La Gazette de la grande ile

Hausse de l’électricité: Le GEM conteste énergiquement !

Publié le 22 décembre 2017

«Non ! » Adepte du dialogue, le GEM (Groupement des Entreprises de Madagascar) est d’autant plus en colère que c’est la première fois que l’Etat casse une tradition vieille de 15 ans. Par la voix de sa présidente, Noro Andriamamonjiarisoa, ce groupement a notamment exprimé publiquement sa contestation contre la récente hausse de 15 % des tarifs de la Jirama.

« Les augmentations de tarifs de la Jirama ont toujours fait l’objet de discussions au sein de l’Office de régulation de l’électricité. Et depuis 15 ans environ, il a été convenu de préserver un tarif industriel pour préserver le secteur productif. Ce qui n’a pas été le cas lors de la dernière augmentation de 15 % appliquée à tous les secteurs. Quelles que soient les raisons des augmentations programmées, il faut tenir compte de cet aspect essentiel. », a-t-elle déclaré avant de conclure qu’« on a déjà protesté à différents niveaux. Il y a le dialogue public privé où je suis certaine que mes collègues ont protesté, mais on attend les résultats ».

En tout cas, le GEM comme l’ensemble du secteur privé et tout le public d’ailleurs, espèrent plus que jamais que le dialogue avec l’Etat soit institué pour de bon au bénéfice du pays et de tout un chacun. Certes, le dialogue entre le public et le privé est déjà institué, mais parfois, sinon souvent, l’Etat en fait à sa guise.

C’est ainsi qu’on doit féliciter le GEM d’avoir organisé la rencontre économique de mardi soir au Colbert où on a pu discuter des sujets d’actualité aussi importants que le taux de changes et l’avenir d’Air Madagascar en particulier ainsi que des perspectives économiques en général.

Nourrissant un débat qui n’existe pratiquement pas à Madagascar, c’était ainsi l’occasion de comprendre le douloureux glissement de l’ariary, le taux de change et le résultat de l’équilibre entre l’offre et la demande de devise sur le marché de changes, a réitéré le gouverneur de la banky foiben’i Madagasikara, Alain Rasolofondraibe. Structurellement déficitaire, notre commerce extérieur ne peut pour le moment financer nos importations. Revenir à un taux de changes fixe pénaliserait pourtant gravement la compétitivité de nos exportations et toute notre économie qui souffre par ailleurs d’un taux d’inflation supérieur de  6% par rapport à celui de nos pays partenaires comme la Chine, les Etats-Unis, l’Union Européenne. Devra donc t-on s’attendre à une dépréciation progressive et continuelle de l’ariary ?

Toujours est-il que si le peuple malgache est en train de vivre douloureusement les effets de la chute de l’ariary par rapport aux autres devises, les perspectives du FMI sont plutôt optimistes. Dans le programme  2017-2018 qui vient d’être approuvé par cette institution, le taux de changes estimé est de 4440 ariary pour un DTS (Droits de Tirage Spéciaux) contre 4540 actuellement. A défaut d’une baisse importante, on est donc au moins assuré que l’ariary ne continuera pas dans la dégringolade.

Cette soirée, la troisième fois organisée par le GEM, comble un vide sur le plan des débats et simplement de l’information dont a besoin le public et les politiques. Doit-on s’étonner si en presque 40 ans de programme à Madagascar, le FMI et la banque mondiale ne sont pas toujours compris à Madagascar ?

Sa

 

 

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