La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE: Trois candidats privés de la confiance du pays

Publié le 12 janvier 2018

Ava Gardner vedette du cinéma américain, naît le jour du réveillon de Noël en 1922. Très séduisante jeune  fille, elle est remarquée par un producteur de la MGM. En 1941, elle signe un contrat et s’envole pour Hollywood et devient une actrice très célèbre. Elle fera  le bonheur des cinéastes en jouant dans plusieurs titres fameux et avec des acteurs comme Burt Lancaster, Gregory Peck et Charlton Heston. Contrairement à cette séduisante beauté, AVA  cette furie venue récemment de l’Océan Indien n’avait apporté à la population de notre île que  sinistre et désolation et détruisant tout sur son passage. « A l’échelle nationale, le bilan provisoire fait état de 29 décédés, 22 portés disparus, 17.170 personnes déplacées et 83.023 sinistrés », a indiqué le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) dans un communiqué » Déjà embourbé déjà  dans ses problèmes de la mauvaise gestion le régime s’imagine à tort que les observateurs qui constatent les défaillances épisodiques des décideurs dans ces moments dramatiques des calamités naturelles  auraient tendance à imputer « à l’État des catastrophes naturelles que nul pouvoir humain n’est en mesure d’éviter. » Souvent obnubilés par les contraintes tactiques et  bassement politiciennes de la recherche effrénée d’une longévité politique, les responsables centraux oublient pratiquement qu’administrer c’est prévoir. Pris de court  par les  caprices  de  dame nature, ils sont réduit à jouer au cas par cas les secouristes et médecins après la mort.

Après la déclaration  du président de la République qui avait dit  que «Les élections présidentielles se tiendront bel et bien cette année », avec une honteuse satisfaction secrète de pouvoir profiter  de l’occasion, quelques démagogues, à l’approche de la période électorale exploitent toujours ces moments de malheur pour jouer les âmes charitables avec cette inévitable arrière-pensée clientéliste pour berner la population. D’autres ignorant pratiquement la mauvaise passe que vit le pays tout  entier n’hésite pas à ergoter face aux médias leurs ambitions déplacées. Ils s’obstinent sans  vergogne à tomber dans  ce travers  que le président Hery avait dénoncé dans son  discours du  5 janvier dernier quand il vilipendait comme suit de tels individus de son  camp ou de ceux d’en face «  L’exercice d’un mandat public ou électif ne doit pas constituer une opportunité d’enrichissement personnel, encore moins d’une augmentation substantielle du patrimoine, et ce au détriment du peuple. Ce n’est qu’en respectant strictement cette discipline que nous pourrons demander à nos concitoyens de mettre leurs énergies au service de la nation. » Tambour battant, « Marc Ravalomanana, l’ancien chef de l’Etat malgache de 2002 à 2009 (…). A moins d’un an de l’élection présidentielle qui doit se dérouler fin 2018 dans le pays, l’opposant et ancien président a réaffirmé sa volonté de se présenter, et ce même s’il a été condamné aux travaux forcés à perpétuité en 2010. (…) « Vous savez bien qu’en politique, il ne faut pas accepter toutes les condamnations, les accusations. Je ne me sens pas encore condamné, je n’ai pas encore reçu la notification. Parce que le jugement, à l’époque, n’est pas compétent, c’est la Haute Cour de justice qui est compétente pour juger le président de la République. En cas d’empêchement de sa candidature, l’ancien chef de l’Etat brandit à demi-mot le spectre de troubles  politiques. »

Eternel  semeur de troubles, une fois de  plus, il  a montré le vrai visage de celui qui ne respectant ni la Constitution, ni les  lois en vigueur, s’est acharné à régenter le pays comme son empire industriel.  Comment  voulez-vous qu’il reviennent qu’à la  tête d’une poignée de militants  fanatisés  et  de quelques officiers félons nostalgiques d’une époque du règne de la voyoucratie au pouvoir Ravalo revienne au pouvoir ? Les  habitants de cette île peuvent-t-ils oublier et accepter le retour à la tête du pays de celui qui a été condamné « contumace aux travaux forcés à perpétuité pour la tuerie du 7 février 2009, jour où la garde présidentielle a tiré sur une foule de manifestants,» programmé les massacres d’Ambilomagodra,  des élèves sous-officiers d’Antsirabe  à Fianarantsoa en 2002. Auteur principal de multiples  violations flagrantes  de nos lois, de détournements de deniers publics prouvables, ce tyran monopoliste selon  Jeannot Ramambazafy dans Madagate « Ravalomanana n’avait aucune prédisposition pour devenir un homme d’Etat. Un homme de pouvoir, peut-être, mais pas un homme d’Etat. Nuance. En fait donc, il aura tout appris sur le tas de ce « métier » de président de la république. En 2001, Didier Ratsiraka sent venir le danger de la part de ce candidat déclaré aux élections présidentielles du 16 décembre, fait faire un contrôle fiscal à sa société. Résultats: il devait s’acquitter de 330 milliards fmg d’arriérés d’impôts et d’amendes diverses. Tous ses avoirs ont été gelés, y compris son avion immatriculé en Afrique du Sud. Mais auparavant, voici ce qu’à vécu ce futur terroriste d’Etat : Le 30 novembre 1982, le Tribunal Spécial Economique d’Antananarivo le condamne à six mois d’emprisonnement avec sursis pour permutation non autorisée et défaut de mentions obligatoires. Puis, il a été placé sous mandat de dépôt à la prison d’Antanimora   sous le matricule 66, dans la procédure n°230 RP/88/TSE/130. Ce, pour tentative de sabotage économique et corruption. Mais il a trouvé le moyen d’utiliser l’artifice d’accord à l’amiable avant jugement. » Et l’autorité de la chose  jugée alors ? Lors de cette déclaration devant la presse  RFI nous  rapporte « Et dans cette course à la présidentielle, Marc Ravalomanana a aussi évoqué une possibilité d’alliance politique pour le moins surprenante. « Si Rajoelina venait me voir et faisait un accord avec moi, je suis prêt, pas de problème, je le connais depuis longtemps. Il est businessman aussi. » La même source de référence et digne de foi  de préciser : « Une déclaration qui a provoqué l’hilarité d’une partie de l’auditoire, celle-ci ne sachant pas si l’ancien président était sérieux ou non… Car faut-il préciser qu’Andry Rajoelina, ancien président de la Transition, est l’homme qui a renversé le pouvoir de Marc Ravalomanana en 2009. » L’étiquette de  putschiste que le DJ porte fièrement depuis, il l’a oubliée ? D’un côté le Président Hery Rajaonarimampianina, élu en 2013 avec l’appui de la Communauté Internationale avait déçu une population indignée, parce selon des  experts il  était  appelé à sortir  l’île de l’abîme. A  cause des promesses non tenues, « une corruption institutionnalisée continue de pulluler à tous les niveaux de la société,  l’exécutif et une grande partie des parlementaires » tous intéressés davantage aux yeux de l’opinion par l’enrichissement personnel que par le souci du bien collectif. » Constat très pertinent qui permet à des médias de pronostiquer «à un an de l’élection présidentielle, les deux candidats déclarés, l’actuel et l’ancien Président Marc Ravalomanana, offrent très peu d’espoirs de progrès aux Malgaches. » L’ancien ministre des  Finances  et  du  Budget  d’Andry Rajoelina en se  félicitant d’avoir parcouru «  un si beau chemin depuis quatre avait oublié qu’au  début de son mandat comme il l’avait  reconnu  d’ailleurs  «  une période d’incertitude s’ouvrait… ». Détail très important  qui, aujourd’hui à l’heure du bilan pourrait lui coûter très cher. Le parti  HVM  risque de perdre le pouvoir. Bref, pour ces  trois prétendants la course est perdue  d’avance. Sauf bien  entendu, si le président  sortant  peut compter  encore et  toujours sur des professionnels de l’Administration Territoriale.  Incroyable mais vrai !

 

 

 

 

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