La Gazette de la grande ile

Dans le Sud : des massacres à n’en plus finir…

Publié le 21 décembre 2017

Hallucinant le récit fait par le colonel Théodule Ranaivoson, chef du groupement de la Gendarmerie nationale dans l’Anosy (Fort-dauphin). Sur radio Antsiva, l’homme a narré l’attaque massive faite par divers détachements de l’Armée et de la Gendarmerie contre les dahalo au lieu dit Ambindimahery (district de Bekily), la semaine dernière. Usant d’un hélicoptère qui a pris par surprise les dahalo, 127 bœufs ont été récupérés et remis à leurs propriétaires.  Ce qui fut terrifiant, ce fut le survol par hélicoptère, en appui aux éléments au sol, lors duquel des mitraillages furent opérés à partir de l’appareil. Les accrochages et les ratissages, de l’avis du colonel, ont coûté la vie à des dizaines de dahalo. Selon le reporter radio qui a eu un entretien préalable avec l’officier, entre 20 et 30 dahalo ont péri dans l’action. Interrogé à l’antenne, l’officier s’est montré plus circonspect, évoquant une opération faite «dans un cadre réglementaire et légal », et a fait état de 10 dahalo tués, « ainsi que d’autres qui sont tombés dans l’eau et que l’on n’a pu compter ».

On se réjouira de ce genre d’action percutante qui est de nature à faire reculer le phénomène dahalo. Ce dernier en effet prospère et conduit progressivement à la disparition du zébu, fleuron de la culture malgache. On émettra néanmoins des réserves quant aux méthodes des forces de l’ordre, notamment le mitraillage des dahalo à partir d’un hélicoptère. En situation de guerre, la convention de Genève déconseille ce genre de procédé. Surtout car dans ces conditions, il est difficile de distinguer les militaires des civils. Les forces de l’ordre malgaches, elles, mitraillent des civils et indistinctement. Car à partir de cette position élevée, comment savoir si un tel est dahalo ou pas ?

Des massacres à n’en plus finir, en tout cas, et qui désolent que l’on soit ou non défenseur des droits de l’homme. Car dans l’affaire, il y a de réels abus qui ne font pas honneur à notre Armée. Rappelons le rôle des forces de l’ordre qui est d’ailleurs prescrit par leur déontologie : dans la mesure du possible, appréhender les malfaiteurs et les remettre entre les mains de la justice. Comme le retour des djihadistes qui ont combattu dans les rangs de Daesh, ont craint le retour de ces cow-boys habitués à faire des cartons dans le Sud. Notamment en 2018 où, en raison des manœuvres du régime, des manifestations de masse pourraient voir le jour pour contester les résultats. Poussés par une hiérarchie militaire acquise au régime, ces cow-boys ne vont-ils pas rééditer en ville leurs exploits de la brousse ? C’est-à-dire mitrailler les gens à partir d’un hélicoptère. Le 10 août 1991 déjà, on a vu des militaires jeter des grenades dans la foule des manifestants à partir d’un hélicoptère…

A.R.

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