La Gazette de la grande ile

Menaces de Marc Ravalomanana: Faut-il y croire ou en douter ?

Publié le 03 janvier 2018

Marc Ravalomanana vient de déclarer que l’éventuel refus de sa candidature pourrait entraîner une nouvelle crise politique. Si ce n’est pas une menace, Dieu que cela y ressemble. On est à la limite de la déclaration de guerre. Le statut d’ancien Chef d’Etat de Marc Ravalomanana ne l’autorise pas à tenir des propos belliqueux et donc subversifs. Marc Ravalomanana, qui a pillé Madagascar durant son mandat et qui a commandité des crimes de sang le 7 février 2009, doit payer pour ses actes. La traduction politique de sa condamnation pénale est son inéligibilité à toute fonction élective. Un mandat public n’est pas compatible avec une condamnation pénale et c’est très bien ainsi. La perspective d’une inéligibilité est inacceptable pour Marc Ravalomanana et inenvisageable pour ses partisans. Orphelins, ces derniers ont obtenu le retour de Dada. Pourtant, Dada ne pouvait pas se contenter d’un simple retour. Il est revenu pour reprendre le pouvoir perdu. Cependant, la loi est la loi et Marc Ravalomanana n’est plus au-dessus des sanctions prévues par la loi. Il a le droit de ne pas être d’accord avec son éventuelle exclusion et sa seule issue est d’épuiser les recours juridiques. S’il met à exécution sa menace de causer une nouvelle crise politique, il sera poursuivi et puni pour troubles à l’ordre public et atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, conformément à la loi. Toutefois, on peut émettre des doutes sur la volonté réelle du régime de mettre Marc Ravalomanana hors d’état de nuire. Si c’était le cas, le fondateur de Tiko serait derrière les barreaux depuis longtemps. La menace de Marc Ravalomanana de troubler l’arène politique, si sa candidature est écartée, constitue peut-être une mise en scène théâtrale organisée conjointement avec le régime pour permettre à ce dernier de gagner du temps. En effet, la survenance de troubles politiques anarchiques serait l’excuse rêvée pour justifier le report sine die des échéances électorales. Une telle entente des plus perverses serait risquée pour le régime qui s’attirera les foudres des opposants et d’une partie de la population et de la communauté internationale. Qu’est ce que Marc Ravalomanana aurait à gagner à conclure un tel arrangement ? Obtenir une amnistie formelle et officielle pour lui-même? Conserver la mairie de la capitale pour son épouse? Négocier un nombre accru de ministres TIM au sein du prochain gouvernement ? Tout est possible en politique, mais l’hypothèse la plus probable reste que Marc Ravalomanana souhaite redevenir, à tout prix, Président de la République, quitte à faire un forcing et à mettre le pays à feu et à sang. Marc Ravalomanana a perdu le pouvoir parce qu’il méprisait la loi. Malgré tout, il doit comprendre qu’il ne peut pas se lancer à la reconquête du pouvoir en piétinant le droit.

Ranary et Folojaona

 

Lire aussi