La Gazette de la grande ile

Nouveaux ambassadeurs: Les ratsirakistes en force !

Publié le 30 décembre 2017

Après la nomination du médecin Alain Tehindrazanarivelo comme ambassadeur de Madagascar à Addis-Abeba auprès de l’Ethiopie et de l’Union africaine, c’était jeudi le tour de la pianiste Mireille Rakotomalala, désignée ambassadeur au Japon. On a affaire à un régime lourd et lent qui ne nomme des ambassadeurs qu’au bout de quatre ans de mandat, et qui va donc accélérer les désignations lors de l’ultime année. Le régime manque de personnalités d’envergure, ce qui explique le retour des limogés au gouvernement, comme Ralava Beboarimisa ou Henry Rabary-Njaka. Afin de pourvoir les postes d’ambassadeur, il est donc contraint de puiser dans les autres mouvances. Ainsi les deux premiers nommés sont des ratsirakistes qui ont déjà siégé dans les hautes sphères. Leurs compétences ne sont pas en cause, si on se réfère notamment à leurs CV. Néanmoins, un passage de leurs parcours suscite de la défiance ou même des préventions, l’un et l’autre donnant l’impression d’être des «loosers». C’est-à-dire qu’ayant échoué de façon retentissante dans leurs fonctions, ils traînent une réputation de perdant… Si la poisse persiste dans les postes accordés récemment, on parlera de …ratés.

Conseiller technique du ministre de l’Enseignement supérieur Sydson Joseph, puis secrétaire général de ce ministère, Alain Tehindrazanarivelo fut par ailleurs sous Didier Ratsiraka le conseiller spécial du gouverneur de la province autonome de Mahajanga Razafindehibe Etienne. A ce dernier poste notamment, quand survint la crise post-électorale de 2002, il compte parmi  les hauts responsables qui ont défendu becs et ongles le régime Ratsiraka. A Mahajanga par exemple, ces derniers ont érigé les barrages « génocidaires » sur la RN4 destinés à affamer la capitale, celle-ci s’étant rangée derrière le candidat Marc Ravalomanana. A la tête de l’Armée locale (dite Emmo-Far), ces derniers ont également dirigé la sévère répression contre les pro-Ravalomanana de Mahajanga, et on se contentera de dire qu’il y eut dans ces opérations vaguement tribalistes des morts et des blessés. Les  factions pro-Ravalomanana de l’Armée ayant finalement pris  le dessus, ce fut la débandade chez  les ténors pro-Ratsiraka, Alain Tehindrazanarivelo s’étant enfui en France. Un épisode peu glorieux donc, d’autant plus que son supérieur, le gouverneur Razafindehibe Etienne, est resté stoïquement à son poste et fut arrêté puis condamné…

Pianiste de renom international jusque-là, Mireille Rakotomalala entra en politique aux élections législatives de 1993, comme n°2 de la liste de Rakotovao Razakaboana, pro-Ratsiraka notoire qui fut ministre de l’Economie de l’amiral puis conseiller suprême de la Révolution. Ce dernier fut élu, mais décéda peu après en 1994, et laissa son siège de l’Assemblée nationale à la pianiste. Bien que ne s’étant pas beaucoup distinguée dans l’hémicycle, Mireille Rakotomalala fut nommée ministre de la Culture en octobre 1995.  Celle-ci aurait dû sentir le vent mauvais qui soufflait sur la conjoncture politique, notamment les rumeurs accompagnant la nomination du Premier ministre Emmanuel Rakotovahiny, autre côtier à la tête de l’exécutif aux côtés du Pr Zafy Albert. Ou les commentaires liés à l’ascension de l’ex-Premier ministre Guy Razanamasy, noble de la caste des Andriamasinavalona. En tout cas, élu maire de Tana-Ville le 5 novembre 1995, Guy Razanamasy vit le palais de la Reine et tous les bâtiments historiques de l’esplanade royale flamber le lendemain 6 novembre. Y eut-il un lien entre les deux évènements ? On ne le sait, mais on reprocha à Mireille Rakotomalala son manque d’anticipation. Elle aurait dû par exemple prendre des mesures pour préserver ces bâtiments historiques de l’incendie, comme la pose d’extincteurs à CO2 et de robinets anti-incendie de forte pression. Ou l’élaboration d’un plan pour sauvegarder les monuments et les pièces historiques de la collection de la destruction par les flammes. En tout cas, le feu s’étant déclaré hors de l’esplanade du Rova, il n’y eut ni alerte ni intervention pour éteindre l’incendie naissant… Mireille Rakotomalala redevint brièvement ministre de la Culture en 2010, et quitta ce poste en mars 2011. La couronne de Ranavalona I, sauvée de l’incendie, disparut  du musée le 3 décembre suivant. Si la dame, instruite par sa mésaventure de 1995, avait mis en place un plan de sauvegarde du patrimoine historique, le vol n’aurait peut-être pas eu lieu…

On a donc affaire à deux personnalités aux antécédents plutôt fumeux. Raison pour laquelle nous n’avons pas accueilli leur nomination avec …chaleur.

                  Adelson RAZAFY

 

 

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