La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: Les années de fiasco

Publié le 16 janvier 2018

Les hommes au pouvoir et les zélateurs sont tous convaincus que les observateurs qui constatent avec un  regret légitime et sincère le bilan  désastreux de cette 4ème République, ne sont  que des envieux. En haut-lieu, on n’hésite pas déplorer « les élucubrations et les comportements propres à nos politiciens » au point de croire qu’il ne s’agit  que de « paroles délibérément fausses relayées par une presse encore sous l’emprise d’une faiblesse de professionnalisme alimentait un populisme d’arrière-garde(…) des démonstrations absurdes de celles et ceux qui véhiculent un pessimisme ambiant et qui veulent, à tout prix, rétrécir l’espérance de nos compatriotes. » Alors qu’à partir du 25 janvier prochain, tous les acteurs politiques du régime et cette nébuleuse disparate d’une opposition fantôme, ont intérêt à ne plus être  trop loquaces et doivent toujours se souvenir de cette formule, un  refrain consacré dans les séries policières made in USA : « Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous». Avec cette omniprésence institutionnalisée et passée à tourner autour du pot pourri d’un amateurisme catastrophique, il semble bien qu’il est maintenant trop tard pour eux de rattraper le temps perdu.

Des braillards se prennent pour des opposants alors qu’ils n’attendent qu’on leur tende la perche d’abord, puis la main de la tentation pour festoyer à la même table  que ceux qui  favorisent réellement la continuité des malheurs et des précarités de ce pays « appauvri… » Même pour se contenter d’un strapontin  éjectable à tout moment. Comme dans la fable de la Fontaine, « ayant  chanté tout l’été », des louanges aux  dirigeants en place, les responsables étatiques à tous les niveaux du système se trouveront fort dépourvus « quand la bise » des calamités climatiques «fut venue »… Plusieurs localités, à cause des  crues et des inondations, sont restées complètement  coupées du reste du pays pendant plusieurs jours. Des axes routiers avec des  ponts et des radiers emportés par les  crues empêchent tout contact entre les habitants. Pendant des  semaines  et  qui sait des mois, les voies de communication vont bloquer toute activité économique. Il y avait des  dispositions à prendre avant que le ciel nous  tombe sur la tête. C’est le rôle de l’Etat. Il faut vraiment faire preuve d’une mauvaise foi manifeste pour croire et tenter d’imputer « à l’État des catastrophes naturelles que nul pouvoir humain n’est en mesure d’éviter. » Toutefois, on en  arrive donc par se demander  sérieusement à qui  en vouloir en fin de  compte? A ceux qui « ont déjà été à la plus haute marche de l’Etat ! » et  qu’on accuse d’être « Passés maître dans l’art de profiter de nos angoisses du lendemain, de créer des psychoses, d’attiser la haine des gouvernants,… »  ou bien  ceux qui dans le cas présent, ont raté les occasions de « bâtir la nation, de relever les défis du développement, de concourir à la construction d’une prospérité partagée par tous ? »

D’après les  experts  en la matière à propos de  développement et de gouvernance d’un pays, Madagascar est encore et toujours depuis 2014 une « nation à la traîne des autres » et les Malgaches restent et demeurent « le dernier de la classe ! » avec un taux de pauvreté de 92% de la population  selon les officiels. «La Grande Île n’est peut-être plus le pays le plus pauvre (je ne sais pas), mais en tout cas elle n’est pas allée très loin depuis » Là où il a mille fois raison, le premier président de cette 4ème République de toutes dérives et des  déviations institutionnelles bloquantes  et  stériles, c’est lorsqu’il  reconnaît publiquement qu’ «Heureusement la sagesse de notre peuple reste un rempart solide pour la lutte pour la stabilité politique »,  même si  dans leur aveuglement et l’absence de civisme et  de patriotisme, la majorité des  décideurs ont préféré jusqu’à ce jour « l’’exercice d’un mandat public ou électif » pour « constituer une opportunité d’enrichissement personnel, » et surtout visiblement « une augmentation substantielle du patrimoine, et ce au détriment du peuple. ». Que ceux qui sont affligés d’une cécité intellectuelle et doutent de la véracité de  ces  réalités  scandaleuses, regardent passer dans nos  rues  ces rutilantes et  coûteuses voitures et  s’extasient  devant  ces luxueuses habitations aux  dimensions pharaoniques  des quartiers  réservés à une minorité de  courtisans. Non seulement ils ont réussi dans la vie à  se  hausser sur les plus hautes marches de la société dans l’illégalité la plus  complète, mais en plus, selon les médias étrangers  qu’on ne peut guère  taxer de  faire partie de ceux  qu’ils considèrent au fond d’eux-mêmes comme des « fouille-merde », sans l’avouer les pouvoirs publics : « semblent tout faire pour cacher la misère(…) des hommes et des femmes se lavent dans les canaux des eaux usées de la ville et ces mêmes eaux polluées servent par la suite à alimenter les ultimes parcelles urbaines de riz, de cresson, dernières preuves d’un patrimoine en danger(…) des images insoutenables d’une décharge prise d’assaut par des gens à la recherche de quoi manger. Des personnes qui n’ont que du carton et du plastique comme abri…» Le président de la République peut affirmer avec une juste  fierté qu’: « En un an après notre prise de mandat, nous avons su rétablir la confiance de la communauté internationale envers notre pays, et en prouver le dynamisme et l’ambition de progrès ». Mais il ne faut pas  qu’il oublie que même « Classé parmi les pays les plus pauvres de la planète, Madagascar possède pourtant des ressources naturelles dont l’exploitation pourrait l’aider à remonter la pente. Son sous-sol regorge de pierres précieuses comme le saphir, les diamants et l’or, et l’île possède aussi de l’uranium et du nickel.

Pour Jean-Jacques Ratsietison, toutes ces richesses ne serviront à rien tant que les Malgaches n’auront pas retrouvé un pouvoir d’achat décent »  Blague à part (mais pas de la Mapar), à la veille  de la course à la présidence, avec  tout le  respect qu’on vous doit, souvenez-vous : « Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous». »

 

 

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