La Gazette de la grande ile

Madagascar: Une solidarité pour quelle cause exactement ? Désolidarisation plutôt !

Publié le 20 décembre 2017

De nos jours, il ne se passe plus un jour de l’année qui ne soit libellé «Journée internationale». Ainsi, la journée d’aujourd’hui 20 décembre a été dédiée à la Solidarité humaine par l’Assemblée générale des Nations Unies, inscrite dans sa résolution 60/209 du 22 décembre 2005. Extraits.

«Dans la Déclaration du Millénaire, en l’An 2000, les chefs d’État et de gouvernement ont notamment déclaré que la solidarité était une des valeurs fondamentales et universelles sur lesquelles devraient reposer les relations entre les peuples au XXIe siècle». Par ailleurs, auparavant, par la résolution 57/265 du 20 décembre 2002, le Fonds de solidarité mondial a été créé en février 2003, en tant que fonds d’affectation spéciale du Pnud.  Son objectif est «d’éliminer la pauvreté et de promouvoir le développement humain et social dans les pays en développement, en particulier dans les franges les plus pauvres de la population».

Cependant, il est à croire que cette journée d’aujourd’hui sera une journée ordinaire à Madagascar, pour le «gouvernement de combat» d’Olivier Mahafaly, Premier ministre, surtout après le scoop du super ministre des projets présidentiels, Benjamina Ramanantsoa Ramarcel, qui a révélé que le taux de pauvreté de 92% avant 2014 est descendu à 72% en ce mois de décembre 2017. Un «gain» de 20% sorti d’on-ne-sait-où. C’est certainement pour cela que le volet «social» est plus que négligé par ce régime Hvm qui brille plutôt par ses inaugurations à la chaîne, de tout et de rien, et ses inutiles sorties budgétivores à l’extérieur avec une pléthore de membres de délégation d’on-ne-sait-plus quoi ni pourquoi.

Ci-après une remarque plus que pertinente encore de la  part de la Friedrich Ebert Stiftung (FES) Madagascar: «Selon un journal proche du gouvernement (Ndlr: «La Ligne de Mire»), le taux de pauvreté aurait baissé de 92% à 72% depuis le début du mandat du président actuel. L’article n’indique pour le moment aucune source pour cette affirmation. Une telle baisse serait néanmoins spectaculaire, même par comparaison à l’internationale. Une baisse de 20% signifierait que 5 millions de Malagasy ont réussi à sortir de la pauvreté depuis 2014. Avec de tels résultats Madagascar devancerait largement le Rwanda et l’Éthiopie, considérés jusqu’alors comme les champions du développement sur le continent africain».

En tout cas, pour mon esprit simple -mais pas simpliste-, cela signifie que le super ministre se désolidarise de ses compatriotes pauvres qui doivent donc s’estimer heureux et voter Hery vaovao en 2018 «au nom de la continuité». Après avoir lu moi-même l’article intitulé «Hery Rajaonarimampianina: un second mandat au nom de la continuité», je me désolidarise aussi de ce genre de journalisme qui n’est même pas à sensation. C’est de la désinformation propagandiste pure et simple que l’Histoire ne retiendra pas, et le signataire, Niaina H., est vraiment à très mauvaise école. Il est également l’auteur de l’article insultant pour les journalistes doyens du CJD -Club des Journalistes Doyens- («La Ligne de Mire» du 30 novembre 2017). Mais lui, il ne sera jamais inquiété et recevra certainement une prime de bon petit auteur de fiction pour dictateurs décevants.

Mais, au fait, la solidarité c’est quoi exactement? Selon wikipédia, la solidarité est «le lien social d’engagement et de dépendance réciproques entre des personnes ainsi tenues au bien-être des autres, généralement des membres d’un même groupe liés par une communauté de destin». Eh ben dites donc, on est loin, très loin de cette définition à Madagascar, hein. A part la solidarité gouvernementale -qui rend tous les ministres muets et inactifs face aux seuls cataclysmes naturels, attendant des dons qui seront détournés au moindre dos tourné-, il n’y a vraiment rien à se mettre sous la dent dans ce domaine. Enumération de quelques exemples de la Malagasy reality.

Il ne se passe pas une semaine sans que les journaux locaux ne relatent des cas d’expulsion manu militari de Malgaches hors de terrains sur lesquels ils vivaient depuis des décennies. Mais les dirigeants demeurent aveugles, sourds et muets face à cette situation inouïe, mais devenue monnaie courante depuis l’accession de Hery Rajaonarimampianina au pouvoir. Des hectares de terres sont sens dessus dessous du fait d’étrangers, souvent aux yeux bridés, qui envahissent littéralement des villages entiers à travers l’île, pour polluer ensuite l’environnement (les cours d’eau surtout) à la recherche d’or et de pierres précieuses exportés «magiquement», mais tout cela est tout à fait normal pour ce régime Hvm corrompu jusqu’au trognon (eh oui, c’est pour notre pomme). Des dizaines d’étrangers au look bizarre surgissent, venus d’on-ne-sait-où, aux quatre coins de l’île, mais cela n’inquiète aucun dirigeant outre mesure (cela signifie sans prendre la mesure du phénomène). Le prix du riz, aliment de base des Malgaches, atteint des sommes astronomiques pour la majorité des «72%» donc de pauvres (mais ils ne gagnent même pas le prix d’un sac de 50 kilos de riz par mois); la facture de l’eau et de l’électricité (Jirama) grimpe aussi pour les 15% de foyers qui en bénéficient, mais le régime ne s’en soucie guère comme il se fout totalement de l’envolée des prix à la pompe des carburants et autre pétrole lampant. Et le nouvel an 2018 accueillera froidement tout le «fiarahamonina malagasy» avec d’autres hausses en perspective grâce à une Loi de Finances votée les yeux fermés par une bande de députés pas du tout solidaires vis-à-vis de leurs compatriotes.

Ricanons alors plutôt que de rire franchement. Une solidarité pour quelle cause exactement? Désolidarisation plutôt! En effet, lorsque la désinformation émane directement du président Hery, en matière de communauté de destin, c’est une preuve flagrante de désolidarisation vis-à-vis du peuple malgache lui-même. Par ailleurs, l’UE va-t-elle gober longtemps la couleuvre de la «stabilité politique» et de l’«avancée dans le domaine économique» servie, hier, lors du second dialogue politique de l’année 2017, après celui d’Antsiranana en avril? Pour l’heure, l’éternel plat de résistance que constitue la «reconnaissance internationale pleine et acquise» de la communauté internationale, se traduit pour le président au nom le plus long du monde, par l’apport d’argent frais (13, 5 millions d’euros) dans le «basket fund» du Pacem (Projet d’Appui au Cycle Electoral  à Madagascar) destiné à appuyer l’organisation des élections 2018-2019.

Mais la désolidarisation vis-à-vis du peuple malgache est complète (d’où la locution «arriver à son comble») lorsque ce président vraiment pas comme les autres, ose dire que des élections transparentes, inclusives en tout et tout auront bel et bien lieu en 2018 et apporteront une sérénité jamais vécue à Madagascar, après. C’est quoi, alors, cette velléité forcené de toilettage de la Constitution sur laquelle il a prêté serment comme quoi il allait la respecter (donc ni la violer, ni la répudier) comme si c’était la prunelle de ses yeux? Lui-même n’est pas sûr d’être réélu, alors son constitutionnaliste de service, en l’occurrence Jean Eric Rakotoarisoa, lui a concocté un cocktail qui prêterait à sourire s’il n’était pas tout simplement dangereux. Un seul exemple dans l’avant-projet de loi qui a fini par être découvert après des semaines de cachotterie ridicule.

Ainsi, certes, il va respecter l’article 46 et laissera donc sa place à Rivo Rakotovao, président du Sénat et président du parti Hvm, étant donné qu’il accepte de démissionner. Cependant, il est écrit noir sur blanc que s’il ne passe pas après le premier tour, il pourra réintégrer son poste de président de la république jusqu’à la passation avec le nouveau président élu. Eh ben dites-donc, c’est pire que de la désolidarisation çà. C’est se foutre de la gueule du monde entier! Il veut vraiment le beurre et l’argent du beurre au seul nom de « Filoham-pirenena voafidim-bahoaka ». Faites-vous traduire.  Décidément, en quatre ans, on en aura vu de toutes les couleurs (et avalé des tas de couleuvres) avec ce régime Hvm. Et il semble bien qu’à ce rythme, le pire reste à venir, car il est persuadé de sa toute puissance: l’armée dans une main (enfin certaines têtes étoilées seulement), la justice dans l’autre (la HCC surtout) et, comme nerf de la guerre, un trésor amassé au détriment du bien des autres. C’est-à-dire, des autres Malgaches comme eux. Vous connaissez la rubrique «trafics en tous genres» relatés presque quotidiennement par les quotidiens malgaches ?

On va voir, aujourd’hui, ce que compte organiser la représentation du système des Nations Unies à Madagascar pour commémorer cette Journée internationale de la Solidarité humaine 2017. Ailleurs, en tout cas, c’est-à-dire dans les pays démocratiques et respectueux de l’Etat de droit, elle servira à :

  • Célébrer notre unité et notre diversité;
  • Rappeler aux gouvernements de respecter leurs engagements internationaux;
  • Sensibiliser l’opinion publique à l’importance de la solidarité;
  • Encourager le débat sur les façons de promouvoir la solidarité pour réaliser les objectifs de développement durable (ODD);
  • Agir pour encourager de nouvelles initiatives pour lutter contre la pauvreté.

Rien de tout cela à Madagascar où la solidarité gouvernementale elle-même se traduit par un silence assourdissant des ministres directement concernés. Cela fait des tas de mois qu’un ministre a osé s’exprimer pour défendre son département. Tout est accaparé par Mister President elect qui s’illusionne au fil des jours et applique avec une méthodologie extraordinaire la méthode Coué. Qu’est-ce que le «vahoaka malagasy» peut faire, face à tout cela, sinon prier plus encore en cette semaine sainte, afin que 2018 soit l’année de la fin de ses souffrances. Quand et comment? Les voies du Seigneur sont insondables, mes amis, mais Il y travaille, mine de rien.

Jeannot Ramambazafy

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