La Gazette de la grande ile

Reconnaissance des torts: Mea – culpa de Ravalomanana…

Publié le 19 décembre 2017

Lors de la célébration de son anniversaire, l’ancien président Ravalomanana et futur candidat à la présidence de la république a fait son mea- culpa en disant qu’il a changé ou va changer, en disant qu’il reconnaît qu’il y a des choses qu’il avait faites et que beaucoup n’ont pas apprécié, en disant qu’il est donc prêt à changer. Son mea- culpa est différemment interprété particulièrement dans ce contexte où les discussions de bon nombre de la population portent sur les élections de 2018. Certains disent qu’au fond Ravalomanana est la moins pire de tous, d’autres disent que son mea -culpa sert juste à avoir la sympathie des électeurs et donc sert à avoir des voix mais qu’il ne changera pas. Il continuera à décider en tout puissant, à faire privilégier ses propres affaires à lui et à parler avec mépris aux gens en utilisant le « tu » ( ialahy) qui tue peu importe la personne qu’il a en face de lui, jeune ou vieux. Le mea- culpa de Ravalomanana a au moins un mérite : il reconnaît qu’il n’a pas été exemplaire, loin de là.

Il reconnaît qu’il a commis des fautes…sauf qu’il ne dit pas quelles sont ces fautes, beaucoup attendent de lui qu’il mette des mots sur les maux, sur ses attitudes condamnables, qu’il porte un regard honnête sur ce qui n’allait pas et dont il reconnaît que ça n’allait pas. Mais surtout le mea – culpa de Ravalomanana nous renvoie encore une fois de plus à l’impunité devenue culture comme la corruption. Que signifie ce mea culpa? Que dans sa conduite des affaires de l’Etat, dans sa manière d’être en tant que chef d’Etat il a commis bien des erreurs, et à ce niveau là, ce ne sont pas de petites fautes, mais qu’il demande pardon et ne refera plus! Voilà la grande histoire de notre pays. Les dirigeants une fois qu’ils ont fini leur mandat et que durant leur mandat ils ont pillé le pays, emmené des gens à la boucherie pour certains, se sont enrichis de manière honteuse en détournant l’argent public et en appauvrissant la population, ces dirigeants se font petit pendant un ou maximum deux ans, quittent même le pays, reviennent par la suite en Messie sauveur de la population et comptent sur l’amnésie de la population.

Dans tous les cas, le mea – culpa de Ravalomanana n’est autre qu’une manière de courtiser les   électeurs désespérés de la gestion calamiteuse de maintenant ne serait-ce qu’avec le prix du riz, l’insécurité, la corruption ; courtiser les électeurs qui se souviennent encore du népotisme à outrance et de l’argent rapide et facile sous Rajoelina et d’autres faits que ce régime poursuit d’ailleurs. Prenant les gens par les sentiments, Ravalomanana fait son mea -culpa mais semble oublier que les gens ne sont pas tous amnésiques et que beaucoup ne croit pas à un changement drastique d’un homme comme Ravalomanana, ni d’autres anciens ou actuel chef d’Etat malagasy habitués à se croire tout puissants, enfermés dans leur tour d’ivoire, méprisants vis à vis de la population, fuyants quand ils ne sont plus au pouvoir et prétendants changer une fois jetés hors du pouvoir et voulant furieusement revenir à la tête du pays, regoûter à nouveau l’ivresse du pouvoir.

Claude Rakelé

 

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