La Gazette de la grande ile

EDITORIAL: Quand on aura un « héros » national…

Publié le 11 décembre 2017

La journée du 9 décembre 2017 marquera les esprits des Français lorsqu’on voit cet hommage populaire, cette foule immense massée sur le trajet qui menait le cercueil de Johnny Hallyday vers l’église de la Madeleine à Paris, la prise de parole d’Emmanuel Macron…Chacun, et particulièrement les Français plus que les autres, a une chanson de Johnny qui aura marqué  un moment de l’histoire de sa vie ; les chaînes câblées passaient cet hommage en boucle et on ne peut s’empêcher de penser à chez nous !

Puisqu’on n’a  pas un homme politique fédérateur, rassembleur, à défaut, on se tourne volontiers vers la culture quand la politique a déçu, mais là encore on a beau chercher on ne trouve pas véritablement un artiste fédérateur de tout Madagascar. Non pas que l’on cherche un Johnny national, une personne du milieu culturel qui rassemblerait autant, mais on assiste parfois au pire lors de décès d’artistes, des esprits chagrins y collent du régionalisme, comme si le décès d’un artiste originaire d’une région précise et la tristesse qui s’ensuit ne peuvent concerner que ceux issus du même coin. Et quand cela s’accompagne de remise de décoration, de veillée nationale ou de deuil national, plutôt que de soulever une communion populaire, c’est l’effet inverse qui est obtenu : pourquoi telle décision pour cette personne et non pour une autre, qui est cette personne? La raison paraît simple, même la culture n’a pas forcement réussi à unir la population, non pas parce que le style musical des uns dérange fondamentalement les autres ou que les tableaux peints par les uns n’inspirent rien chez les autres…après tout, les goûts et les couleurs sont dans la nature, mais parce qu’une fois de plus la grande faiblesse de notre pays entraîne des divisions là où il ne devrait y avoir que rassemblement.  Combien d’artistes peuvent sillonner tout le pays avec l’état des routes exécrables, combien d’artistes sont entendus dans ces contrées lointaines, combien d’œuvres d’artistes sont connus dans ces coins reculés du pays, combien de nos compatriotes ont pu lire des livres d’auteurs nationaux, assister à un concert d’un chanteur-chanteuse-groupe national, combien de nos compatriotes ont pu ou peuvent écouter tous les jours la radio et entendre  de ce fait des chansons à succès? Pour l’heure et c’est bien triste,  l’accès à  la culture est loin d’être facile, parler d’un chanteur est loin d’être facile, si à Vohilengo on connaît l’artiste ou au moins une de ses chansons, il n’est pas sûr que ceux de la brousse de Manandona connaissent et la chanson, et encore moins le chanteur ; parler d’un artiste peintre est encore plus compliqué d’un bout à l’autre du pays. Alors quand on entend toutes personnes dont beaucoup d’entre nous citer ne serait-ce qu’un titre de Johnny, de  » Retiens la nuit » à  » Je te promets » ou le fameux « Gabrielle », on en vient à rêver qu’un jour un titre ferait autant de déclic chez nous ou que l’on se trouve à Madagascar, que ce soit à Milanoa, à Bekatra, à Lovokampy, à Ambohidrangory…

L’hommage populaire que les Français ont rendu à leur Johnny national nous fait dire que tous les habitants de ce beau pays qu’est le nôtre, à défaut d’avoir un héros commun dans l’histoire politique, rêveraient certainement se retrouver aussi chez quelqu’un du monde culturel sans cloisonnement en termes de génération ou en termes de lieu.

Anais T.

 

 

 

 

 

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