La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: Le bêtisier de l’année 2017…

Publié le 18 décembre 2017

D’avance vous êtes prévenu. Il ne s’agit point ici d’une compilation ou d’un recueil complet de toutes les sottises politiques et politiciennes commises tout au long de l’année qui s’achève pour la classe politique, mais  seulement d’un échantillonnage assez  fourni des bavures, mesures blâmables, erreurs que les dirigeants, les  décideurs étatiques et les  acteurs politiques  de tous  bords ont pu accomplir jusqu’au jour. Ailleurs sur les  réseaux sociaux, on  brocarde gentiment et avec majesté la célébration de l’anniversaire du président Macron sous le beau ciel de Chambord. Rapporté par Europe 1 «Emmanuel Macron, qui va avoir 40 ans jeudi prochain, passe le week-end en famille et à titre privé près du château de Chambord.  Emmanuel Macron voit toujours les choses en grand. Pour fêter ses 40 ans, le président de la République a invité ses amis au château de Chambord, dans le Loir-et-Cher. Il est arrivé sur place vendredi soir. Une visite payée par le couple Macron. Il s’agit d’une visite privée, payée par les fonds propres du couple présidentiel. Tout a été réglé par Emmanuel et Brigitte Macron, sauf la sécurité, extrêmement présente aux alentours du château. »

A Madagascar, la publication  d’un montage pour illustrer un évènement de ce genre, est classée crime de lèse-majesté et aurait coûté pour l’internaute imprudent une inculpation pour cybercriminalité… A propos, pour ce flash-back sur les  évènements marquants d’une année de toutes les  combines et des  scandales avérés dans le cadre des prérogatives  étatiques, commençons par le commencement. Il a été dit publiquement le jour du 6 janvier 2017, lors du discours du président Rajaonari-

mampianina à la cérémonie de présentation des  vœux : « Il y a un an, Excellences, Mesdames et Messieurs, nous sortions d’une année, 2015, pleine d’épreuves dues à une certaine instabilité politique. Je peux dire que nous en sommes sortis, heureusement, et, en grande partie, grâce à un gain en maturité de l’opinion majoritaire qui est de moins en moins encline à jouer le dindon de la farce politicienne. (…)Un penseur a dit que le temps ne paraît long qu’à ceux qui ne savent qu’en faire. Nous avions tant à faire que l’année 2016 est passée si vite. Un simple coup d’œil en arrière nous rappelle que l’année 2016 a été une année charnière qui a placé cette année 2017 sous de meilleurs auspices. Grâce aux Sommets que nous avons accueillis avec dignité, Madagascar a retrouvé la plénitude de son espace dans le concert des Nations et nous avons redoré une image trop longtemps réduite à celle d’un pays pauvre, sans aucune perspective, ni aucun avenir. » Pour ce qui est de l’image du pays, il n’a pas fallu longtemps pour que l’illusion n’apparaisse dans sa triste réalité ambiante. Enorme pavé dans la mare aux canards boiteux de la  République, le  scandale  politico-financier qui avait  entraîné l’arrestation de Claudine Razaimamonjy le  3 avril, à Antananarivo avait débouché sur une grève des magistrats. Le dossier  de « favoritisme dans l’attribution de marchés publics, de détournement de deniers publics, de recel de détournement de deniers publics, d’abus de fonction et de blanchiment d’argent » agite toujours les coulisses du régime. Les  retombées de la  procédure risque même d’entraîner le début de la fin de ce houleux mandat du parti présidentiel HVM Malgré  « Le rétablissement de nos relations avec les partenaires techniques et financiers a abouti à la tenue de la Conférence des Bailleurs et Investisseurs de Paris dont nous connaissons tous les résultats. Cette conférence a aussi renforcé l’engagement du secteur privé, tant national qu’international, à rester actif pour le développement économique et social du pays ».  Contrairement à ce que le régime tentait de faire croire à l’opinion et la communauté internationale, de la bouche du chef de l’Etat qui disait  que « l’actualité à Madagascar, ou ailleurs, illustre bien ce glissement dangereux qui tire souvent ses sources dans une mauvaise compréhension de certaines réalités, sinon tout simplement, une ignorance même de ces réalités sociales et historiques », les  réalités  auxquelles il  fait  justement  allusion  sont  têtues. Charles Gassot, un expert en la matière  s’est  confié au micro de Philippe Bertrand  le 10 avril 2017 en  avouant  qu’ « On constate que « 90% de la population vit sous le seuil de pauvreté ». Un état de fait qui nous échappe, sauf lorsque l’actualité braque ses projecteurs ponctuellement sur cette réalité. » Pour confirmer ces constats sans  complaisance des observateurs, la Conférence des Evêques dénonce au mois de mai de la même année dans une communiqué : « Les raisons de cette situation ne sont autres que les mensonges et dépravations qui submergent la vie publique jusqu’à étouffer la voix des personnes justes. L’argent dicte tout et devient un Dieu que l’on sert jusqu’au sommet (…) Les hôpitaux sont pour la protection de la vie. Combien de malades graves doivent rentrer chez eux sans avoir eu des soins dans les hôpitaux publics, car ils n’ont pas donné des dessous-de-table. Les prix des médicaments sont exorbitants. Nous craignons que ce ne soit un véritable “génocide silencieux (…)  Des étrangers se ruent sur nos richesses minières. Ils les connaissent mieux que nous. Nous devenons en fait des propriétaires qui ne peuvent plus jouir de leurs biens. Les étrangers les dilapident sans vergogne. Ils peuvent le faire, car vous les responsables, vous êtes en intelligence avec eux pour profiter de petits gains personnels et ceci en leur procurant des permis d’exploitation (…). L’état de droit est devenu une parole vide de sens.  En ce  qui concerne l’insécurité en général et le banditisme rural  en particulier les mêmes dénonciations affirment sur les abus des forces  de l’ordre  (gradées ou simples soldats, beaucoup d’entre vous ont été vus et suspectés d’être des complices de bandits et de voleurs de bœufs (dahalo), leur louant des fusils et leur vendant des balles, en terrorisant les paysans de la brousse, sans parler des rackets envers les chauffeurs des taxis brousse sur les routes de Madagascar.) L’opération de représailles au détriment des habitants de la commune d’Antsakabary reste encore une épine dans les  pieds du pouvoir. Puis il y avait cette imprudence insistance du président sortant à vouloir se lancer  dans des  réformes  constitutionnelles à l’approche de la prochaine  course à la Magistrature Suprême. Projet qui fera l’objet d’un lever  de  bouclier très hostile. Pendant que les grosses légumes  du système  tentent de  gommer les effets pervers de la destitution  tactique du président du  Sénat Honoré Rakotomanana pour mettre à  sa place Rivo Rakotovao, avec force diversion au niveau  des provinces, l’arrière-pays s’agite beaucoup. Après les  vagues de vindictes et manifestations  de justice populaire, RFI  rapporte dans une dépêche que «600 habitants du village de Sahalona ont pris d’assaut la prison d’Ikongo, dans la province de Fianarantsoa, à l’est de l’île. Ces villageois ont parcouru 50 kilomètres depuis leur village. Munis de haches, de sagaies et de couteaux de boucher, ils voulaient sortir du pénitencier dix détenus incarcérés pour meurtre depuis le mois de mai et les exécuter eux-mêmes, pour venger les familles des victimes originaires du village. » A noter  que  peu  de temps  auparavant, pas  très loin de là, un groupe de notables avait menacé et  chassé de leur localité  des exploitants miniers chinois qui ne respectaient ni les lois, ni les  coutumes  de la région.  C’est pour  vous  dire que les prochains  jours  risquent d’être troubles. Si en haut lieu, ils n’arrivent pas à calmer les esprits. Pas  avec la répression surtout ! La population  de l’île est  suffisamment irritée par ces liaisons et  ententes économiques obscures avec des partenaires  étrangers qui pillent nos  richesses. Ce n’est pas  avec les promesses fracassantes tardives faites dans  des ambiances électoralistes  avant l’heure de  Mahajanga  à Tuléar que le climat politique  va s’améliorer. Mine de rien, la vente rocambolesque de la Villa Elizabeth n’est pas  encore  enterrée. Il faut  autre  chose…Surtout pas un  référendum  ou encore des  astuces juridictionnelles inopportunes.  Ou alors  gare  aux  retours  de  manivelle !

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