La Gazette de la grande ile

Madagascar: Crève de Noël 2017 !

Publié le 23 décembre 2017

Dans la Grande île de l’océan Indien, il faudrait vraiment être un sacré con pour oser, en cette veille de la Nativité 2017, prononcer la formule consacrée «Joyeux Noël!» («Mirary Krisimasy Sambatra»). Le faire, c’est pénétrer dans le domaine du sarcasme («fanesoana») émanant d’une poignée de privilégiés qui peuvent se permettre de parler de «trêve», à l’instar de ces sacrés Solombavambahoaka assurés par la perspective d’une prochaine session extraordinaire à l’Assemblée nationale, financée par les contribuables et les fonctionnaires non fantômes.

Ainsi donc, après demain, 25 décembre 2017, c’est l’anniversaire de la naissance du Sauveur pour les croyants monothéistes (Juifs et Chrétiens – catholiques, protestants, anglicans, luthériens, etc. surtout). Il s’agit de Jésus Christ, dénommé aussi le Fils de l’Homme qui avait été consacré Super Star dans une revue scénique musicale outre-Atlantique. Il faut avouer qu’il fait gagner de l’argent, mine de rien. Allez sur l’avenue de l’Indépendance à Antananarivo, vous verrez. Mais la majorité ne pourra même pas payer à leur nombreuse progéniture, un tour de ces innombrables manèges qui y ont poussé comme des champignons. Cependant, lundi prochain, tous les édifices cultuels seront pleins à craquer de fervents croyants endimanchés «made in China», dont beaucoup se sont endettés pour être présentables dans la maison du Seigneur, qui, cette fois-ci peut-être, entendra leurs cris de détresse par rapport à leur quotidien précaire en mode survie. Et en attendant, via la quête («rakitra»), ils devront casquer une ou même deux fois.

Mais la naissance de l’Enfant-Jésus, c’est surtout la fête des enfants justement. Seulement, et on ne sait vraiment pas pourquoi, la Première Dame, Voahangy de son prénom, a privilégié la quantité à la qualité. En effet, de 10.000 à la Noël 2016, le nombre d’enfants malgaches qu’elle entend «chouchouter» cette année, va passer à 23.000. Malheureusement, chacun n’aura droit qu’à un paquet de biscuits et une petite bouteille d’eau minérale. Where are the toys? La crise est aussi passée dans le porte-monnaie de Mme Rajaonarimampianina II (ben oui, il y a eu Claudia avant elle), sans doute? Pourtant je vous jure qu’elle est milliardaire (en ariary tout de même) à ce qu’On dit. Il est fort cet «On» insaisissable… Mais vu le temps d’attente de ces enfants sous un soleil de Satan, il serait faux de croire que leurs parents voteront pour le mari de la dame, même première.

Par ailleurs, pourquoi faire deux poids deux mesures? Pour les «simples» Malgaches d’Antananarivo et ses environs, elle n’a pas daigné être présente physiquement. Mais pour les familles de militaires, gendarmes et policiers, c’est elle-même, hier, qui les a accueillies au palais d’Etat d’Iavoloha. Là, il y a eu des «paniers garnis» tout de même. Une manière de faire de la compensation, sans doute? En effet, grâce à un système informatique pourri -qui annonce ce que seront les résultats des élections à venir-, en cette veille de Noël et de fin d’année, en un claquement de doigts, 9.782 fonctionnaires dont 5.800 policiers (incroyable mais vrai!) n’ont pas reçu leur salaire. C’est, paraît-il, le début des résultats de la chasse aux fonctionnaires fantômes. Le Père Noël 2017 serait-il, effectivement, une ordure? Attention, c’est le titre d’un film français, sorti en 1982, avec l’équipe des Bronzés: Christian Clavier, Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Josiane Balasko et Marie-Anne Chazal.

Lorsque tout a augmenté à une vitesse grand V; que l’insécurité est devenue très mortelle; que plus personne, dans l’administration publique, ne se soucie guère de la veuve et de l’orphelin en matière de protection sociale, sanitaire et environnementale, que certains de leurs dirigeants sont aussi méprisants que méprisables dans leur comportement, beaucoup de Malgaches, avec la perspective de grosses pluies, vont aussi attraper la crève à Noël. Oui, car au nom du régime Hvm et/ou des projets présidentiels, beaucoup ont été expulsés sans état d’âme et manu militari de leur taudis où ils survivaient depuis des dizaines d’années. A présent, c’est le néant pour eux jusqu’à en maudire le Créateur. Chose à ne pas faire en aucun cas. Dieu est à l’écoute et il nous apprend qu’il y a un temps pour chaque chose et chaque chose en son temps. Les coupables de cette situation seront châtiés, tôt ou tard, par et pour ce qu’ils ont fait à leurs compatriotes. C’est écrit.

Mais il faut attendre. J’ai vraiment la sale impression que, depuis l’ère Ratsiraka, les Malgaches ont passé, passent et passeront leur vie à attendre. Quoi ou qui? I dont know. Mais il faut dire aussi que l’être humain est un éternel incorrigible et, arrivé à un poste privilégié grâce à d’autres, il se comporte comme s’il était Dieu en personne. Ont-ils oublié, là-haut dans les palais terrestres, que son Fils est né dans une étable et non dans un palais, justement? Mais qui de nos jours suit scrupuleusement les 10 commandements? Or, çà ne rate pratiquement jamais: ce n’est qu’après s’être cassé la figure que le simple mortel se rappelle que Dieu et ses lois existent. Tout de même… A Madagascar, le 25 décembre 2017, on verra plusieurs dirigeants de ce régime Hvm en perdition, aux premiers rangs d’églises chrétiennes et même pas chrétiennes. Que feront-ils là, alors que dès janvier ils vont toiletter la loi fondamentale qu’est la Constitution?

J’admire le «sang-froid» qu’aura celui qui a prêté serment, un certain 25 janvier 2014 comme quoi il allait respecter la constitution comme si c’était la prunelle de ses yeux. Le 25 décembre 2017, il sera dans une église, assurément Fjkm, l’air recueilli alors qu’il a maintes fois violé cette constitution et il a la ferme intention d’en changer une partie pour son avantage personnel. Un proverbe malgache dit: «Miangona alahady, mangalatra akoho alatsinainy». Cela signifie aller à l’église, aller prier le dimanche, et voler une poule, un poulet le lundi d’après. Le clair-obscur de l’identité malgache, traduisant à la fois une demande de pardon et de bénédiction pour une minable histoire de larcin pour gagne-petit sans avenir. Malheureusement, c’est l’avenir, le devenir de tout un pays, de tout un peuple, qui est en danger à cause d’un usage débridé du pouvoir amenant forcément et finalement à l’usure de ce même pouvoir.

Si l’on se réfère à l’Histoire et aux exemples vécus en Afrique, ce régime Hvm aura une fin abrupte et très douloureuse pour lui. Au fait, comment sait-on qu’un pouvoir arrive à sa fin, qu’il est usé ? Place à l’analyse de Paul Tellier, avocat, professeur et gestionnaire québécois, qui a bien connu les coulisses du pouvoir de son pays durant des décennies. «L’usure se manifeste d’abord par l’arrogance et l’essoufflement du discours. À la longue, le simple citoyen qui lit son journal, il vient usé d’entendre les mêmes choses. La crédibilité s’effrite, disparaît, parce qu’il y a des promesses brisées. Cette perte de confiance est aussi ressentie à cause de scandales à répétition impliquant et/ou éclaboussant des gens proches du pouvoir. Enfin, si l’usure du pouvoir permet l’alternance démocratique, un gouvernement issu de faibles appuis populaires inquiète au plus haut point». En résumé, et pour le cas de Madagascar, axé sur l’analyse de Paul Tellier, après 4 ans de pouvoir, tous les signes de l’usure sont révélés: l’arrogance, la perte de crédibilité et le non-renouvellement des troupes (nomination de personnages -ministres- pourtant limogés auparavant: Henry Rabary-Njaka, Harry Laurent Rahajason, Beboarimisa Ralava, Charles Andriamiseza…).

Le pire reste donc encore à venir, dès janvier 2018. Je ne fais pas me répéter à l’heure mais je rappelle que l’euro a déjà dépassé le seuil des 4000 ariary car d’anciens billets tout neufs sortent de la Banque centrale… Aussi, souhaiter un «Joyeux Noël» n’est pas seulement un non-sens mais c’est vraiment une insulte pour la majorité des Malgaches qui va encore se faire martyriser sous les yeux complices du regard imperturbable des représentants diplomatiques résidant à Antananarivo, devenue la Capitale des Mille saletés, des Mille magouilles immobilières.

Noël 2017 ? Crève… Une explication s’impose ici. Primo, crever, en argot français, est synonyme de mourir. Secundo, attraper la crève veut dire  prendre froid, tomber malade. A plus ou moins longue échéance donc c’est la mort assurée. Mais à Madagascar c’est devenue très rapide depuis l’accession du candidat n°3 de décembre 2013 à la magistrature suprême. Et il a vraiment l’intention de rempiler. C’est le moment de prier de toute notre âme et de se demander ce qu’on a fait au Bon Dieu tout en lui demandant pardon, même pour les choses qu’on n’a pas commises. Pour les gens de la rue, « Krisimasy » est plus que jamais devenu « Krizy mafy ».

Jeannot Ramambazafy

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