La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE: Quand les « Ra… » quittent le navire

Publié le 11 décembre 2017

Là où un observateur intègre et impartial constate un « fiasco économique et social… », parmi les zélateurs d’un régime en détresse, des personnalités de premier rang trouvent toujours matière à satisfaction pour déclarer à qui veut entendre qu’il y a embellie. Ils déclarent même officiellement qu’ il y a «une nouvelle occasion de présenter les opportunités, notamment en ce qui concerne les secteurs prometteurs, pour inciter » les investisseurs dans « un pays où beaucoup de réformes ont été menées pour améliorer le climat des affaires. » Dans un pays où de l’avis de beaucoup d’analystes « L’essentiel effectivement n’est pas de développer, mais de profiter des multiples agréments offerts par le poste (à lui-même, à ses proches et aux membres de sa famille) dont les voyages à l’étranger. » Il ne se passe pas un mois sans qu’un scandale sur les pratiques étatiques dévoyées n’éclaboussement pas le régime. Pour preuves, il suffit de décrypter les dépêches des médias.

 

Prenons les cas de ces hommes d’affaires victimes des kidnappings qu’on oblige à payer de très fortes rançons et pour lesquels les responsables n’arrivent pas ni à protéger, ni à donner satisfaction en matière de sécurisation de la personne et des biens. Puis le 17 juillet dernier, il avait ce « ministre des Finances et du Budget démissionne. Une annonce faite ce lundi matin à l’hôtel Carlton d’Antananarivo. Entré au gouvernement en janvier 2015 et connu pour sa rigueur, Gervais Rakotoarimanana évoque des différences de points de vue pour justifier sa décision. Les mêmes sources affirment que le dit ministre déclare « prendre ses distances avec une gestion peu scrupuleuse des finances publiques à l’approche de la prochaine échéance électorale de 2018(…) Il avait publiquement dénoncé la gestion de deux entreprises publiques, la Jirama, société de production d’eau et d’électricité et la compagnie aérienne Air Madagascar. Mais ce sont les contrats signés avec la Chine lors d’un voyage présidentiel en mars, puis un accord financier conclu avec Pékin à son insu, il y a quelques jours, qui auraient scellé sa décision. » Et pour confirmer certaines insinuations pas très flatteuses pour le régime « Deux mois seulement après sa nomination » selon la presse toujours « le nouveau directeur de cabinet  du Ministère des Finances et du Budget jette l’éponge. Barson Claude Andriambololona est le second à claquer la porte du cabinet du MFB, après Hugues Février Rajaonson à l’époque de Hery Rajaonarimampianina durant la Transition. Il a démissionné ou a été démissionné(le résultat est le même) suite à une divergence de vue pour ne pas dire désaccord avec le ministre Vonintsalama Andriambololona par rapport au lobbying effectué auprès des membres de la Chambre basse lors de l’adoption de la Loi des Finances 2018. » Par seulement moins de 100 députés.

Il aurait été (le conditionnel est de rigueur) question des promesses faites à l’endroit des parlementaires. Promesses qui ressemblaient un peu trop à une forme de corruption active. Résultat : la Loi des Finances a été votée « sans amendement ni réserve » précise l’écho médiatisé de la bonne disposition très suspecte des députés, qui par la suite n’hésitent pas revendiquer le droit de confier les octrois des marchés publics confiés pourtant aux maires des collectivités. Certains élus exigent purement et simplement d’imposer aux maires la gestion des rubriques financières sans aucun respect pour le principe de séparation des pouvoirs. Alors que la plupart d’entre eux s’entendent purement et simplement avec des opérateurs et des fournisseurs pour engager des deniers publics pour financer des travaux et livraisons fictifs pour des ouvrages d’art (ponts, radiers, bâtiments officiels, bureaux de mairie qui sont mal faits ou même pas réalisés du tout alors que les budgets concernés furent déjà liquidés( cas des exercices 2014, 2015 et 2016) Les exemples ne manquent pas. Pour influencer les maires à se soumettre à leurs sales combines, certains députés (pas tous bien entendu) n’hésitent pas à affirmer qu’ils peuvent agir de la sorte, « en vertu d’un accord secret avec le gouvernement lors du vote de la Loi des Finances 2018… » Est-ce que ceci explique cela ? Serait-ce la cause de cette démission fracassante du Directeur de Cabinet ? En regardant de très près certaines pratiques en vogue dans le régime, on peut affirmer qu’à propos des efforts accomplis dans le sens de la lutte contre la corruption, ce n’est encore demain la veille pour les résultats souhaités par les habitants et la communauté internationale. On dit que   « les rats quittent le navire ». Selon le Net, cette expression nous vient du Moyen-Âge. À l’époque, il était impossible de prévoir le temps qu’il allait faire et encore moins si l’on prenait la mer. Mais, quelquefois, avant qu’un bateau ne largue les amarres, tous les rats présents sur le navire le fuyaient. C’était le présage d’une tempête à venir. Ce n’est pas en posant les premières pierres de tel ou tel projet un peu partout que le parti HVM  espère avoir le dernier mot pour la prochaine course à la présidence. Le peuple semble avoir déjà fait son choix : ce sera une nouvelle tête. Bien faite et celle de celui capable d’agir en homme d’Etat et non en homme des tas d’affairistes et magouilleurs d’envergure internationale comme les Malin, les Nelson – Robert Leslie & Co des tristes sires et des véritables gangsters.

 

 

 

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