La Gazette de la grande ile

Hery Rajaonarimampianina: Quinze fois en une minute !

Publié le 20 décembre 2017

Quel est le mot ou expression prononcé quinze fois en une minute par Hery Rajaonarimampianina ? Lors de son discours de Mahaboboka (district de Sakaraha) où il a inauguré des panneaux solaires, voici la réponse : « filoham-pirenena », c’est-à-dire chef de l’Etat. D’entrée de jeu en effet, l’homme a vanté ses mérites personnels dans des énumérations comme : « Le chef de l’Etat se désole quand vous êtes confrontés à une vie difficile, le chef de l’Etat vient vous écouter etc. ». De toute évidence, Hery Rajaonarimampianina connaît les subtilités de l’art oratoire et utilise la narration à la troisième personne, plutôt que le « je » ou le « nous ». De cette manière, il prend ses distances, fournit un point de vue extérieur et ses affirmations deviennent plus crédibles. Effectivement, on croît plus volontiers le spectateur qui rapporte un fait que l’acteur qui a tendance à enjoliver.

On a affaire en tout cas à un chef d’Etat particulièrement attaché à son poste, même s’il n’en fait pas le meilleur usage. Pour cette raison, il est le premier chef d’Etat à modifier l’article de la Constitution sur la démission du président en place qui se porte candidat à la présidentielle. Cette disposition a été insérée dans la Constitution de 1993, après la chute de la Révolution socialiste, pour que le candidat d’Etat n’exploite pas son pouvoir pour influencer le vote. Hery Rajaonarimampianina est le premier à vouloir annuler cet acquis du « processus démocratique ». L’homme veut par exemple que dès le lendemain du second tour, le chef d’Etat qui a démissionné retrouve son poste. De cette façon, il peut agir sur l’administration ou les instances de la Ceni qui collectent les résultats. Il peut aussi peser sur la Hcc qui proclame les résultats officiels, d’autant que cette instance est présidée par son ami intime. Il peut enfin donner des ordres à l’Armée, dirigée par un autre ami intime, de réprimer les manifs qui contestent les résultats, et conduire  personnellement les opérations visant à étouffer ces mouvements. Notons en effet que si c’est le président du Sénat qui le remplace jusqu’à l’investiture, l’Armée refusera (comme sous la transition) de servir un chef d’Etat intérimaire qui n’a pas été élu. Hery Rajaonarimampianina veut certainement superviser directement la répression, comme il l’a fait en quatre ans contre les rassemblements de l’opposition dans la capitale. Bref, un homme qui voue une telle passion pour son poste ne le lâchera pas facilement, et usera de tous les moyens même contraires à la démocratie pour le conserver.

                  A.R

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