La Gazette de la grande ile

Policiers non payés: Grave mécontentement !

Publié le 21 décembre 2017

9.782 fonctionnaires n’ont pas perçu leur solde. Parmi eux, on dénombre plus de 5.800 policiers. Ces derniers sont déçus et mécontents. Leur colère est si forte qu’ils n’hésitent pas à sortir de leur obligation de réserve. Ils descendraient volontiers dans la rue, mais ils ne sont pas autorisés à le faire en raison de leur statut particulier. La situation est gravissime. Comment expliquer cette défection des autorités vis-à-vis du règlement du solde des policiers, en cette fin d’année, à l’approche des élections et alors que l’insécurité atteint des pics ? D’après certains observateurs, la responsabilité incombe au Ministère des Finances et du Budget qui se réfugie derrière l’excuse facile de l’installation d’un nouveau logiciel. Dans sa chasse aux fonctionnaires fantômes, ce Ministère se trompe de cibles et s’expose à des recours pour excès de pouvoir. Certains policiers en exercice qui ne travaillent pas continuent à percevoir une rémunération en toute impunité, tandis que les policiers qui travaillent dur sont sanctionnés en raison d’une question de déclaration qui ne relève pas de leur responsabilité. Au nom de la bonne gouvernance, l’Etat ne devrait pas encourager l’injustice. Pour d’autres observateurs, le non paiement du solde des policiers est la conséquence d’un recensement effectué par le Ministère de la Police. Le résultat de ce comptage est controversé car des milliers de policiers qui étaient pourtant en poste lors du recensement, et qui le sont encore, ne perçoivent pas leur rémunération. Il est utile de préciser que des policiers de grade élevé sont également touchés par cette suspension de solde. Pour d’autres observateurs encore, ce défaut de paiement s’explique par le fait que les caisses de l’Etat sont vides. Cette situation n’est pas inédite mais elle est mal accueillie par les policiers qui ont l’habitude d’être payés en temps et en heure, contrairement aux autres corps de fonctionnaires. Consignés pendant les fêtes de fin d’année, les policiers vont risquer leur vie chaque jour pour défendre les citoyens et leurs biens. Pourquoi veut-on réduire à néant le moral et la motivation des policiers en ne leur versant pas leur solde et leurs indemnités en cette veille de fêtes ? Le régime ne peut pas prétendre assainir le milieu de la police en ne payant pas convenablement ses agents après service fait. Après les policiers, les gendarmes et les militaires se demandent s’ils vont connaître la même déconvenue. C’est à se demander s’il n’y a pas une volonté politique délibérée d’entretenir le climat d’insécurité car un policier qui n’est pas payé n’a pas d’autre choix que de trouver d’autres sources de revenus. C’est humain. Même non rémunéré, il reste armé et peut devenir inhumain.

Ranary et Folojaona

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