La Gazette de la grande ile

Editorial: HVM, pris à son propre piège

Publié le 07 décembre 2017

Pleinement conscient de son impopularité, Hery Rajaonarimampia-

nina prend de l’avance dans la course à la présidentielle. Il s’arroge ce droit en l’interdisant aux autres candidats. Personne ne peut l’en empêcher puisqu’il estime qu’il peut agir selon son bon vouloir, comme dans un système monarchique. Les foules qui l’acclament lors de ces inaugurations lui donnent l’illusion d’exister. On sait bien que sans Andry Rajoelina, Hery Rajaonarimampianina serait toujours le petit comptable qu’il n’a jamais cessé d’être.

Paradoxalement, plus Hery Rajaonarimampianina prend de l’avance en usant et en abusant des prérogatives de puissance publique et plus il aggrave les animosités à son égard. Les opposants et les médias n’ont pas besoin de diaboliser le Chef de l’Etat. Il allonge lui-même chaque jour la liste de ses détracteurs. En effet, même si la majorité de la population est aisément manipulée, de plus en plus de nos concitoyens refusent d’être pris pour des imbéciles. Ils ont compris que l’Etat n’a pas d’argent pour les infrastructures et les projets sociaux mais qu’il en trouve pour financer la précampagne de Hery Rajaonarimampianina et les congrès du HVM.

Le parti présidentiel se raccroche à des pratiques qui sont dignes d’une république bananière et qui prouvent qu’il est pris à son propre piège : celui de la cupidité illimitée. Les barons ont tellement peur de redevenir pauvres qu’ils s’empressent d’accumuler des signes extérieurs de richesses qu’ils perdront au lendemain de l’alternance politique. Dans cette course effrénée, ils risquent de s’essouffler deux fois plus tôt et plus vite que les anciens comiques de l’AREMA et du TIM.

Phil de Fer

Lire aussi