La Gazette de la grande ile

Neuf militaires noyés: Bien sûr, personne n’est responsable !

Publié le 20 décembre 2017

Véritable tragédie pour l’Armée, et peut-être même pour la nation, avec le décès de neuf militaires, samedi à Ambinanitromby, dans le district d’Ikongo. Il s’agit de six militaires, de deux gendarmes et d’un policier envoyés en renfort pour pacifier le chef-lieu de district, secoué par des émeutes. Ils faisaient partie d’un détachement transporté dans des camions de l’Armée. Au lieu-dit Ambinanitromby, le véhicule des victimes s’est engagé sur un radier malgré des eaux montantes et un courant violent. Une initiative hasardeuse et même imprudente donc. Au milieu des flots déchaînés, le véhicule est sorti de la voie et a basculé dans le torrent. Neuf éléments ont péri noyés tandis que vingt-et-un autres ont survécu.

Le régime minimise l’affaire et n’en fait que peu de cas. Il est vrai que sa responsabilité est engagée et il tente de ne pas se faire trop éclabousser. Un gros contraste donc entre le tam-tam de la propagande sur les « réalisations », et ce drame de grande ampleur que l’on s’efforce de passer sous silence. Le régime politique et l’Armée, complices dans la répression des libertés démocratiques, n’entendent pas être malmenés dans l’affaire. D’autant que le chef suprême des forces armées étant le président de la République, cet « incident » est particulièrement indésirable à l’approche de 2018…

C’est que l’affaire met en évidence les insuffisances et les incompétences dans une Armée coachée par le chef suprême. L’envoi de renforts était une opération militaire, mais il a été mal préparé et n’a pas été conduit selon les règles. Désireux avant tout de ramener l’ordre et la stabilité dans les meilleurs délais, la hiérarchie a donné l’ordre du  « marche ou crève », c’est-à-dire de gagner la destination par tous les moyens et le plus rapidement possible. Résultat : des mesures de précaution, de rigueur dans ce genre d’opération, ont été omises. En avant du convoi par exemple, il n’y eut pas de reconnaissance qui aurait pu relever les dangers de l’itinéraire. Et le concours des habitants du pays n’a pas été sollicité pour s’assurer de la sûreté des ponts et radiers par exemple.

On mettra en doute encore une fois la valeur opérationnelle de notre Armée, et le niveau de l’instruction dans les centres de formation. De grosses erreurs tactiques ont coûté la vie à ces neuf militaires, mais gageons que dans la chaîne de commandement, qui a commis cette bourde, des généraux et des colonels ont figuré dans le tableau d’avancement de la semaine dernière… Il est vrai que le chef suprême des Armées se soucie avant tout de saupoudrer des gratifications chez les officiers, sans guère tenir compte des mérites et des qualifications… On notera que le convoi, étant appelé à traverser des cours d’eau des marais et des marécages en saison des pluies,  le commandement aurait dû sélectionner pour la mission des éléments qui savaient nager. Vu le bilan, tel n’a pas été le cas…

En tout cas, les gros bonnets du régime et les chefs de l’Armée ne se sont pas rendus  sur les lieux de l’accident contrairement à l’usage. Pas d’hommage aux décédés donc, ni de condoléances aux familles, les sans-grades n’étant que de la chair à canon.  Personne non plus ne veut porter la responsabilité du drame, et personne ne démissionnera. Il est vrai que cela ne se fait pas sous ce régime où tous les gros bonnets, civils ou militaires, s’agrippent à leurs postes et ne veulent les abandonner sous aucun prétexte. Il est vrai aussi que dans l’Armée, la démission doit être approuvée par l’autorité hiérarchique.  C’est-à-dire jusqu’en haut de la pyramide, mais le chef suprême ne veut certainement pas se plier à cet exercice. Car ce serait reconnaître sa propre responsabilité dans le drame. Ailleurs, des familles auraient intenté un procès pour « mise en danger de la vie d’autrui »…

Au cas où on reprocherait à l’Armée des manquements ou des négligences dans la tragédie d’Ikongo, le chef suprême a certainement déjà lancé l’ordre suivant aux officiers : « Couchez-vous ! ».

                  Adelson RAZAFY

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