La Gazette de la grande ile

Meeting des ex-militaires: Vers des scènes de répression

Publié le 21 janvier 2018

Beaucoup éviteront ce jour tout le secteur administratif d’Antaninarenina et ses environs immédiats, notamment les quartiers d’Ambohitsorohitra, d’Antsahamanitra et d’Isoraka. Motif : les ex-militaires organisent ce jour au théâtre de verdure d’Antsahamanitra un meeting pour exprimer leur mécontentement. Ayant depuis six mois lancé des ultimatums et soumis le régime à des menaces de manifs, ils n’ont pas encore vu leurs revendications satisfaites. C’est donc des ex-militaires particulièrement amers qui prendront ce jour la direction d’Antsahamanitra. Leurs doléances se rapportent au non paiement des rappels (c’est-à-dire des arriérés) relatifs à la revalorisation de l’indice, mais aussi des impayés sur les « moins perçus » qui remontent à 2006. Ces anciens militaires ont porté l’affaire devant le Conseil d’Etat et ont obtenu gain de cause en 2010. Les membres du bureau dirigeant de l’AAM (Association des Ancien Militaires) ayant approché le président Hery Rajaonarimampianina, peu après l’accession de ce dernier au pouvoir, la réplique suivante leur fut adressée : «Mais est-on obligé d’appliquer toutes les décisions de justice ? ». Attitude confortée ces derniers mois par un budget étriqué et des bailleurs de fonds hostiles à l’accroissement des  dépenses de fonctionnement.

Ce jour donc, il y aura d’un côté des ex-militaires vivement frustrés et de l’autre un régime intraitable qui invoque la nécessaire « stabilisation politique » pour interdire les rassemblements à caractère politique et disperser les manifs, notamment dans la capitale. Notons que ce meeting d’Antsahamanitra n’a pas reçu l’autorisation de la Préfecture de Police et se voit donc conférer un caractère illégal. Mais les ex-militaires ont programmé de longue date ce regroupement où on attend près de 2 500 « militants » issus des 22 régions, et n’ont pas l’intention de reculer. On s’attend donc ce jour à un choc qui pourrait faire des étincelles, et surtout à de violentes scènes de répression dignes des pays de dictature. Les manifs et les rassemblements sont en effet des éléments essentiels de la démocratie, et en les interdisant, le régime Rajaonarimampianina démontre de nettes tendances au totalitarisme.

Le régime se montrera d’autant plus inflexible qu’il a affaire à des ex-militaires qui ont une certaine réputation de «durs ». En plus ce jour, des leaders syndicaux civils et même de (possibles) officiers et sous-officiers en activités pourraient grossir leurs rangs. Ces derniers, annonce-t-on, sont d’abord de futurs retraités qui souhaitent envisager leur avenir avec plus de sérénité. Mais aussi de hauts gradés qui ont été écartés des récents avancements et qui nourrissent donc rancœur et ressentiment. Viendront-ils effectivement au rendez-vous ? Cela n’est pas sûr, mais l’éventualité confère au meeting des airs de rassemblement de forces hostiles. Et cela devrait inciter le régime à plus d’intransigeance. D’autant que le site est immédiatement voisin du palais présidentiel d’Ambohitsorohitra et il est sûr déjà que le pouvoir n’admettra pas à ses portes ce nid de contestation.

En tout cas, comme en début de semaine contre les étudiants d’Ankatso qui ont voulu manifester en ville, le régime usera des exercices de ce jour pour se faire la main en vue des élections de 2018. Les unités de l’Armée et de la Police spécialisées dans la dispersion des rassemblements et la répression des manifs seront alignées contre les ex-militaires. On s’attend à les voir armées jusqu’aux dents et dotés des équipements ad hoc avant de s’engager dans les affrontements. Bref, une répétition de plus en attendant des contestations qui pourraient être de grande ampleur aux élections. Comme le régime entend verrouiller le scrutin et l’emporter suite à une décision tendancieuse de la HCC, des mouvements de masse pourraient naître, comme en 2002. Il importe donc pour lui de s’y préparer en s’entraînant sur des mini-manifs comme celle de ce jour. Notons que lors d’exercices de l’Armée et de la Gendarmerie, comme celui de 2015 devant la Bibliothèque nationale d’Anosy ou celui d’août dernier dans le Tampoketsa, le président de la HCC Jean-Eric Rakotoarisoa est toujours invité. Comme pour l’inciter à « aller de l’avant » avec détermination lors de la proclamation des résultats, des forces puissantes étant appelées à le protéger s’il nourrit quelque crainte…

La répression de ce jour aura aussi pour but de rassurer le même personnage très aligné sur le régime depuis 2014. En lui montrant les hauts faits de l’Armée, on l’exhorte aux prochaines élections à ne pas changer son fusil d’épaule…

                  Adelson RAZAFY

 

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