La Gazette de la grande ile

Protection des consommateurs : On attend des résultats concrets

Publié le 29 novembre 2017

Il y a quelques mois, de nouveaux commissaires du commerce ont prêté serment, conformément à la loi. Ces hommes et ces femmes de terrain auront la lourde tâche de vérifier les prix affichés dans les magasins et sur les marchés et de contrôler les certificats d’aptitude à la consommation des produits alimentaires, conformément aux objectifs du Ministère du Commerce et de la Consommation. On ne peut que s’en réjouir mais on attend de voir car les pouvoirs publics excellent dans l’art de fabriquer des écrans de fumée. Pour preuve, les autorités se donnent bonne conscience en médiatisant la fermeture de quelques gargotes où l’hygiène fait défaut. On veut nous persuader que tout change alors que rien n’évolue. Madagascar a étoffé son arsenal juridique en se dotant d’un bureau des normes, en plus d’une autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales ainsi que d’une loi sur les garanties et la protection des consommateurs. Pourtant, dans les faits, on retombe toujours dans les mêmes dérives mafieuses qui sont contraires à l’intérêt général et qui lèsent le consommateur en particulier. Le consommateur, limité par son pouvoir d’achat très bas, est la proie des importateurs, grossistes ou distributeurs toujours disposés à vendre tout et n’importe quoi pour satisfaire la demande. Ces prédateurs n’ont aucun scrupule à vendre des marchandises contrefaites ou à falsifier les dates limites de consommation ou d’utilisation des produits mis sur le marché. Ces fraudes s’inscrivent dans une succession d’actes répréhensibles. En effet, en amont, ces contrebandiers corrompent certains douaniers pour que ces derniers acceptent leur fausse déclaration ou minorent les droits et taxes à payer. En bout de chaîne, ils corrompent certains commissaires et contrôleurs du commerce pour que ceux-ci ferment les yeux sur des irrégularités. Certains observateurs avertis diront qu’il y a davantage d’actes de fraude et de corruption au sein des Douanes que du côté du Ministère du Commerce et de la Consommation. On veut bien le croire mais les délits des uns n’excusent pas et ne justifient pas ceux des autres. Par le passé, des commissaires et des contrôleurs du commerce ne se sont pas contentés de se laisser acheter. Ils sont allés jusqu’à racketter des importateurs, distributeurs, grossistes et même des détaillants. On espère que cela va changer, même si l’on ne croit plus au Père Noël, car on ne peut plus tolérer la vente d’une margarine qui ne fond pas au soleil, d’un dentifrice qui déchausse les dents ou d’un riz en plastique.

  1. GASPARD

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