La Gazette de la grande ile

edito: Prix bas pour Noël, le poison des produits périmés

Publié le 06 décembre 2017

Avant d’être une grande fête commerciale, Noël célèbre la naissance de Jésus-Christ. On échange des cadeaux, on danse, on mange et on boit. A Madagascar, cette année, comme depuis bien longtemps déjà, le cœur n’y est pas. La hausse des prix du riz et du carburant sape le moral des ménages. L’avenir est d’autant plus incertain que les tarifs de transport vont augmenter, tout comme ceux de l’eau et de l’électricité. A cette accélération de l’inflation, s’ajoutent la progression de l’insécurité et la crainte d’une nouvelle crise postélectorale. Dans ce contexte, on comprend que les Malgaches n’aient pas les moyens, ni l’envie folle de festoyer. Toutefois, ils le feront pour faire comme tout le monde et pour plaire aux enfants. Toutes les familles se réuniront autour de la table la plus garnie possible, selon leurs possibilités financières. Sachant que la majorité de nos concitoyens privilégieront la quantité, ils achèteront les produits les moins chers. C’est une aubaine pour les importateurs, grossistes et détaillants qui souhaitent se débarrasser de leurs stocks. Certains commerçants n’ont aucun scrupule à vendre des produits alimentaires périmés. Dans certains cas, on voit que la date limite de consommation est dépassée de plusieurs jours, semaines ou mois. Dans d’autres cas, la date limite de consommation d’origine a été effacée, puis changée. Un tel maquillage, plus fréquent qu’on ne le croit, est délictuel. Il peut devenir criminel lorsque le client décède des suites de la consommation d’un produit périmé. Il s’agit d’un empoisonnement. Cela fait sans doute sourire certains commerçants et consommateurs qui minimisent les faits avec insouciance. Pourtant, il est utile de rappeler les articles 302 et 302 du Code Pénal : « Est qualifié empoisonnement tout attentat à la vie d’une personne par l’effet de substances qui peuvent donner la mort plus ou moins promptement, de quelque manière que ces substances aient été employées ou administrées, et quelles qu’en aient été les suites. Tout coupable d’assassinat, de parricide et d’empoisonnement sera puni de mort. » Certes, la peine de mort physique a été abolie, mais la mise à mort médiatique et économique du coupable d’empoisonnement reste possible. Par conséquent, nos lecteurs sont invités à dénoncer les commerçants qui vendent des produits périmés.

  1. GASPARD

 

 

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