La Gazette de la grande ile

Rasolo Elise: Elle devrait démissionner…

Publié le 17 janvier 2018

Le régime Rajaonarimampianina se mord certainement les doigts d’avoir recruté le « mercenaire » Houcine Arfa. A partir de sa planque parisienne en effet, celui-ci distille quotidiennement des révélations qui nuisent au pouvoir mais surtout à la Grande Ile qui est présentée comme une République bananière. Le dernier épisode de son grand déballage a été publié lors du week-end par le quotidien Le Parisien : « Je n’ai pu sortir de l’île qu’avec la complicité de personnalités des hautes sphères. J’ai remis 70 000 euros à la ministre de la Justice et 30 000 au procureur qui traitait mon cas ». Grâce à ces bakchichs, selon Houcine Arfa, il a pu d’abord s’échapper de la prison de haute sécurité de Tsiafahy, puis sortir de l’île au moyen d’une embarcation sommaire.

En tout cas, ces déclarations médiatisées ont été très commentées dans tous les milieux de la capitale. On s’interroge notamment sur la véracité de ces dires qui sont parfois contradictoires mais qui dans leur ensemble sont cohérents. Il y a certainement une part d’exagération dans ces affirmations, Houcine Arfa voulant donner du volume à son aventure pour appâter la presse française. Il y a certainement aussi une part d’affabulation, ce « mercenaire » s’attachant à se venger et à nuire au régime qui l’a jeté en prison, et qui persévère dans les poursuites à son encontre même s’il s’est refugié en France. Il est vrai que s’il est placé en détention, c’en serait fait de ses bavardages médiatiques qui gênent tant le régime. Il reste que suite aux affirmations ci-dessus de Houcine Arfa, la ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Rasolo Elise Alexandrine devrait démissionner de son poste. Et cela, pour une raison majeure: d’abord car il en est ainsi dans les démocraties, les personnalités titulaires d’un mandat public se doivent d’être irréprochables car sont tenues à un devoir d’exemplarité. On ne sait si Rasolo Elise est coupable des faits relatés par le « mercenaire », mais quand un ministre est pointée du doigt dans une affaire où son honnêteté et sa droiture sont mises en doute, il convient pour lui de démissionner. Et s’il ne se résout pas à le faire, c’est le chef de l’Etat qui devrait le pousser vers la sortie. On notera d’ailleurs que dans son discours en français de la récente cérémonie de vœux au palais d’Iavoloha, Hery Rajaonarimampianina s’est encore une fois engagé à assurer l’honnêteté dans son équipe. Voici en effet ses propos : «L’exemplarité est une vertu exigée de ceux qui ont reçu un mandat du peuple. Ceux qui exercent un mandat public ou électif sont tenus à l’honnêteté, car leurs postes ne doivent pas être une opportunité d’enrichissement personnel, surtout au détriment du peuple ». On verra s’il s’agit là d’une règle déontologique appliquée aux gros bonnets du régime, ou d’un simple blabla…

En raison de cette exigence implacable de droiture, beaucoup de ministres des vraies démocraties ont récemment démissionné ou ont été démis de leurs fonctions. En France, citons en 2017, Bruno Le Roux (Intérieur) accusé d’avoir employé ses filles à l’Assemblée nationale du temps où il y était député, Sylvie Goulard (Forces Armées), à peu près pour les mêmes raisons mais au Parlement européen, Richard Ferrand, dénoncé dans un montage immobilier au profit de ses proches parents, etc. En Grande Bretagne récemment aussi, Michael Fallon ( Défense nationale) pour harcèlement sexuel, et Priti Patel (Développement des Relations Internationales) pour avoir rencontré les  autorités locales lors de vacances en Israël. En tout cas, en général, les démissionnaires invoquent leur innocence et déclarent démissionner pour mieux démontrer leur bonne foi. Néanmoins, dans les cas ci-dessus, les concernés sont mis en examen ou font l’objet d’une instruction judiciaire, c’est-à-dire que la machine judiciaire est mise en branle à leur encontre.

Rien de tel chez nous pour les ministres qui, selon la Constitution, relèvent de la Haute Cour de Justice (HCJ) pour les actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions. Bref, comme en quatre ans de présence à la barre, Hery Rajaonarimampianina n’a pas encore mis sur pied cette HCJ qui devrait juger les ministres (et le chef de l’Etat), Rasolo Elise ne sera pas mise en examen et pour cette raison, elle pourra se croire dispensée de démissionner. Néanmoins, comme elle incarne la loi et la poursuite des infractions, elle devrait être poussée au départ par sa conscience, par la règle d’éthique qui régit la magistrature et par la ligne rouge tracée ci-dessus par le chef de l’Etat.  D’ailleurs, si le « mercenaire » a pu s’évader de la prison, c’est en raison des graves manquements commis par les services placés sous l’autorité de Rasolo Elise.

Sous le régime HVM néanmoins, malgré de multiples faits graves qui ont eu lieu en quatre ans de mandat, personne ne démissionne car tous s’accrochent à leurs sièges dorés. Il en sera peut-être ainsi encore une fois dans le cas présent, et on ne s’étonnera pas si avec cet état d’esprit, le pays n’avance pas. Si Houcine Arfa a pu s’évader de la prison de haute sécurité de Tsiafahy et fuir l’île, ce n’est pas parce qu’il a du pot, c’est parce qu’il a donné des… pots-de-vin.

                  Adelson RAZAFY

 

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