La Gazette de la grande ile

Affaire Houcine Arfa: Madagascar ridiculisé !

Publié le 08 janvier 2018

L’affaire Houcine Arfa prend de grosses proportions en France et en arrive à passionner le grand public. Au départ, l’épisode a été révélé par les agences de presse et Radio France Internationale. Aujourd’hui, et à la faveur des interviews que l’intéressé accorde, l’affaire est reprise par les journaux et magazines à forts tirages. L’engouement actuel pour le récit de cet évadé ne se fait pas à l’avantage de Madagascar… Hocine Arfa est cet ancien légionnaire français (d’origine nord-africaine) recruté par le palais d’Iavoloha pour former la garde présidentielle. L’homme a même entretenu des relations privilégiées avec le président Rajaonarimam-

pianina, puis l’idylle a tourné court. Accusé de détention illicite d’armes à feu et de tentative de kidnapping, entre autres, il fut emprisonné à Antanimora puis à la prison de haute sécurité de Tsiafahy. S’étant porté malade, il fut transféré dans un hôpital et profita de la garde relâchée pour s’évader. Traversant toute la moitié de l’île sans être interpellé, il parvint sur la côte nord-ouest où il prit un canot à moteur pour l’île de Mayotte. De là, il gagna la France et donna un gros retentissement à son cas en approchant les agences de presse.

L’engouement actuel pour Houcine Arfa est à rapprocher de la passion que les Français témoignèrent en 1969 pour les aventures de Henri Charrière dit Papillon. Il s’agit de ce bandit condamné pour meurtre et envoyé au bagne de Guyane pour purger sa peine. L’homme s’évada au moyen d’un radeau lesté d’une voile et a refait sa vie en Amérique du Sud. Son crime ayant été prescrit, il revint en France et raconta ses aventures rocambolesques dans le livre intitulé « Papillon » qui, en 1969, devint un énorme succès de librairie. Actuellement, si l’odyssée de Houcine Arfa accroche, c’est un peu grâce à la conjoncture insouciante des fêtes de fin d’année. Les Français, désoeuvrés, découvrent avec ravissement ce récit où le héros fait montre d’audace, d’inventivité et de panache. Mais les Malgaches de France sont consternés par cet épisode bruyant qui fait de la mauvaise publicité pour Madagascar. Sur les réseaux sociaux notamment, ils se déclarent navrés par  cette affaire qui ne fait pas la part belle à leur pays, et dénoncent les autorités de l’île qui sont à l’origine de toute l’affaire.

Mais au pays, on n’est pas moins atterré par cette gaffe qui écorne gravement l’image de l’île. Il est vrai que l’affaire était mal engagée et on est stupéfait de la légèreté et de l’imprévoyance manifestée dès le départ par le palais d’Iavoloha. Pour former les militaires de sa garde, et certainement aussi pour la protection rapprochée de Hery Rajaonarimampianina, Iavoloha s’est adressé à un mercenaire avec ce que cela comporte d’incertitude au niveau de la loyauté. Car ce genre de barbouze, appâté surtout par le gain, se donne au plus offrant. Est-ce pour cette raison qu’il s’est retourné contre Hery Rajaonarimampianina ? On ne le sait, mais le public a été frappé par le paravent pare-balle érigé devant le couple présidentiel lors du défilé militaire du 26-Juin, pour se prémunir contre les agissements de Houcine Arfa. Il aurait pourtant été plus simple et plus sûr de s’adresser aux autorités françaises, plutôt qu’à un service paramilitaire privé par définition imprévisible. L’évasion de ce mercenaire a aussi mis en évidence les failles du dispositif national de sécurité, ainsi que la corruption qui affecte tous les compartiments de la vie nationale.

A l’étranger également, l’arriération de notre système pénitentiaire a été divulguée par Houcine Arfa, avec notamment des prisons qui ressemblent à des camps de concentration où les sévices et la torture ne sont pas absents. On arrêtera là les atteintes à l’image de notre pays, provoquées par cette fuite médiatisée. Dans l’affaire, il ressort que nos dirigeants font montre de légèreté et d’amateurisme et passent pour des gens faciles à berner. On plaindra, en tout cas, les Malgaches, au pays ou à l’étranger, plongés dans la honte par cette affaire qui donne de Madagascar l’image d’une  République bananière. Déjà attristés par les dévastations du cyclone Ava, ils sont en raison de l’épisode Houcine complètement… catastrophés.

                  Adelson RAZAFY

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