La Gazette de la grande ile

Education: La recherche dans l’enseignement supérieur

Publié le 07 décembre 2017

Quand lors de la clôture de la célébration du 40ème anniversaire de l’Université d’Andrianjato, le Premier ministre met l’accent sur l’importance que l’Etat accorde à la recherche, et que dans la loi de finances de 2018 récemment  votée sans aucun problème par les parlementaires, le budget de l’enseignement supérieur est quasi inchangé l’accent étant mis sur la bourse démocratique pour les étudiants et non sur les recherches, et que en même temps le département ministériel des Finances et du Budget gèle tout recrutement d’enseignants-chercheurs, on cherche à voir s’il y a une cohérence dans les déclarations et actes des uns et des autres et peut-être même que les enseignants chercheurs ont envie de rire…jaune.

On comprend bien que lors de célébration de ce genre, le discours adéquat est de dire que s’il y a quelque chose d’important dans le pays c’est la cérémonie à laquelle assistent à ce moment là les représentants étatiques, mais ne sont-ils pas fatigués de brasser du vent ces responsables? La ministre de l’enseignement supérieur a fait de grandes choses pour l’université de Fianarantsoa, son université, là où elle reviendra enseigner quand elle ne sera plus ministre, c’est tout à son honneur : charité bien ordonnée commence par soi-même! Mais qu’en est-il des autres universités publiques, que fait-elle réellement pour améliorer la qualité de l’enseignement supérieur, que fait-elle pour permettre aux enseignants de faire effectivement des recherches – les salons de la recherche ne sont que des vitrines très souvent peu intéressantes, le ministère soutient-il convenablement les rencontres scientifiques organisées par les universitaires, le ministère permet-il réellement et facilite-t-il la participation des enseignants chercheurs à des rencontres scientifiques internationales, le ministère finance-t-il les publications des travaux de recherches des enseignants dans toutes les universités? Ou est-ce que les hauts responsables de l’enseignement supérieur voyagent et participent à toutes les rencontres internationales pour pouvoir sortir du pays et voyager sans que cela n’apporte rien de concret pour l’enseignement supérieur malgache? Est-ce que l’Etat malgache et le ministère de l’enseignement supérieur motivent-ils suffisamment les jeunes universitaires à intégrer le corps enseignant quand on sait que pour les enseignants vacataires le paiement des heures complémentaires se fait deux ans après et avec un taux qui fait honte aux enseignants du supérieur? On aimerait bien savoir déjà ce que ces responsables entendent par recherches, ce que les enseignants chercheurs font comme recherches, et surtout ce que faire des recherches exigent en investissement.

Quand ailleurs, les universités prennent en charge des déplacements d’enseignants pour participer à des rencontres scientifiques, à Madagascar et selon des enseignants chercheurs, la participation des enseignants n’est envisageable que lorsque les organisateurs étrangers paient le déplacement et l’hébergement de l’enseignant. Il serait bon que telle déclaration du premier ministre soit faite de manière pesée car l’état de l’éducation, de l’enseignement reflète par la suite l’état d’un pays.

Claude Rakelé

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