La Gazette de la grande ile

Lutte syndicale: Sa répression est absurde

Publié le 16 janvier 2018

Le régime actuel déteste la critique et redoute la contestation. C’est pourquoi, il réprime les grévistes quand il ne peut pas soudoyer les leaders syndicalistes. Il est encore au stade archaïque de croire que les syndicalistes sont des anarchistes animés par une soif de renverser l’équipe au pouvoir. Il ne voit pas en eux des partenaires sociaux. Le régime se trompe d’ennemis, mais il refuse de l’admettre. Il méprise les syndicats parce qu’il ignore leur raison d’être et donc leur définition.

Un syndicat est un groupement de personnes qui défendent des intérêts communs. Le régime qui est supposé garantir les libertés publiques, y compris la liberté syndicale, ne fait que les bafouer. Arrogant, il est persuadé qu’il détient le monopole des bonnes idées de développement. La réalité des faits prouve le contraire. Si les syndicalistes de la Jirama et d’Air Madagascar avaient été écoutés, peut-être que ses sociétés d’Etat ne seraient pas en état de faillite. Non seulement le régime actuel refuse de comprendre que les syndicalistes peuvent avoir des projets constructifs, mais il est incapable de négocier avec eux, car il a trop peur de perdre une once de pouvoir. Or, un régime qui ne sait pas parlementer, ni pactiser, est un régime faible qui manque d’assurance.

Les syndicats peuvent être un facteur de progrès, comme le démontre amplement l’histoire industrielle anglaise, américaine, allemande et française. Des syndicalistes de ces pays ont permis de faire avancer la cause des travailleurs. Ces derniers, à Madagascar, n’ont pas le droit de revendiquer une amélioration de leurs conditions de vie. Ils ont juste le droit de rester des parias autorisés uniquement à se taire et à voter. Cette situation prouve que pour le régime, le citoyen (qu’il soit syndicaliste, journaliste, fonctionnaire, agriculteur, étudiant, artiste, ouvrier ou chef d’entreprise) n’est pas un sujet de droit. C’est un objet ou plus exactement, un jouet qu’on convoite pendant la propagande, qu’on oublie après la victoire électorale et qu’on casse lorsqu’il devient exigeant.

Folojaona

 

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