Mais regardez bien la photo ci-dessus. Elle résume à elle seule toutes les illégalités pratiquées par ce régime Hvm: Inauguration d’une bibliothèque numérique au Lycée Philibert Tsiranana. Pourquoi le président du Sénat, également président du parti Hvm, ainsi que les ministres qui l’entourent, portent-ils des polos et des casquettes au logo Hvm? Où était le «fier» Premier ministre? Mais pourquoi nous étonner outre mesure? Lorsque des dirigeants sont capables d’éliminer l’utilisation de bulletins uniques avec photo dans un pays à fort taux d’analphabétisme, tout peut arriver, le pire dominant sans conteste et restant à venir… Cela dit, juste en passant, focalisons-nous, à présent, sur cette question de sécurité «qui règne» à Madagascar.

Dans son excellent article «Madagascar, nouvelle terre de conquête des islamistes», paru dans «Le Figaro» du 19 octobre 2017, le confrère Renaud Girard -avec qui j’ai eu le privilège de discuter au Carlton Anosy- a mis dans le mille en ayant transcrit les propos suivants d’un observateur: « A cause de la corruption, ils laissent entrer n’importe qui dans le pays. Le jour où ils découvriront dans la brousse ou la montagne des camps d’entraînement pour djihadistes, il sera trop tard!». Au moment où le Premier ministre Mahafaly avait fait ses déclarations sur la «sérénité qui règne à Madagascar», des voyageurs étranges et étrangement arabes débarquaient à l’île Sainte Marie. Aucun doute: il s’agit bien de réfugiés car ils n’ont rien à voir avec les «karana» de Madagascar, avec leurs bagages portés sur la tête. L’observateur cité plus haut à raison. Et c’est la sécurité même de l’identité culturelle malgache qui est en jeu et, dès lors, en danger d’extinction. A titre de comparaison dans le volet «mutation», je prendrai l’exemple des bus, dénommés alors Buxi, à Antananarivo. En moins de deux années, de manière irrésistible, les minibus japonais (Toyota, Nissan, Mazda) ont laissé la place au modèle Sprinter de Mercedes. Auparavant, il y avait les Renault dites 1000 kilos remplacées par les Renault Super Goélette et Super Galion, elles-mêmes supplantées par les gros cars venus du Japon (Mitsubishi) et des pays de l’Est (Tata), utilisés par les sociétés FIBATA, FIMA et ANTAFITA, avant que tout cela ne soit effacé par les actuels sprinter donc. Entre les années 1960 et 2017, le prix du transport par personne est passé de 2 ariary (10 fmg) à 400 ariary (2000 fmg) à Antananarivo. Faites vos calculs…

Actuellement, ces voyageurs indéniablement venus de pays du Moyen-Orient, ou d’Afrique islamisée, surgissent pratiquement de partout à travers Madagascar. Avec des dirigeants comme ceux qui gouvernent à vue actuellement -et dont l’odorat pour le fric est super multiplié-, dès 2020, des affrontements terribles auront lieu, entre ces envahisseurs qui se compteront par centaines de milliers et les vrais Malagasy, nécessitant une intervention des casques bleus des Nations Unies. Jusqu’à preuve du contraire, il s’agit d’apatrides qui ont tout perdu et qui n’ont plus rien à perdre. Ils auront donc une volonté inébranlable pour s’ancrer à tout prix et très durablement sur la terre des ancêtres des Malagasy. Et eux, ils n’ont pas peur de mourir aujourd’hui plutôt que demain (l’adage pratiqué effectivement, et avec multiples excuses -genre «mbola kely anaka»-, est: «Aleo maty rahampito, toa izay maty androany»), ayant une culture de survie, une culture d’affrontement, bref une culture de guerre. Et tandis que le régime Hvm se focalise sur les meilleures manières de confisquer le futur choix populaire pour un président autre que ce Hery vaovao en 2018, l’invasion, le déferlement humain islamiste, se poursuit sans que les autorités dont a fait allusion le Premier ministre Mahafaly -les maires donc- ne bronchent, ou même n’osent le moindre rapport à propos de ce flux migratoire peu commun sinon hors du commun. Le témoignage d’une aide-soignante, également recueilli par Renaud Girard pour son article, résume la situation actuelle et ce qu’elle sera d’ici à deux ans, car ce régime n’empêchera rien du tout à ce sujet: « Il y a dix ans, vous ne voyiez pas ici une seule femme voilée. Il y en a partout aujourd’hui. Elles reçoivent des subsides en échange du port du voile. Quand aux mosquées sauvages, plus d’une centaine sont apparues dans le District (Ndlr: à Vohipeno)! ».

En parlant toujours de terres, il est clair que le gouvernement Hvm est aussi aveugle que sourd et muet en ce qui concerne l’accaparement invraisemblable de milliers d’hectares de terres appartenant pourtant à des Malagasy, de par un héritage basé sur la tradition de transmission orale. Mais à présent, avec la complicité de hautes autorités et d’agents des services fonciers, doublée de Malagasy corrompus habitant aux environs des cibles, des étrangers surgissent avec des papiers «en règle» et légaux pour expulser, du jour au lendemain, des milliers de personnes qui vivaient là depuis des décennies, dont les parents étaient enterrés sur les lieux. Ces étrangers seraient donc aussi héritiers des tombes se trouvant sur leur «propriété» subite. Jusqu’ici, toutes les expulsions se font avec l’aide de forces armées légales. A croire que ces femmes et hommes en tenue et armés sont des légionnaires, voire des mercenaires, et non des Malagasy issus du peuple de la Grande île. Le principe «diviser pour régner» du général Joseph Gallieni est toujours en application à Madagascar, 57 ans après la fin de la colonisation française, les gars! Face à cela, comment le Premier ministre Mahafaly ose-t-il parler de «sécurité» et surtout de «sérénité»? N’est-il vraiment pas au courant de ce qui se trame aussi à Nosy Be, île où il est né, à propos d’accaparement de terres? Ou bien fait-il déjà comme ses prédécesseurs et autres politiciens des régions qui ont choisi de résider définitivement à Antananarivo? Ne se sentant donc plus concerné par ce qui touche sa propre famille, tous les Nossibéens? Drôle de mentalité alors…

«Je peux assurer que la sécurité et la sérénité règnent à Madagascar grâce aux maires qui sont présents à cette assise». Slogan propagandiste ne menant nulle part contredit par les Nations Unies.  Mais jamais le PM Olivier Mahafaly n’osera les classer comme des putschistes en puissance et grandes désinformatrices dénonçant l’insécurité dans le Sud. Contrairement aux autres entités «pustchistes» qui prêchent dans le désert (les évêques catholiques, la société civile malgache en général, les partis politiques, le FFKM -Conseil œcuménique des églises chrétiennes à Madagascar- récemment). Car si l’ONU dénonce, elle donne tout de même des sous. C’est toujours çà de gagner pour ces dirigeants qui n’ont jamais fait quelque chose par eux-mêmes et pour leurs compatriotes en éternelle détresse, devenus 5ème peuple le plus pauvre du monde de 2014 à 2017. Un record, n’est-ce pas? Ainsi, à travers le PNUD et l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations) -Migrations? Très bizarre sa place ici- les Nations Unies ont débloqué 2 millions USD destinés à «consolider la paix dans le sud». La sérénité (synonyme de paix) règne, hein? De novembre 2017 à décembre 2018, cela consistera, grosso modo, à implanter ou réhabiliter des postes avancés de la gendarmerie dans des endroits stratégiques;  à doter de matériels et formations des éléments de la gendarmerie. Enfin, contre la justice/vindicte populaire, il s’agira de renforcer la justice de proximité dans les zones d’intervention comme Betroka où le tribunal de première instance sera réhabilité. Avec mise en place de Structures Locales de Concertation (SLC) dans des communes pilotes et, enfin, l’amélioration des services d’Etat-civil. Tout cela. Seigneur, mais qu’est-ce que ce régime a donc fait pendant toutes ces quatre années passées?

Enfin, et non des moindres, comment le Premier ministre Mahafaly ose-t-il parler de sérénité lorsque les transporteurs et les taxi-brousse de la RN2 (reliant Antananarivo à Toamasina) ont décidé d’organiser une grève jamais vue dans la Grande île à partir d’aujourd’hui mercredi 29 novembre 2017? Cela parce que les cinq individus coupables d’avoir lancé des pierres sur 80 véhicules afin de les piller, sur une période donnée et sur de nombreux témoignages, ont été relaxés par le tribunal. Ne parlons pas des cambriolages à main armée et vols à la tire qui sont devenus le quotidien des Malagasy des villes et des campagnes. Enfin, pour boucler cet article, revenons à Mahajanga. Hier, mardi, 28 novembre, Ravelomanantsoa Emilson, Adjoint au Maire élu sous les couleurs du Mapar, Andriantomanga Mokthar Salim, s’est porté témoin en affirmant que ce dernier a subi des pressions («nisy tsindry bokotra sy fanerana») pour qu’il débloque des fonds de la caisse municipale, destinés à la tenue de cette assise du parti Hvm dans la Ville-des-Fleurs. «Il ne faudra pas se demander, dès lors, où est passé l’argent de la caisse», ont aussi déclaré, avec lui, les membres du Conseil municipal de la Commune urbaine de Mahajanga. Ravelomanantsoa Emilson a conclu, amer : «Ce qui s’est passé, c’est du jamais-vu à Madagascar et ce régime Hvm est un sale profiteur (« Tsy ary mbola nahita fitondrana tena manararao-paty ohatra an’ity fitondrana Hvm ity, aho, hatramin’izay »). Il est prouvé, à présent, que c’est l’argent des contribuables qui a été utilisé au profit du parti Hvm. N’est-ce pas un détournement de deniers publics ? ».

Le pire reste à venir tant que ce régime sera en place. Que faire? Avoir une foi inébranlable pour la justice divine. Sinon, bienvenue au futur pays des zombies! «Tena hifampihinana ny samy Malagasy» (Les Malgaches vont se bouffer entre eux). Sachez alors que la culture populaire occidentale qualifie de zombies tous les morts-vivants partiellement décomposés, dépourvus de langage, de raison et souvent de conscience, qui survivent en se nourrissant de la chair humaine des vivants (Wikipédia). On ne rit plus, hein?!

Jeannot Ramambazafy

 

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