La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: Silence dans les rangs ! Aucune réclamation n’est admise !

Publié le 22 janvier 2018

Ces braves soldats qui ont servi avec honneur  et loyauté « Pour la Patrie » peuvent aujourd’hui crier comme  bon leur  semble… Personne ne les écoute, même s’ils  se plaignent à propos de leurs  droits bafoués. La grande muette n’a rien à dire… Le  général  Razakarimana, le colonel Faharo, des  ex-sous-off et des anciens militaires et qui  encore, se  croient lésés financièrement sur le plan  administratif et  crient  au  scandale ?… C’est combien  de bataillon ?  Pour la  hiérarchie, rayés du contrôle de l’armée d’abord, ils n’impressionnent plus personne là-haut, ensuite ils ne comptent plus. S’ils ont  des problèmes de droits impayés ou  des  arriérés qui ne  sont pas  régularisés depuis des années, ils sont priés de s’adresser  au  ministère des Finances  et  du Budget, puis au Trésor. Lequel ministère avait justement pris l’engagement de donner  satisfaction à ces manifestants  qui se  souviennent tous  d’un  certain Hery Rajaonarimampianina, l’Argentier  de la Transition qui avait promis de régulariser dans les meilleurs  délais l’objet de leurs cauchemars.

Le grand manitou de cette sorte de principauté d’Antaninarenina (un véritable Etat dans l’Etat) a pris  du  galon. Ou bien, il a tout  simplement  oublié la promesse faite à ces  respectables généraux, officiers supérieurs  et les subalternes, aujourd’hui à la retraite et en civil, ou bien encore, dans le Palais d’Etat où il se  trouve  désormais, il n’entend plus  rien des cris  de détresse de ces citoyens  comme les  autres. Cette horde de manifestants en bon ordre et en famille avait  choisi le parc d’Antsahamanitra, pas  du tout loin  du Palais présidentiel d’Ambohitsorohitra, pour  se  faire  entendre sous les yeux vigilants des forces de l’ordre. L’ancien ministre du temps  d’Andry Rajoelina le putschiste,  n’avait peut-être pas les  coudées  franches pour  tenir parole à l’époque. Une fois  élu Chef de l’Etat, il s’est  cru obligé de déclarer au cours de  son investiture le 25 janvier 2014 : « Le Président de la République est l’ultime recours vers lequel vous êtes en droit de vous tourner. »  Au point  d’ajouter avec  la conviction qu’il faut pour la circonstance : «  Et, pour cela, je serai un Président disponible et à l’écoute. Vous attendez de moi le respect de mes engagements.» Après quatre années  de jouissance de  son mandat, l’honorable orateur n’a pas  toujours réussi à concrétiser des solutions qui relèvent purement de  ses  attributions  régaliennes. La longue  attente a fini par  exaspérer ceux qui avaient sincèrement cru qu’il suffisait qu’il appose sa signature au bas  d’un  document pour que tout  rendre  dans l’ordre. Malgré le processus électoral de 2013, les observateurs considèrent que « Son arrivée au pouvoir n’a toutefois pas mis un terme à l’agitation. Le Parlement a ainsi voté en 2015 la destitution du chef de l’Etat pour des « violations de la Constitution… » Motion  invalidée par un pacte de responsabilité sorti d’on ne  sait quelle panoplie juridique visiblement partisane. Astuce institutionnelle contre nature que les députés n’ont jamais ratifiée. Après  les turbulences  de la magistrature et les quiproquos d’une tentation  référendaire controversée,  le régime est de nouveau sur la sellette  avec cette grogne des ex-militaires soutenus par le syndicalisme privé.

Durant sa longue et active carrière et habitué à la lenteur et aux  tracasseries administratives, ce beau monde qui réclame à cor et à cri qu’on paie ce  que l’Etat  doit à  ses  anciens  serviteurs, a fait preuve  de patience. Mais puisque trop,  c’est  trop, les voilà prêts à  descendre  dans la rue sous les  fenêtres même de Vonintsalama Andriambololona, qui  selon une dépêche d’AFP du 17 juillet 2017 est devenue la nouvelle ministre des Finances et  du  Budget après  avoir « occupé le poste de secrétaire générale du ministère des Finances de 2009 à 2015 avant d’être limogée. Une fonctionnaire malgache qui avait été limogée en 2015 sur fond d’affaire impliquant le parti du chef de l’Etat a été nommée au portefeuille des Finances, laissé vacant après la démission du ministre. Cette source précise qu’elle « Est nommée membre du gouvernement en qualité de ministre des Finances et du Budget Vonintsalama Andriambololona », selon un décret présidentiel publié lundi et rendu public mardi. Vonintsalama Andriambololona avait occupé le poste de secrétaire générale du ministère des Finances de 2009 à 2015. Elle avait été limogée pour avoir soutenu le directeur général du Trésor public de l’époque, Orlando Robimanana, qui avait dénoncé une transaction douteuse impliquant le parti HMV du président Hery Rajaonarimampianina». Le choix du prochain rendez-vous de la troupe conduite par le général Razakarimanana  n’est pas fortuit. Les  anciens militaires entendent s’adresser cette fois-ci à la  bonne personne, pour la   simple raison  que,  de par son itinéraire administratif, la ministre sera la personne idoine  et  tout indiquée pour  dépoussiérer un  contentieux  oublié dans un placard et sûrement gelé. Vers la fin des  années 90, elle a réussi à éviter de justesse au général Marcel Ranjeva une mutinerie en plein  fête de 26 juin, à cause des semblables réclamations financières… Coup de main  que le ministre de la Défense de l’époque n’oubliera jamais. La grande  question est de savoir : cette fois, est-ce que les  dirigeants permettront que  des manifestants viennent dans ce périmètre maudit qui a servi d’autel pour le sacrifice des martyrs tués sous les  balles impitoyables de lâches tueurs non identifiés jusqu’à ce jour ? Professionnels  du métier des armes et des obligations martiales sur le « M.O » (maintien  de l’ordre public) », le R.O.P « rétablissement de l’ordre public) et les risques de la proximité d’une zone  rouge, les meneurs de  ce mouvement savent tous  sûrement, à quoi s’attendre  dans un tel périmètre, même avec des intentions pacifiques et légitimes. Osons  espérer que la date  du 24 janvier 2018 n’aura pas la  tournure dramatique sanglante de ce crépuscule d’une  journée d’investiture, il y a quatre ans… Encore moins celle de ce Samedi Noir du 7 févier 2009 à endroit tristement mémorable.  Quoi qu’il en soit, avec toutes ces effervescences politiciennes sur fond d’ambitions électorales, on  est  tenté de  craindre  que la  semaine qui commence risque de devenir celle de  tous les  dangers. Ce commentaire de RFI à propos de la déclaration de candidature de Marc Ravalomanana, n’est guère rassurant  «En cas d’empêchement de sa  candidature, l’ancien chef de l’Etat brandit à demi-mot le spectre de troubles politiques. » « S’ils bloquent ma candidature, c’est à vous d’imaginer la situation. C’est tout. Ce n’est pas une menace, » disait-il … En tout cas, on touche le bois !

 

 

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