La Gazette de la grande ile

EDITO: Célébration du 56ème anniversaire de la Cour Suprême

Publié le 03 janvier 2018

Une cérémonie grandiose qui a vu la présence du Président de la République à la cour suprême d’anosy avant les vacances judiciaires est à marquer dans les annales. Le président du tribunal de première instance d’Antananarivo  a reconnu publiquement que les récriminations et réprobations à l’endroit de la magistrature ne sont pas forcément illégitimes. Le Procureur Général de la Cour Suprême lui a emboîté le pas en énumérant les maux qui minent le secteur de la justice « cupidité, partialité, passivité voire l’indifférence, incompétence et toutes formes de discrimination ».

Les justiciables étaient heureux d’entendre enfin la vérité sortir de la bouche des magistrats car les mêmes justiciables n’en peuvent plus d’entendre des magistrats prétendre que tout va bien, que les esprits chagrins qui jettent l’opprobre sur la magistrature sont ceux qui ont perdu un procès ; les mêmes justiciables n’en peuvent plus d’entendre les magistrats s’insurger quand on critique l’incompétence et la corruption ainsi que le corporatisme qui minent ce corps. Les justiciables ne peuvent que s’insurger car pour pouvoir changer, pour pouvoir espérer un changement encore faut-il que les magistrats reconnaissent les maux qui minent ce corps et qui existent réellement, qui ne relèvent pas du mythe. La Garde des Sceaux ministre de la justice Rasolo Élise a, dans son discours, sommé ses pairs magistrats de « changer de mentalité et de laisser les pratiques qui ternissent l’image de la justice ». Que cet appel soit enfin entendu, que ce corps important dans un pays et ses membres ne se contentent pas de bomber le torse et de rappeler leur pouvoir mais qu’ils agissent enfin pour être respectables.

C’est à cette seule et unique condition seulement qu’ils pourront avoir l’assentiment des justiciables quant à leur revendication d’indépendance car, et on ne le dira jamais assez, l’indépendance de la justice commence d’abord par l’indépendance des juges, leur aptitude à être indépendant et dire non aux pressions et interventions, leur aptitude à être indépendant et à servir la justice dans tous les endroits de Madagascar où il y a des tribunaux et non commencer et finir leur carrière dans la Capitale.

Claude Rakelé

 

 

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